
Evolution ou La Fabuleuse Odyssée des Microbes.
2 – les protocellules.
Pour bien comprendre ce que sont les premières formes de vie sur Terre, voici quelques articles scientifiques qui nous permettront d’établir la chronologie de l’apparition de la vie.
Science&vie Hors Série N°302 Juillet 2022
SVHS : « Quand la vie est-elle apparue sur Terre? »
Abderrazak El Albani, géologue :
« Traditionnellement, les chercheurs situent cet évènement vers -3,9 à -3,8 Ga, après la formation des océans et après les derniers grands impacts de météorites survenues vers -4 Ga. »
SVHS : « Comment est-on passé de l’inerte au vivant ? »
Patrick Forterre, biologiste :
« Cette question est encore débattue. Selon la théorie actuellement dominante, les molécules organiques utilisées par le vivant ( notamment les acides aminés, constituant les protéines et les lipides – les graisses – qui forment les membranes des cellules ) sont apparues sur Terre, même si certaines d’entre elles ont peut-être été rapportées par des comètes ou des météorites. D’après le chercheur russe Armen Mulkidjanian, auteur d’un article sur ce sujet paru en 2012 dans la revue PNAS, tout se serait joué dans des sources chaudes terrestres riches en potassium [ un minéral essentiel à la vie actuelle, NDLR ]. Ceci expliquerait pourquoi les cellules de tous les organismes contiennent en abondance cet élément rare sur terre et dans les océans. En revanche, on ignore encore comment est apparu le premier métabolisme capable de fournir l’énergie nécessaire à la formation des molécules géantes caractéristiques de la vie actuelle ( protéines, acides nucléiques, etc.).«
SVHS: »A quoi ressemblait le tout premier être vivant ? »
P.F. : « Il s’agissait sans doute de cellules rudimentaires, ou protocellules : des vésicules entourées d’une membrane lipidique et capables d’un métabolisme primitif fournissant le minimum d’énergie nécessaire à leur stabilité et à leur croissance. En laboratoire, il est relativement facile d’obtenir de telles structures à partir de composants chimiques simples ( peptides, minéraux, etc.).Une étape-clé dans l’évolution de ces protocellules a été l’apparition de macromolécules capables de porter et de transmettre une information génétique. La plus ancienne connue à ce jour est l’acide ribonucléique (ARN), une molécule génétique plus simple que l’ADN. L’ARN est capable non seulement de porter une information génétique, mais il peut également catalyser des réactions chimiques. Il est alors appelé ribozyme, par analogie avec les enzymes classiques, qui sont, elles des protéines. Une étude japonaise publiée en mars 2022 dans le journal Science Advances a confirmé que l’ARN peut évoluer par lui-même pour former des molécules de plus en plus complexes… comme lors du processus d’évolution décrit par le biologiste britannique Charles Darwin. Reste que pour l’instant, on ne sait pas comment les briques complexes qui forment l’ARN, les ribonucléotides, sont apparues au sein des protocellules. Elles sont en effet très difficiles à obtenir en laboratoire par des méthodes non biologiques… »
L’apparition de l’ARN au sein des protocellules est une étape fondamentale et essentielle au développement de la vie et de la biodiversité.
SVHS : « Quid de la cellule Luca ? »
P.F. : « Contrairement à une confusion courante, cette cellule qui aurait vécu il y a plus de 3 Ga, n’était pas la première cellule apparue sur notre planète. Comme l’indique son nom ( acronyme de « Last Universal Commun Ancestor »), inventé lors d’un colloque scientifique que j’ai organisé, Luca est le dernier ancêtre connu aux trois grands groupes d’organismes vivants actuellement : les archées(Archaea) et les bactéries, des micro-organismes unicellulaires formés pour la plupart de cellules sans noyau ( procaryote), et les eucaryotes, constitués de cellules beaucoup plus complexes, avec un noyau, et regroupant tous les champignons, plantes, animaux, mais aussi de nombreux micro-organismes, comme les paramécies et les amibes. Entre l’apparition de la vie et Luca, il y a eu une première longue période d’évolution qui a duré 0,5 à 1 Ga. Après étude comparée avec les ribosomes (structures cellulaires permettant de fabriquer les protéines) des organismes actuels, il s’est avéré que ceux de Luca étaient déjà formés d’une trentaine de protéines (contre 60 à 80). Donc c’était un organisme plus simple que les organismes actuels, mais déjà très complexe, comparé aux protocellules susmentionnées. »
Les progénotes : première forme cellulaire.
Cette idée est due à un évolutionniste de premier plan Carl Woese. Pour lui, il y a 3,5 milliards d’années, les premiers collectifs moléculaires sont apparus. Il les appelle les progénotes. Ces progénotes disposent de la capacité de transformer les instructions génétiques en protéine, mais de façon beaucoup moins fiable que les cellules actuelles, ce qui limite leur potentiel évolutif individuel.
Carl Woese décrit les progénotes comme des espèces de sacs renfermant des minichromosomes ressemblant aux virus. Chaque progénote contient un nombre limité d’instructions et différentes d’un progénote à un autre progénote. Ces progénotes sont des protocellules au sein desquelles des petits morceaux d’ARN sont apparus. On ne sait pas comment cet ARN est apparu, mais on sait qu’il est apparu.
Le transfert latéral de matériel génétique est très courant chez les progénotes qui peuvent ainsi acquérir d’autres fonctions.
L’évolution, à l’époque des progénotes, est une affaire d’interconnexions physiques et de partage de gènes. Il n’y a pas vraiment une lignée bien définie.
Le progénote isolé était peu puissant, par contre la communauté des progénotes avait un potentiel évolutif très important. Les innovations génétiques pouvaient surgir de toutes parts. Ce sont des collectifs de progénotes qui survivaient et évoluaient. Le progénote individuel était trop rudimentaire pour vivre indépendamment.
Progressivement des communautés de progénotes sont devenues plus autonomes, plus individualisées pour se transformer en bactéries et archées.
Que sont les archées?
Les archées constituent l’un des trois grands domaines du vivant, aux côtés des bactéries et des eucaryotes. Longtemps confondues avec les bactéries, elles s’en distinguent aujourd’hui clairement sur les plans génétique, biochimique et évolutif.
Les archées ont été reconnues comme un domaine distinct en 1977 par Carl Woese, grâce à l’analyse des séquences d’ARN ribosomique 16S. Cette découverte a profondément modifié la classification du vivant.
- Les archées sont des procaryotes (sans noyau ni organites membranaires),
- Elles sont génétiquement plus proches des eucaryotes que des bactéries pour de nombreux mécanismes fondamentaux (transcription, traduction).
- Elles ont une membrane plasmique unique, une paroi cellulaire, un ADN circulaire. On note également la présence d’histones ou de protéines analogues aux histones (comme chez les eucaryotes), d’ARN polymérase et de facteurs de transcription proches de ceux des eucaryotes.
- Les archées présentent une extraordinaire diversité métabolique, souvent absente chez les autres domaines . On distingue: la méthanogenèse (exclusivement archéenne) avec production de méthane à partir de CO₂, H₂, acétate, etc. d’où leur rôle majeur dans les cycles biogéochimiques et le réchauffement climatique; la chimioautotrophie (oxydation du soufre, de l’hydrogène, de l’ammoniac); la phototrophie sans chlorophylle; des métabolismes anaérobies stricts fréquents.
- Initialement associées aux environnements extrêmes, on sait aujourd’hui qu’elles sont omniprésentes :sources hydrothermales, >100 °C), mers hypersalées grandes profondeurs océaniques), sols, océans (très abondantes dans le plancton marin), intestin humain et animal (méthanogènes). Les archées occupent une place centrale dans l’évolution :: les eucaryotes dériveraient d’une archée ayant intégré une bactérie (future mitochondrie), On a identifié des archées présentant des gènes caractéristiques des eucaryotes,
- Elles sont considérées comme non pathogènes à ce jour (aucune archée clairement impliquée dans une maladie humaine),
Les archées sont un domaine fondamental du vivant, biochimiquement uniques, écologiquement omniprésentes, Elles sont la clé pour comprendre l’origine des eucaryotes et la vie sur Terre.
Revenons à nos progénotes. L’échange de matériel génétique entre progénotes se fait sous forme de micro ARN précurseurs des virus. Ce mécanisme d’échange d’information génétique va se poursuivre et s’améliorer chez les bactéries et il est toujours utilisé de nos jours.
Lyn Margulis dans son livre « Microcosmes »
« Les premières formes de vie – sphères d’ADN et d’ARN, enzymes, protéines d’un diamètre de l’ordre du micron – ressemblaient probablement aux organismes les plus simples qui existent aujourd’hui. »
« Une bactérie ne possède qu’un nombre minime d’instructions génétiques, réduites à l’essentiel pour se répliquer et se maintenir. Toute capacité supplémentaire qui permettrait à une lignée bactérienne de survivre dans des conditions particulières lui est conférée par des particules génétiques visiteuses appelées réplicons. Ces petits réplicons se propagent de cellule en cellule. Parfois ils s’intègrent dans l’ADN principal de la bactérie, parfois il exerce seulement une influence sur la bactérie. »
« Les biologistes connaissent de nombreuses formes et de nombreux déguisements des petits réplicons, notamment les plasmides, épisomes, prophages, phages et virus. Ces réplicons apportent avec eux un assortiment d’outils : des gènes qui leur permettent de se répliquer et de se transférer dans d’autres cellules, ou qui permettent à la cellule hôte d’exprimer l’information qu’ils portent. Par exemple, un prophage à l’intérieur d’une bactérie peut se répliquer plusieurs fois, et pour devenir un virus il peut envelopper chacune de ses copies dans une coquille protéinique qui servira ultérieurement pour attacher la copie à une autre bactérie. »
« Dans le processus appelé transduction, un fragment de l’ADN d’une bactérie, ou n’importe quel petit réplicon présent, est absorbé dans l’enveloppe protéinique et peut voyager vers une autre bactérie. Au cours d’un autre processus, la conjugaison, le déplacement de l’ADN provoque la formation d’un tuyau minuscule, ou pilus, entre les deux cellules. Le donneur transfère ainsi au receveur une copie de son ADN à travers le tuyau.«
« Transduction et conjugaison sont les deux principales méthodes dont dispose le monde bactérien pour communiquer une immunité contre un médicament par exemple. La vitesse à laquelle une résistance héréditaire à une substance se propage à travers les communautés bactériennes démontre assez la puissance et l’efficacité de leurs réseaux de communications. Ainsi le gène , issu probablement d’une bactérie du sol, qui contrôle la synthèse d’une enzyme capable de digérer la pénicilline a, par l’intermédiaire d’échanges avec des phages, atteint les staphylocoques des hôpitaux. »
L’importance et la place essentielle des virus dans l’évolution n’est plus à démontrer.
Dans le numéro 1227 de la revue Science & vie (décembre 2019) figure un article intitulé « Nos ancêtres les virus » où il est dit que nous devons tout aux virus. Ils auraient joué un rôle clé dans la naissance de nos cellules et de leur noyau. Ils pourraient même être à l’origine de notre ADN. Il est question notamment de virus géants, dont le génome peut atteindre le millier de gènes, qui auraient joué un rôle clé dans notre propre histoire évolutive.
D’anciens virus ont joué un rôle dans le développement avancé de nos cerveaux
D’anciens virus présents chez des vertébrés il y a des centaines de millions d’années ont joué un rôle crucial dans l’évolution de nos cerveaux avancés et de nos grands corps, selon une nouvelle étude.
Ces travaux, publiés dans la revue Cell, examinent les origines de la myéline, une membrane grasse isolante qui se forme autour des nerfs et permet aux impulsions électriques d’être diffusées plus rapidement.
Selon les auteurs, une séquence génétique acquise à partir de rétrovirus — des virus qui s’incorporent dans l’ADN de leur hôte — est cruciale pour la production de myéline. Et ce code se retrouve aujourd’hui chez les mammifères modernes, les amphibiens et les poissons.
« Ce que je trouve le plus remarquable, c’est que toute cette diversité de vertébrés modernes connus, et la taille qu’ils ont atteint — éléphants, girafes, anacondas … — n’aurait pas eu lieu sans l’infection de ces rétrovirus », a déclaré à l’AFP le neuroscientifique Robin Franklin, co-auteur de l’étude.
Les scientifiques considèrent les virus comme des agents infectieux pathogènes. Je pense que c’est une erreur. Des découvertes récentes montrent qu’ils sont à la base de la constitution des êtres vivants. Dans les propos ci-dessus de Robin Franklin, je remplacerai donc infection par participation.
Les chercheurs ont fouillé dans des bases de données de génomes pour tenter de découvrir les facteurs génétiques associés à la production de myéline.
Tanay Ghosh, biologiste et généticien travaillant avec M. Franklin, était particulièrement intéressé par les mystérieuses régions « non codantes » du génome, qui n’ont aucune fonction apparente et étaient à un moment donné considérées comme inutiles, mais qui sont désormais reconnues comme ayant une importance dans l’évolution.
Ses recherches ont abouti à une séquence dérivée d’un rétrovirus, qui se trouve depuis longtemps dans nos gènes, et que les chercheurs ont baptisé « RetroMyelin ».
Pour vérifier leur découverte, ils ont mené des expériences consistant à supprimer cette séquence chez les rats, et ont observé que ceux-ci ne produisaient alors effectivement plus une protéine nécessaire à la formation de myéline.
Les scientifiques ont ensuite cherché des séquences similaires dans le génome d’autres espèces, et ont trouvé un code semblable chez les vertébrés à mâchoire — mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens — mais pas chez les vertébrés sans mâchoire ou chez les invertébrés.
Ils en ont conclu que la séquence est apparue dans l’arbre de la vie à peu près en même temps que les mâchoires, c’est-à-dire il y a environ 360 millions d’années.
« Il y a toujours eu une pression de sélection pour faire en sorte que les fibres nerveuses conduisent les impulsions électriques plus rapidement », a souligné Robin Franklin. « En faisant ça plus vite, alors vous pouvez agir plus vite », a-t-il expliqué, ce qui est utile pour les prédateurs chassant une proie, ou une proie tentant de fuir.
La myéline permet une conduction rapide de ces signaux sans accroître le diamètre des cellules nerveuses, en leur permettant d’être rapprochées les unes des autres.
Elle fournit également un soutien structurel, ce qui signifie que les nerfs peuvent grandir davantage, permettant le développement de membres plus grands.
Enfin, l’équipe de chercheurs a voulu comprendre si la participation virale s’était produite une fois, chez une espèce unique ancestrale, ou plusieurs fois.
Pour répondre à cette question, ils ont analysé les séquences RetroMyelin de 22 espèces de vertébrés à mâchoire. Ces séquences étaient davantage semblables au sein d’une espèce, qu’entre différentes espèces.
Cela suggère que de multiples vagues d’interventions virales sont survenues, ayant participé à la diversité d’espèces de vertébrés connue aujourd’hui.
« On a tendance à penser aux virus comme à des pathogènes, des agents causant des maladies », a relevé Robin Franklin.
Mais la réalité est plus compliquée, selon lui: à différents moments de l’histoire, les rétrovirus sont entrés dans le génome et se sont intégrés aux cellules reproductives d’espèces, permettant qu’ils soient transmis aux générations suivantes.
Pour Tanay Ghosh, cette découverte sur la myéline pourrait n’être qu’un premier pas dans un domaine émergent. « Il y a encore beaucoup de choses à comprendre à propos de la façon dont ces séquences influencent différents processus de l’évolution », a-t-il dit.
Une autre étude a montré que des virus bactériophages joueraient un rôle important dans la perpétuation de la diversité bactérienne. Ils réguleraient les populations de bactéries en contrôlant les espèces dominantes de bactéries permettant ainsi aux espèces moins performantes de continuer à vivre.
Dans Science&vie de décembre 2019, on peut lire ceci :
« Il y aurait à tout moment 1031 particules virales présentes sur notre planète, soit une biomasse de 200 millions de tonnes. Les virus sont présents partout sur Terre, des océans aux tubes digestifs des animaux, où ils sont jusqu’à 100 fois plus nombreux que les cellules. »
Des virus géants ont été découverts. Ils sont si gros qu’on a longtemps pensé qu’il s’agissait de bactéries. Ce n’est qu’en 2003 qu’on les a vraiment identifiés.
Des études ont montré que les virus géants proviennent de virus plus petits qui ont co-existé avec les ancêtres des eucaryotes modernes.
Dans le même numéro de Science&vie de décembre 2019, on peut aussi lire ceci à propos des virus :
« C’est d’abord l’ampleur du royaume qui a sidéré : la biomasse de tous les virus présents sur Terre serait équivalente à 75 millions de baleines bleues . Et la plupart sont encore inconnus : la toute récente analyse des échantillons recueillis lors de l’expédition Tara Oceans a permis de multiplier par 12 le nombre de virus marins recensés! Imaginez : à chaque seconde, un nombre incommensurable d’infections se produisent sur notre planète, et ce, depuis fort longtemps. Autant d’opportunités d’échanger des gènes ».
Au lieu d’infections, mettez participations virales.
Toujours dans le même numéro de Science&Vie, les propos suivants de Patrick Forterre, microbiologiste à l’Institut Pasteur :
« Tous les organismes cellulaires étant infectés par des virus, on peut dire que ceux-ci sont présents à tous les niveaux de l’arbre du vivant, du tronc jusqu’à ses plus fines ramifications. Les lignées virales s’enroulent comme des lianes autour des différentes branches de l’arbre ». Il est plus juste de dire « constitués » au lieu de « infectés ».
On peut lire aussi ce que l’on doit aux virus :
« La fusion des gamètes: chez les plantes et les insectes, la fusion du spermatozoïde et de l’ovule fait intervenir une protéine d’origine virale. Son équivalent reste encore à identifier chez l’être humain et les autres vertébrés. »
« La mémoire à long terme : la protéine Arc, indispensable à la mémoire à long terme, est d’origine virale. Elle forme des structures qui ressemblent à des virus et contiennent son propre ARN, qu’elle transfère d’un neurone à l’autre. Un rôle qui reste à préciser.«
« Les enzymes de base : les ancêtres des virus géants auraient fourni aux ancêtres des eucaryotes modernes une, voire deux ARN polymérases, supplémentaires, les dotant au final de trois enzymes, qui fabriquent différentes sortes d’ARN. »
« Le noyau cellulaire : les virus, surtout les géants, forment, dans les cellules qu’ils infectent (je dirai dans les cellules où ils résident), des structures ressemblant à des noyaux. Ces usines virales, qui leurs permettent de répliquer leur génome, ont pu donner naissance au noyau cellulaire. »
« Des chercheurs américains ont découvert qu’un gros virus de bactérie était capable de fabriquer une sorte de noyau viral dans la cellule qu’il infecte ( où il réside), pour répliquer son propre génome. Il transforme donc, temporairement au moins, une bactérie en « cellule virale » à noyau. »
« Le placenta : le placenta utilise des protéines d’origine virale, pour le tissu situé entre le fœtus et la mère, mais aussi pour réguler l’hormone dont dépend la durée de grossesse. Une protéine placentaire virale mystérieuse circule aussi dans le sang maternel. »
Article Sciences et Avenir La Recherche N°910 décembre 2022.
« L’ADN humain regorge de virus anciens. »
« Les virus sont omniprésents dans notre ADN révèle une étude . En effet, des gènes de rétrovirus humains s’étant peu à peu intégrés dans le génome de nos aïeux lors d’infections passées ont été retrouvés dans chacun des 13 000 échantillons génétiques provenant de l’autopsie de 948 personnes. Bien qu’ils ne soient plus infectieux, certains de ces gènes sont encore intacts . (Source : Aidan Burn, université TUFTS, BOSTON, ETATS-UNIS) »
Quand les premiers virus sont-ils apparus sur terre ? SV N°1237.
« Première théorie : les virus descendraient, comme tous les organismes actuels, du premier ancêtre commun Luca (Last universal common ancestor) qui est apparu il ya 3,5 milliards d’années. Les virus seraient donc plus jeunes.
Deuxième théorie : des scientifiques ont montré que des lignées de virus ont une origine qui remonte au moins jusqu’à Luca, voire plus. La forme primitive des virus serait le réplicon, un matériel capable de se répliquer. Ce réplicon pourrait alors être apparu avant même les cellules il y a 4millirds d’années. »
Nous avons vu que LUCA n’est pas le premier ancêtre commun comme on le pensait ce qui invalide la première théorie.
Les Obélisks, des nouveaux micro-organismes
Une équipe de recherche dirigée par le Dr Ivan Zheludev de l’Université Stanford a trouvé des preuves d’une nouvelle forme de vie au sein même de notre corps humain.
Ces organismes, découverts dans notre microbiote intestinal, ne ressemblent à aucune forme de vie connue sur Terre. Leur présence a été révélée grâce à une analyse métatranscriptomique des séquences d’ARN issues d’échantillons gastro-intestinaux humains.
Ces étranges formes de vie ont été baptisées « Obelisks » et ont été retrouvées dans 10% de tous les échantillons de microbiome testés.
Les Obelisks ont une structure génétique à base d’ARN circulaire, quelque chose que nous n’avions jamais vu jusqu’à présent. Ils ont la particularité de produire une nouvelle sorte de protéine appelée « Oblins« . La fonction de ces protéines reste encore à déterminer, mais nul doute qu’elle fera l’objet de nombreuses recherches dans les années à venir.
Les Obelisks ne se limitent pas à notre intestin. En effet, ils ont également été retrouvés en grand nombre dans notre microbiote oral. Cela suggère que ces organismes pourraient affecter notre santé de façon que nous ne comprenons pas encore. Certains Obelisks ont même été trouvés à l’intérieur d’une espèce bactérienne commune appelée Streptococcus sanguinis.
En conclusion, ces Obelisks pourraient bien être une découverte majeure qui remet en cause notre compréhension de l’évolution de la vie. Leurs caractéristiques uniques et leur capacité à s’autorépliquer pourraient nous fournir de nouvelles informations sur les origines de la vie.
Les viroïdes.
Un tout nouveau monde de minuscules créatures remet en question les idées fondamentales de la vie
Depuis des siècles, les scientifiques cherchent à comprendre ce qui définit la vie et comment elle est apparue. Pourtant, certaines formes de vie, si petites qu’elles échappaient aux techniques d’observation classiques, sont restées dans l’ombre pendant des décennies. Parmi elles, les viroïdes, de minuscules entités biologiques encore plus simples que les virus, qui remettent en question nos idées fondamentales sur le vivant.
En 1967, Theodor Diener, un chercheur spécialisé en pathologie végétale, se penchait sur une maladie mystérieuse qui décimait les cultures de pommes de terre : la maladie du tubercule en fuseau. Convaincu d’avoir affaire à un virus inconnu, il entreprit une série d’analyses approfondies. Mais à sa grande surprise, l’agent infectieux ne correspondait à rien de connu. Il ne possédait ni structure cellulaire, ni enveloppe protéique, caractéristiques typiques des virus. Au lieu de cela, il s’agissait d’une simple molécule d’ARN capable de se répliquer en parasitant les cellules végétales. Cette découverte remettait en question les fondements de la biologie, mais à l’époque, elle ne suscita que peu d’intérêt dans la communauté scientifique, éclipsée par d’autres avancées en virologie et en génétique.
Après quatre années de recherches, Theodor Diener parvint à démontrer que ces minuscules molécules d’ARN pouvaient s’introduire dans les cellules des plantes et se répliquer, bien qu’elles ne possèdent ni membrane, ni structure cellulaire propre. Conscient d’avoir découvert une nouvelle catégorie d’agents infectieux, il les baptisa viroïdes. Contrairement aux virus, ces entités ne codent pour aucune protéine et sont dépourvues d’enveloppe protectrice, ce qui en fait les réplicateurs autonomes les plus simples jamais identifiés.
En 2020 les scientifiques s’intéressent de nouveau aux viroïdes. Benjamin Lee, un chercheur américain, décida de s’y intéresser de plus près et découvrit que ces mystérieuses entités étaient bien plus nombreuses et répandues qu’on ne l’imaginait. Ce que l’on croyait être une curiosité scientifique isolée s’est révélé être un véritable écosystème microscopique, peuplé de milliers de viroïdes et d’entités similaires. Certains portent des noms aussi intrigants que obélisques, ribozyvirus ou satellites, suggérant qu’un pan entier du monde vivant nous échappait jusque-là.
Les viroïdes défient nos définitions du vivant et posent une véritable énigme scientifique. Peuvent-ils être considérés comme des êtres vivants ? Contrairement aux virus, ils ne possèdent ni capsule protectrice, ni gènes codant pour des protéines, et pourtant, ils sont capables de se répliquer en utilisant les cellules qu’ils infectent. Cette particularité intrigue les chercheurs, car elle pourrait faire des viroïdes les plus anciens organismes de la Terre, remontant à une époque où la vie était encore à ses balbutiements. Certains scientifiques pensent même qu’ils pourraient être des vestiges de l’ère prébiotique, une période hypothétique où seules les molécules d’ARN autoréplicantes existaient, bien avant l’apparition des premières cellules.
Malgré leur importance potentielle, les viroïdes restent peu étudiés par rapport aux virus et aux bactéries.
Les viroïdes ne sont qu’un exemple parmi de nombreuses formes de vie inconnues qui attendent d’être découvertes. Leur redécouverte montre à quel point le monde microscopique recèle encore de mystères. En comprenant mieux ces entités invisibles à l’œil nu, nous pourrions non seulement réécrire l’histoire de l’évolution, mais aussi mieux protéger notre environnement et améliorer la médecine de demain. Peut-être ces minuscules êtres détiennent-ils les secrets de l’origine de la vie elle-même.
Conclusion: Quel modèle d’évolution se dessine à partir de toutes ces données?
Au début étaient les atomes. Ces atomes se sont associés pour donner les premières molécules. Les premières molécules organiques comme les acides aminés, les lipides apparaissent dans des sources d’eau chaude
Une molécule appelée acide ribonucléique ou ARN va avoir une grande importance pour l’évolution.
Le monde ARN est peuplé de nombreuses entités : les viroïdes et les obélisks, les ribozyvirus constitués d’un ARN simple brin circulaire, les prophages et les phages à ARN, les virus à ARN. Ce sont eux qui vont transformer les protocellules en progénotes puis en bactéries et archées. Tous ces organismes s’échangent des molécules, du code génétique ce qui donne une immense diversité d’entités sans lignée bien définies.
Une autre possibilité est que ces différents micro-organismes à ARN soient à l’origine de la première forme cellulaire qu’ils n’ont cessé d’améliorer pour donner naissance aux bactéries et aux archées, puis aux cellules eucaryotes.
Le corps humain est constitué de minuscules entités à ARN que les technologies modernes nous permettent maintenant de détecter, de virus et de bactéries, les uns à l’état isolé, les autres à l’état fusionné sous forme de cellules. Les entités à ARN n’ont pas infecté des cellules pas plus que les virus. De même les bactéries ne nous infectent pas puisqu’elles sont des constituants de notre organisme. Les maladies dites infectieuses ne sont pas dues aux virus et bactéries, elles ont d’autres causes. Nous aborderons ce sujet dans un prochain article.
Le code génétique d’une bactérie est composé du code génétique des virus qui la composent et des gènes spécifiques que la bactérie a créés. Ce code génétique va se retrouver dans la cellule eucaryote qui elle aussi aura créé ses gènes spécifiques. La cellule humaine est en capacité de générer les virus qui peuvent lui être utiles.
Avant de terminer , je me dois d’évoquer Antoine Béchamp (1816 – 1908). C’est un médecin, chimiste et pharmacien français auteur de la théorie des microzymas qui rejoint tout à fait ce que j’ai développé ci-dessus sur l’évolution. Je consacrerai un article entier à ce savant oublié, éclipsé à tort par Louis Pasteur qui lui était contemporain (11822 – 1895) . Pasteur a tout fait pour pour que la théorie de Béchamp ne soit pas reconnue et que sa théorie des germes pathogènes soit la seule officialisée.
La science médicale en accréditant la théorie de Pasteur au détriment de celle de Béchamp s’est lourdement trompée et nous en payons très cher les conséquences.
