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Evolution : les protocellules

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Evolution ou La Fabuleuse Odyssée des Microbes.

2 – les protocellules.

Pour bien comprendre ce que sont les premières formes de vie sur Terre, voici quelques articles scientifiques qui nous permettront d’établir la chronologie de l’apparition de la vie.

Science&vie Hors Série N°302 Juillet 2022

SVHS : « Quand la vie est-elle apparue sur Terre? »

Abderrazak El Albani, géologue :

« Traditionnellement, les chercheurs situent cet évènement vers -3,9 à -3,8 Ga, après la formation des océans et après les derniers grands impacts de météorites survenues vers -4 Ga. »

SVHS : « Comment est-on passé de l’inerte au vivant ? »

Patrick Forterre, biologiste :

« Cette question est encore débattue. Selon la théorie actuellement dominante, les molécules organiques utilisées par le vivant ( notamment les acides aminés, constituant les protéines et les lipides – les graisses – qui forment les membranes des cellules ) sont apparues sur Terre, même si certaines d’entre elles ont peut-être été rapportées par des comètes ou des météorites. D’après le chercheur russe Armen Mulkidjanian, auteur d’un article sur ce sujet paru en 2012 dans la revue PNAS, tout se serait joué dans des sources chaudes terrestres riches en potassium [ un minéral essentiel à la vie actuelle, NDLR ]. Ceci expliquerait pourquoi les cellules de tous les organismes contiennent en abondance cet élément rare sur terre et dans les océans. En revanche, on ignore encore comment est apparu le premier métabolisme capable de fournir l’énergie nécessaire à la formation des molécules géantes caractéristiques de la vie actuelle ( protéines, acides nucléiques, etc.).« 

SVHS: »A quoi ressemblait le tout premier être vivant ? »

P.F. : « Il s’agissait sans doute de cellules rudimentaires, ou protocellules : des vésicules entourées d’une membrane lipidique et capables d’un métabolisme primitif fournissant le minimum d’énergie nécessaire à leur stabilité et à leur croissance. En laboratoire, il est relativement facile d’obtenir de telles structures à partir de composants chimiques simples ( peptides, minéraux, etc.).Une étape-clé dans l’évolution de ces protocellules a été l’apparition de macromolécules capables de porter et de transmettre une information génétique. La plus ancienne connue à ce jour est l’acide ribonucléique (ARN), une molécule génétique plus simple que l’ADN. L’ARN est capable non seulement de porter une information génétique, mais il peut également catalyser des réactions chimiques. Il est alors appelé ribozyme, par analogie avec les enzymes classiques, qui sont, elles des protéines. Une étude japonaise publiée en mars 2022 dans le journal Science Advances a confirmé que l’ARN peut évoluer par lui-même pour former des molécules de plus en plus complexes… comme lors du processus d’évolution décrit par le biologiste britannique Charles Darwin. Reste que pour l’instant, on ne sait pas comment les briques complexes qui forment l’ARN, les ribonucléotides, sont apparues au sein des protocellules. Elles sont en effet très difficiles à obtenir en laboratoire par des méthodes non biologiques… »

L’apparition de l’ARN au sein des protocellules est une étape fondamentale et essentielle au développement de la vie et de la biodiversité.

SVHS : « Quid de la cellule Luca ? »

P.F. : « Contrairement à une confusion courante, cette cellule qui aurait vécu il y a plus de 3 Ga, n’était pas la première cellule apparue sur notre planète. Comme l’indique son nom ( acronyme de « Last Universal Commun Ancestor »), inventé lors d’un colloque scientifique que j’ai organisé, Luca est le dernier ancêtre connu aux trois grands groupes d’organismes vivants actuellement : les archées(Archaea) et les bactéries, des micro-organismes unicellulaires formés pour la plupart de cellules sans noyau ( procaryote), et les eucaryotes, constitués de cellules beaucoup plus complexes, avec un noyau, et regroupant tous les champignons, plantes, animaux, mais aussi de nombreux micro-organismes, comme les paramécies et les amibes. Entre l’apparition de la vie et Luca, il y a eu une première longue période d’évolution qui a duré 0,5 à 1 Ga. Après étude comparée avec les ribosomes (structures cellulaires permettant de fabriquer les protéines) des organismes actuels, il s’est avéré que ceux de Luca étaient déjà formés d’une trentaine de protéines (contre 60 à 80). Donc c’était un organisme plus simple que les organismes actuels, mais déjà très complexe, comparé aux protocellules susmentionnées. »

Les progénotes : première forme cellulaire.

Cette idée est due à un évolutionniste de premier plan Carl Woese. Pour lui, il y a 3,5 milliards d’années, les premiers collectifs moléculaires sont apparus. Il les appelle les progénotes. Ces progénotes disposent de la capacité de transformer les instructions génétiques en protéine, mais de façon beaucoup moins fiable que les cellules actuelles, ce qui limite leur potentiel évolutif individuel.

Carl Woese décrit les progénotes comme des espèces de sacs renfermant des minichromosomes ressemblant aux virus. Chaque progénote contient un nombre limité d’instructions et différentes d’un progénote à un autre progénote. Ces progénotes sont des protocellules au sein desquelles des petits morceaux d’ARN sont apparus. On ne sait pas comment cet ARN est apparu, mais on sait qu’il est apparu.

Le transfert latéral de matériel génétique est très courant chez les progénotes qui peuvent ainsi acquérir d’autres fonctions.

L’évolution, à l’époque des progénotes, est une affaire d’interconnexions physiques et de partage de gènes. Il n’y a pas vraiment une lignée bien définie.

Le progénote isolé était peu puissant, par contre la communauté des progénotes avait un potentiel évolutif très important. Les innovations génétiques pouvaient surgir de toutes parts. Ce sont des collectifs de progénotes qui survivaient et évoluaient. Le progénote individuel était trop rudimentaire pour vivre indépendamment.

Progressivement des communautés de progénotes sont devenues plus autonomes, plus individualisées pour se transformer en bactéries et archées.

Que sont les archées?

Les archées constituent l’un des trois grands domaines du vivant, aux côtés des bactéries et des eucaryotes. Longtemps confondues avec les bactéries, elles s’en distinguent aujourd’hui clairement sur les plans génétique, biochimique et évolutif.

Les archées ont été reconnues comme un domaine distinct en 1977 par Carl Woese, grâce à l’analyse des séquences d’ARN ribosomique 16S. Cette découverte a profondément modifié la classification du vivant. 

  • Les archées sont des procaryotes (sans noyau ni organites membranaires),
  • Elles sont génétiquement plus proches des eucaryotes que des bactéries pour de nombreux mécanismes fondamentaux (transcription, traduction). 
  • Elles ont une membrane plasmique unique, une paroi cellulaire, un ADN circulaire. On  note également la présence d’histones ou de protéines analogues aux histones (comme chez les eucaryotes), d’ARN polymérase et de facteurs de transcription proches de ceux des eucaryotes.
  • Les archées présentent une extraordinaire diversité métabolique, souvent absente chez les autres domaines . On distingue: la méthanogenèse (exclusivement archéenne) avec production de méthane à partir de CO₂, H₂, acétate, etc. d’où leur rôle majeur dans les cycles biogéochimiques et le réchauffement climatique; la chimioautotrophie (oxydation du soufre, de l’hydrogène, de l’ammoniac); la phototrophie sans chlorophylle; des métabolismes anaérobies stricts fréquents.
  •  Initialement associées aux environnements extrêmes, on sait aujourd’hui qu’elles sont omniprésentes :sources hydrothermales, >100 °C), mers hypersalées  grandes profondeurs océaniques), sols, océans (très abondantes dans le plancton marin), intestin humain et animal (méthanogènes). Les archées occupent une place centrale dans l’évolution :: les eucaryotes dériveraient d’une archée ayant intégré une bactérie (future mitochondrie),  On a identifié des archées présentant des gènes caractéristiques des eucaryotes,
  • Elles sont considérées comme non pathogènes à ce jour (aucune archée clairement impliquée dans une maladie humaine),

Les archées sont un domaine fondamental du vivant, biochimiquement uniques, écologiquement omniprésentes, Elles sont la clé pour comprendre l’origine des eucaryotes et la vie sur Terre.

Revenons à nos progénotes. L’échange de matériel génétique entre progénotes se fait sous forme de micro ARN précurseurs des virus. Ce mécanisme d’échange d’information génétique va se poursuivre et s’améliorer chez les bactéries et il est toujours utilisé de nos jours.

Lyn Margulis dans son livre « Microcosmes »

« Les premières formes de vie – sphères d’ADN et d’ARN, enzymes, protéines d’un diamètre  de l’ordre du micron –  ressemblaient probablement aux organismes les plus simples qui existent aujourd’hui. »

« Une bactérie ne possède qu’un nombre minime d’instructions génétiques, réduites à l’essentiel pour se répliquer et se maintenir. Toute capacité supplémentaire qui permettrait à une lignée bactérienne de survivre dans des conditions particulières lui est conférée par des particules génétiques visiteuses appelées réplicons. Ces petits réplicons se propagent de cellule en cellule. Parfois ils s’intègrent dans l’ADN principal de la bactérie, parfois il exerce seulement une influence sur la bactérie. »

« Les biologistes connaissent de nombreuses formes et de nombreux déguisements des petits  réplicons, notamment les plasmides, épisomes, prophages, phages et virus. Ces réplicons apportent avec eux un assortiment d’outils : des gènes qui leur permettent de se répliquer et de se transférer dans d’autres cellules, ou qui permettent à la cellule hôte d’exprimer l’information qu’ils portent. Par exemple, un prophage à l’intérieur d’une bactérie peut se répliquer plusieurs fois, et pour devenir un virus il peut envelopper chacune de ses copies dans une coquille protéinique qui servira ultérieurement pour attacher la copie à une autre bactérie. »

« Dans le processus appelé transduction, un fragment de l’ADN d’une bactérie, ou n’importe quel petit réplicon présent, est absorbé dans l’enveloppe protéinique et peut voyager vers une autre bactérie. Au cours d’un autre processus, la conjugaison, le déplacement de l’ADN provoque la formation d’un tuyau minuscule, ou pilus, entre les deux cellules. Le donneur transfère ainsi au receveur une copie de son ADN à travers le tuyau.« 

« Transduction et conjugaison sont les deux principales méthodes dont dispose le monde bactérien pour communiquer une immunité contre un médicament par exemple. La vitesse à laquelle une résistance héréditaire à une substance se propage à travers les communautés bactériennes démontre assez la puissance et l’efficacité de leurs réseaux de communications. Ainsi le gène , issu probablement d’une bactérie du sol, qui contrôle la synthèse d’une enzyme capable de digérer la pénicilline a, par l’intermédiaire d’échanges avec des phages, atteint les staphylocoques des hôpitaux. »

L’importance et la place essentielle des virus dans l’évolution n’est plus à démontrer.

Dans le numéro 1227 de la revue Science & vie (décembre 2019) figure un article intitulé « Nos ancêtres les virus » où il est dit que nous devons tout aux virus. Ils auraient joué un rôle clé dans la naissance de nos cellules et de leur noyau. Ils pourraient même être à l’origine de notre ADN. Il est question notamment de virus géants, dont le génome peut atteindre le millier de gènes, qui auraient joué un rôle clé dans notre propre histoire évolutive.

D’anciens virus ont joué un rôle dans le développement avancé de nos cerveaux

D’anciens virus présents chez des vertébrés il y a des centaines de millions d’années ont joué un rôle crucial dans l’évolution de nos cerveaux avancés et de nos grands corps, selon une nouvelle étude.

Ces travaux, publiés dans la revue Cell, examinent les origines de la myéline, une membrane grasse isolante qui se forme autour des nerfs et permet aux impulsions électriques d’être diffusées plus rapidement.

Selon les auteurs, une séquence génétique acquise à partir de rétrovirus — des virus qui s’incorporent dans l’ADN de leur hôte — est cruciale pour la production de myéline. Et ce code se retrouve aujourd’hui chez les mammifères modernes, les amphibiens et les poissons.

« Ce que je trouve le plus remarquable, c’est que toute cette diversité de vertébrés modernes connus, et la taille qu’ils ont atteint — éléphants, girafes, anacondas … — n’aurait pas eu lieu sans l’infection de ces rétrovirus », a déclaré à l’AFP le neuroscientifique Robin Franklin, co-auteur de l’étude.

Les scientifiques  considèrent les virus comme des agents infectieux pathogènes. Je pense que c’est une erreur. Des découvertes récentes montrent qu’ils sont à la base de la constitution des êtres vivants. Dans les propos ci-dessus de Robin Franklin, je remplacerai donc infection par participation.

Les chercheurs ont fouillé dans des bases de données de génomes pour tenter de découvrir les facteurs génétiques associés à la production de myéline.

Tanay Ghosh, biologiste et généticien travaillant avec M. Franklin, était particulièrement intéressé par les mystérieuses régions « non codantes » du génome, qui n’ont aucune fonction apparente et étaient à un moment donné considérées comme inutiles, mais qui sont désormais reconnues comme ayant une importance dans l’évolution.

Ses recherches ont abouti à une séquence dérivée d’un rétrovirus, qui se trouve depuis longtemps dans nos gènes, et que les chercheurs ont baptisé « RetroMyelin ».

Pour vérifier leur découverte, ils ont mené des expériences consistant à supprimer cette séquence chez les rats, et ont observé que ceux-ci ne produisaient alors effectivement plus une protéine nécessaire à la formation de myéline.

Les scientifiques ont ensuite cherché des séquences similaires dans le génome d’autres espèces, et ont trouvé un code semblable chez les vertébrés à mâchoire — mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens — mais pas chez les vertébrés sans mâchoire ou chez les invertébrés.

Ils en ont conclu que la séquence est apparue dans l’arbre de la vie à peu près en même temps que les mâchoires, c’est-à-dire il y a environ 360 millions d’années.

« Il y a toujours eu une pression de sélection pour faire en sorte que les fibres nerveuses conduisent les impulsions électriques plus rapidement », a souligné Robin Franklin. « En faisant ça plus vite, alors vous pouvez agir plus vite », a-t-il expliqué, ce qui est utile pour les prédateurs chassant une proie, ou une proie tentant de fuir.

La myéline permet une conduction rapide de ces signaux sans accroître le diamètre des cellules nerveuses, en leur permettant d’être rapprochées les unes des autres.

Elle fournit également un soutien structurel, ce qui signifie que les nerfs peuvent grandir davantage, permettant le développement de membres plus grands.

Enfin, l’équipe de chercheurs a voulu comprendre si la participation virale s’était produite une fois, chez une espèce unique ancestrale, ou plusieurs fois.

Pour répondre à cette question, ils ont analysé les séquences RetroMyelin de 22 espèces de vertébrés à mâchoire. Ces séquences étaient davantage semblables au sein d’une espèce, qu’entre différentes espèces.

Cela suggère que de multiples vagues d’interventions virales sont survenues, ayant participé à la diversité d’espèces de vertébrés connue aujourd’hui.

« On a tendance à penser aux virus comme à des pathogènes, des agents causant des maladies », a relevé Robin Franklin.

Mais la réalité est plus compliquée, selon lui: à différents moments de l’histoire, les rétrovirus sont entrés dans le génome et se sont intégrés aux cellules reproductives d’espèces, permettant qu’ils soient transmis aux générations suivantes.

Pour Tanay Ghosh, cette découverte sur la myéline pourrait n’être qu’un premier pas dans un domaine émergent. « Il y a encore beaucoup de choses à comprendre à propos de la façon dont ces séquences influencent différents processus de l’évolution », a-t-il dit.

Une autre étude a montré que des virus bactériophages joueraient un rôle important dans la perpétuation de la diversité bactérienne. Ils réguleraient les populations de bactéries en contrôlant les espèces dominantes de bactéries permettant ainsi aux espèces moins performantes de continuer à vivre.

Dans Science&vie de décembre 2019, on peut lire ceci : 

« Il y aurait à tout moment 1031 particules virales présentes sur notre planète, soit une biomasse de 200 millions de tonnes. Les virus sont présents partout sur Terre, des océans aux tubes digestifs des animaux, où ils sont jusqu’à 100 fois plus nombreux que les cellules. »

Des virus géants ont été découverts. Ils sont si gros qu’on a longtemps pensé qu’il s’agissait de bactéries. Ce n’est qu’en 2003 qu’on les a vraiment identifiés.

Des études ont montré que les virus géants proviennent de virus plus petits qui ont co-existé avec les ancêtres des eucaryotes modernes.

Dans le même numéro de Science&vie de décembre 2019, on peut aussi lire ceci à propos des virus :

« C’est d’abord l’ampleur du royaume qui a sidéré : la biomasse de tous les virus présents sur Terre serait équivalente à 75 millions de baleines bleues . Et la plupart sont encore inconnus : la toute récente analyse des échantillons recueillis lors de l’expédition Tara Oceans a permis de multiplier par 12 le nombre de virus marins recensés! Imaginez : à chaque seconde, un nombre incommensurable d’infections se produisent sur notre planète, et ce, depuis fort longtemps. Autant d’opportunités d’échanger des gènes ».

Au lieu d’infections, mettez participations virales.

Toujours dans le même numéro de Science&Vie, les propos suivants de Patrick Forterre, microbiologiste à l’Institut Pasteur :

« Tous les organismes cellulaires étant infectés par des virus, on peut dire que ceux-ci sont présents à tous les niveaux de l’arbre du vivant, du tronc jusqu’à ses plus fines ramifications. Les lignées virales s’enroulent comme des lianes autour des différentes branches de l’arbre ». Il est plus juste de dire « constitués » au lieu de « infectés ».

On peut lire aussi ce que l’on doit aux virus :

«  La fusion des gamètes: chez les plantes et les insectes, la fusion du spermatozoïde et de l’ovule fait intervenir une protéine d’origine virale. Son équivalent reste encore à identifier chez l’être humain et les autres vertébrés. »

« La mémoire à long terme : la protéine Arc, indispensable à la mémoire à long terme, est d’origine virale. Elle forme des structures qui ressemblent à des virus et contiennent son propre ARN, qu’elle transfère d’un neurone à l’autre. Un rôle qui reste à préciser.« 

« Les enzymes de base : les ancêtres des virus géants auraient fourni aux ancêtres des eucaryotes modernes une, voire deux ARN polymérases, supplémentaires, les dotant au final de trois enzymes, qui fabriquent différentes sortes d’ARN. »

« Le noyau cellulaire : les virus, surtout les géants, forment, dans les cellules qu’ils infectent (je dirai dans les cellules où ils résident), des structures ressemblant à des noyaux. Ces usines virales, qui leurs permettent de répliquer leur génome, ont pu donner naissance au noyau cellulaire. »

« Des chercheurs américains ont découvert qu’un gros virus de bactérie était capable de fabriquer une sorte de noyau viral dans la cellule qu’il infecte ( où il réside), pour répliquer son propre génome. Il transforme donc, temporairement au moins, une bactérie en « cellule virale » à noyau. »

« Le placenta : le placenta utilise des protéines d’origine virale, pour le tissu situé entre le fœtus et la mère, mais aussi pour réguler l’hormone dont dépend la durée de grossesse. Une protéine placentaire virale mystérieuse circule aussi dans le sang maternel. »

Article Sciences et Avenir La Recherche N°910 décembre 2022.

«  L’ADN humain regorge de virus anciens. »

« Les virus sont omniprésents dans notre ADN révèle une étude . En effet, des gènes de rétrovirus humains s’étant peu à peu intégrés dans le génome de nos aïeux lors d’infections passées ont été retrouvés dans chacun des 13 000 échantillons génétiques provenant de l’autopsie de 948 personnes. Bien qu’ils ne soient plus infectieux, certains de ces gènes sont encore intacts . (Source : Aidan Burn, université TUFTS, BOSTON, ETATS-UNIS) »

Quand les premiers virus sont-ils apparus sur terre ? SV N°1237.

« Première théorie : les virus descendraient, comme tous les organismes actuels, du premier ancêtre commun Luca (Last universal common ancestor) qui est apparu il ya 3,5 milliards d’années. Les virus seraient donc plus jeunes.

Deuxième théorie : des scientifiques ont montré que des lignées de virus ont une origine qui remonte au moins jusqu’à Luca, voire plus. La forme primitive des virus serait le réplicon, un matériel capable de se répliquer. Ce réplicon pourrait alors être apparu avant même les cellules il y a 4millirds d’années. »

Nous avons vu que LUCA n’est pas le premier ancêtre commun comme on le pensait ce qui invalide la première théorie.

Les Obélisks, des nouveaux micro-organismes

Une équipe de recherche dirigée par le Dr Ivan Zheludev de l’Université Stanford  a trouvé des preuves d’une nouvelle forme de vie  au sein même de notre corps humain.

Ces organismes, découverts dans notre microbiote intestinal, ne ressemblent à aucune forme de vie connue sur Terre. Leur présence a été révélée grâce à une analyse métatranscriptomique des séquences d’ARN issues d’échantillons gastro-intestinaux humains.

Ces étranges formes de vie ont été baptisées « Obelisks » et ont été retrouvées dans 10% de tous les échantillons de microbiome testés.

Les Obelisks ont une structure génétique à base d’ARN circulaire, quelque chose que nous n’avions jamais vu jusqu’à présent. Ils ont la particularité de produire une nouvelle sorte de protéine appelée « Oblins« . La fonction de ces protéines reste encore à déterminer, mais nul doute qu’elle fera l’objet de nombreuses recherches dans les années à venir.

Les Obelisks ne se limitent pas à notre intestin. En effet, ils ont également été retrouvés en grand nombre dans notre microbiote oral. Cela suggère que ces organismes pourraient affecter notre santé de façon que nous ne comprenons pas encore. Certains Obelisks ont même été trouvés à l’intérieur d’une espèce bactérienne commune appelée Streptococcus sanguinis.

En conclusion, ces Obelisks pourraient bien être une découverte majeure qui remet en cause notre compréhension de l’évolution de la vie. Leurs caractéristiques uniques et leur capacité à s’autorépliquer pourraient nous fournir de nouvelles informations sur les origines de la vie.

Les viroïdes.

Un tout nouveau monde de minuscules créatures remet en question les idées fondamentales de la vie

Depuis des siècles, les scientifiques cherchent à comprendre ce qui définit la vie et comment elle est apparue. Pourtant, certaines formes de vie, si petites qu’elles échappaient aux techniques d’observation classiques, sont restées dans l’ombre pendant des décennies. Parmi elles, les viroïdes, de minuscules entités biologiques encore plus simples que les virus, qui remettent en question nos idées fondamentales sur le vivant.

En 1967Theodor Diener, un chercheur spécialisé en pathologie végétale, se penchait sur une maladie mystérieuse qui décimait les cultures de pommes de terre : la maladie du tubercule en fuseau. Convaincu d’avoir affaire à un virus inconnu, il entreprit une série d’analyses approfondies. Mais à sa grande surprise, l’agent infectieux ne correspondait à rien de connu. Il ne possédait ni structure cellulaire, ni enveloppe protéique, caractéristiques typiques des virus. Au lieu de cela, il s’agissait d’une simple molécule d’ARN capable de se répliquer en parasitant les cellules végétales. Cette découverte remettait en question les fondements de la biologie, mais à l’époque, elle ne suscita que peu d’intérêt dans la communauté scientifique, éclipsée par d’autres avancées en virologie et en génétique.

Après quatre années de recherchesTheodor Diener parvint à démontrer que ces minuscules molécules d’ARN pouvaient s’introduire dans les cellules des plantes et se répliquer, bien qu’elles ne possèdent ni membrane, ni structure cellulaire propre. Conscient d’avoir découvert une nouvelle catégorie d’agents infectieux, il les baptisa viroïdes. Contrairement aux virus, ces entités ne codent pour aucune protéine et sont dépourvues d’enveloppe protectrice, ce qui en fait les réplicateurs autonomes les plus simples jamais identifiés

En 2020 les scientifiques s’intéressent de nouveau aux viroïdes. Benjamin Lee, un chercheur américain, décida de s’y intéresser de plus près et découvrit que ces mystérieuses entités étaient bien plus nombreuses et répandues qu’on ne l’imaginait. Ce que l’on croyait être une curiosité scientifique isolée s’est révélé être un véritable écosystème microscopique, peuplé de milliers de viroïdes et d’entités similaires. Certains portent des noms aussi intrigants que obélisques, ribozyvirus ou satellites, suggérant qu’un pan entier du monde vivant nous échappait jusque-là. 

Les viroïdes défient nos définitions du vivant et posent une véritable énigme scientifiquePeuvent-ils être considérés comme des êtres vivants ? Contrairement aux virus, ils ne possèdent ni capsule protectrice, ni gènes codant pour des protéines, et pourtant, ils sont capables de se répliquer en utilisant les cellules qu’ils infectent. Cette particularité intrigue les chercheurs, car elle pourrait faire des viroïdes les plus anciens organismes de la Terre, remontant à une époque où la vie était encore à ses balbutiements. Certains scientifiques pensent même qu’ils pourraient être des vestiges de l’ère prébiotique, une période hypothétique où seules les molécules d’ARN autoréplicantes existaient, bien avant l’apparition des premières cellules.

Malgré leur importance potentielle, les viroïdes restent peu étudiés par rapport aux virus et aux bactéries. 

Les viroïdes ne sont qu’un exemple parmi de nombreuses formes de vie inconnues qui attendent d’être découvertes. Leur redécouverte montre à quel point le monde microscopique recèle encore de mystères. En comprenant mieux ces entités invisibles à l’œil nu, nous pourrions non seulement réécrire l’histoire de l’évolution, mais aussi mieux protéger notre environnement et améliorer la médecine de demain. Peut-être ces minuscules êtres détiennent-ils les secrets de l’origine de la vie elle-même.

Conclusion: Quel modèle d’évolution se dessine à partir de toutes ces données?

Au début étaient les atomes. Ces atomes se sont associés pour donner les premières molécules. Les premières molécules organiques comme les acides aminés, les lipides apparaissent dans des sources d’eau chaude

Une molécule appelée acide ribonucléique ou ARN va avoir une grande importance pour l’évolution. 

Le monde ARN est peuplé de nombreuses entités : les viroïdes et les obélisks, les ribozyvirus constitués d’un ARN simple brin circulaire, les prophages et les phages à ARN, les virus à ARN. Ce sont eux qui vont transformer les protocellules en progénotes puis en bactéries et archées. Tous ces organismes s’échangent des molécules, du code génétique ce qui donne une immense diversité d’entités sans lignée bien définies.

Une autre possibilité est que ces différents micro-organismes à ARN soient à l’origine de la première forme cellulaire qu’ils n’ont cessé d’améliorer pour donner naissance aux bactéries et aux archées, puis aux cellules eucaryotes.

Le corps humain est constitué de minuscules entités à ARN que les technologies modernes nous permettent maintenant de détecter, de virus et de bactéries, les uns à l’état isolé, les autres à l’état fusionné sous forme de cellules. Les entités à ARN n’ont pas infecté des cellules pas plus que les virus. De même les bactéries ne nous infectent pas puisqu’elles sont des constituants de notre organisme. Les maladies dites infectieuses ne sont pas dues aux virus et bactéries, elles ont d’autres causes. Nous aborderons ce sujet dans un prochain article.

Le code génétique d’une bactérie est composé du code génétique des virus qui la composent et des gènes spécifiques que la bactérie a créés. Ce code génétique va se retrouver dans la cellule eucaryote qui elle aussi aura créé ses gènes spécifiques. La cellule humaine est en capacité de générer les virus qui peuvent lui être utiles.

Avant de terminer , je me dois d’évoquer Antoine Béchamp (1816 – 1908). C’est un médecin, chimiste et pharmacien français auteur de la théorie des microzymas qui rejoint tout à fait ce que j’ai développé ci-dessus sur l’évolution. Je consacrerai un article entier à ce savant oublié, éclipsé à tort par Louis Pasteur qui lui était contemporain (11822 – 1895) . Pasteur a tout fait pour pour que la théorie de Béchamp ne soit pas reconnue et que sa théorie des germes pathogènes soit la seule officialisée. 

La science médicale en accréditant la théorie de Pasteur au détriment de celle de Béchamp s’est lourdement trompée et nous en payons très cher les conséquences.

EvolutionBienvenueLes maladiesAromathérapie.

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Evolution ou La Fabuleuse Odyssée des Microbes

5 – Que nous dit l’histoire de l’évolution sur les microbes. 

Eric Bapteste extrait de son livre « Tous entrelacés »

« Incontestablement, les êtres vivants sont le résultat d’une longue histoire, mélange de stases et de transformations. Mais cette histoire n’est pas seulement celle d’une divergence et d’un remplacement perpétuel des formes de vies antérieures par des successeurs plus heureux. Elle se caractérise surtout par des causes multiples, des relations entre de nombreux acteurs, de séries de courte-échelles évolutives entre lignées. En un mot, c’est une histoire de collectifs, c’est une histoire d’interactions. »

« Les collectifs sont un élément incontournable, récurrent dans le fonctionnement et dans l’évolution du vivant, et ce depuis des milliers d’années. »

L’évolution, à mon avis, repose sur l’utilisation d’éléments existants, combinés pour créer de nouvelles structures ou entités. Tout commence avec les atomes. Leur assemblage forme des molécules. Par exemple, deux atomes d’hydrogène associés à un atome d’oxygène donnent naissance à une molécule d’eau, entièrement différente des atomes qui la composent. En chauffant cette molécule d’eau, on peut retrouver l’oxygène et l’hydrogène.

De l’association des molécules émergent les premières cellules, puis les bactéries.

Un partenariat entre bactéries a donné naissance aux cellules eucaryotes, à l’origine des cellules animales et végétales.

Par la suite, des communautés cellulaires ont permis l’émergence d’organismes de complexité croissante, allant des végétaux les plus simples jusqu’aux êtres humains.

Les microbes ne sont pas seulement à la base de la vie, ils habitent et sont essentiels à tous les êtres vivants sur notre planète.

Toutes les formes de vie, y compris l’homme, sont des organisations microbiennes en constante évolution.

Les microbes sont nos ancêtres et constituent le fondement de tous les êtres vivants sur Terre. Ils ont su s’adapter, survivre à toutes les extinctions, et renaître sous de nouvelles formes, avec de nouvelles organisations et espèces. Si l’humanité venait à disparaître — ce qui, compte tenu de notre tendance à l’autodestruction, n’est pas impossible — les microbes sont prêts à nous remplacer par d’autres formes d’organisation.

Les bactéries ont tout inventé : la photosynthèse, la respiration, la production d’énergie via les mitochondries, et même le sexe ainsi que la reproduction.

Vous connaissez la phrase « ce qui est vrai pour la bactérie est vrai pour l’éléphant ». Cela s’applique au niveau moléculaire et cellulaire. Cependant, ce qui importe à l’éléphant se situe à un niveau d’organisation supérieur, inconnu de la bactérie. Pourtant, sans les bactéries, ce niveau supérieur ne pourrait exister, car elles constituent les fondations permettant l’émergence de nouvelles formes d’organisation, générant ainsi la diversité des espèces qui peuplent la Terre. Tout être vivant, à sa mort, retourne à l’état microbien.

Les microbes sont la source de toute vie.

Lorsque vous prenez un antibiotique, vous détruisez la vie, vous éliminez une partie de vous-même. Le terme « antibiotique » signifie littéralement « contre la vie ». L’usage excessif et inconsidéré d’antiseptiques, de désinfectants, de détergents et d’antibiotiques, tous toxiques et polluants, constitue une véritable aberration. Les bactéries développent une résistance aux antibiotiques pour assurer leur survie individuelle ainsi que celle de la communauté dont elles font partie, cette communauté pouvant être un être humain.

J’ai observé qu’à l’époque où il m’arrivait de prendre des antibiotiques, j’étais victime de diarrhée. Or, la diarrhée est pour le corps un moyen très efficace et rapide d’éliminer les toxines et les substances toxiques que nous avons ingérées. L’efficacité des antibiotiques n’est pas due à la destruction de bactéries; elle est due au fait qu’elle provoque par la diarrhée un nettoyage du microbiote intestinal. Les toxines étant éliminées, le microbiote peut se regénérer.

Un minimum d’hygiène est nécessaire, mais ça ne doit pas devenir une obsession, une phobie des microbes. Tous les produits qui éliminent 99,9% des bactéries me font horreur car ils sont des destructeurs de vie.

Etant donné le rôle essentiel des microbes dans la constitution des organismes vivants, il me semble que la pensée qui consiste à les accuser d’êtres responsables de maladies dites infectieuses est totalement inappropriée. Notre corps est constitué de micro-organismes à l’état libre ou fusionnés pour former les cellules. Deux possibilités  apparaissent :

1 – nos cellules et nos microbes ont besoin d’un environnement favorable pour vivre. Notre mode de vie moderne modifie cet environnement et entraine un dysfonctionnement des cellules et des microbes qui provoque les maladies.

2 –Nos microbes tentent de réparer ce que nous avons abîmé par notre mode de vie délétère, ce qui peut provoquer des symptômes gênants. La maladie est une tentative pour améliorer le milieu cellulaire ou pour adapter les cellules à cet environnement. Les virus et les bactéries ne sont pas responsables des maladies infectieuses. Toutes les maladies, y compris les maladies infectieuses, ont les mêmes causes.

Dans son livre « Microcosmos »,Lynn Margulis nous dit que la vie sur Terre est avant tout une affaire de bactéries, de virus et de micro-organismes. Voici quelques extraits signifiants :

Nous sommes convaincus d’être la forme de vie la plus avancée de la planète Terre. Nous étudions la vie sut Terre comme un prologue à l’être humain. Nous pensons que des formes de vie « inférieures » dépourvues d’intelligence nous ont précédées. Il est absurde de considérer les humains comme spéciaux, à part, suprêmes. Le microscope a progressivement dévoilé l’étendue du microcosme. Il apparaît que les microbes, appelés micro-organismes, germes, insectes, protozoaires ou bactéries, sont non seulement les éléments constitutifs de la vie, mais habitent et sont indispensables à toute structure vivante actuellement connue sur Terre. De la paramécie à la race humaine, toutes les formes de vie sont des agrégats méticuleusement organisés et élaborés de formes de vie microbiennes en évolution. Loin d’être restés en bas de l’échelle évolutionnaire, les micro-organismes nous entourent et nous composent : l’être humain est le résultat de leur évolution.

Les organismes les plus simples et les plus anciens sont les ancêtres et le substrat actuel de l’ensemble des êtres vivants. Je l’ai déjà dit, mais au cas où l’organisme dit le « plus évolué », l’être humain, aurait la bêtise de s’autodétruire, les microbes survivront et continueront leur évolution.

La vision de l’évolution comme une permanente compétition entre individus et espèces, émanant de la déformation de la notion darwinienne de « survie du plus apte », apparaît comme totalement absurde et doit laisser place à une vision nouvelle de coopération, d’interaction et de dépendance entre les formes de vie. La vie n’a pas conquis la planète par la force, elle y a tissé son réseau. Les formes de vie se sont multipliées et complexifiées en en cooptant d’autres, et non en se contentant de les tuer.

Nous minimisons le microcosme parce que nous ne le voyons pas . Pourtant, des trois milliards et demi d’années où la vie a existé sur Terre, l’histoire entière de l’humanité ne représentent pas 1%. De plus, ce petit 1% n’aurait pas pu exister sans les microbes.

Pendant les deux premiers milliards d’années, la Terre était habitée uniquement par des micro-organismes qui ont continuellement transformé la surface et l’atmosphère de la planète. Ils ont inventé tous les systèmes chimiques essentiels à la vie. Cette forme ancienne de technologie a permis le développement de la fermentation, de la photosynthèse, de la respiration oxygénée et de la fixation de l’azote présent dans l’air. Grâce à l’ADN, la cellule peut se reproduire, contourner la mort et préserver son identité au fil des générations.

Depuis une cinquantaine d’années, les bactériologistes ont mis en évidence chez les procaryotes des transferts rapides et routiniers de matériaux génétiques d’un individu à l’autre , et d’une espèce à l’autre.

Ces transferts se font également à l’intérieur de notre corps.

Chaque bactérie dispose à tout moment de gènes accessoires, provenant de lignées parfois très éloignées, qui remplissent des fonctions que son propre ADN ne peut pas réaliser. Certains de ces matériaux génétiques, comme les virus, se recombinent aux gènes de la cellule native, d’autres sont à nouveau transmis. Dans certains cas, ils peuvent s’introduire rapidement dans l’appareil génétique de cellules eucaryotes.

Toutes les bactéries du monde ont accès à un capital génétique unique, et à travers celui-ci, elles peuvent bénéficier des mécanismes d’adaptation de tout le règne bactérien. C’est par ce moyen que l’évolution s’est réalisée et non pas par des mutations dues au hasard.

En s’adaptant constamment et rapidement aux conditions de l’environnement, les organismes du microcosme soutiennent l’ensemble des êtres vivants par leur réseau mondial d’échanges qui, en fin de compte soutient tout être vivant sur Terre.

Le super-organisme mondial que forme les bactéries par leur communication et leur coopération a ainsi rendu la planète fertile et habitable pour des formes de vie plus grande.

Nous les êtres humains, organismes du macrocosme, continuons d’interagir avec le microcosme et de dépendre de lui, comme nous dépendons les uns des autres.

Un agrégat de cellules spécialisées peut devenir un organe comme par exemple le microbiote intestinal. L’évolution continue en nous.

Il n’est pas absurde de postuler que la conscience même qui nous permet d’explorer les accomplissements de nos cellules naquit peut-être de la concertation de millions de microbes qui mirent leur faculté en commun et évoluèrent pour devenir le cerveau humain. »

Nous devons avoir confiance en notre corps et en les consciences collaboratives qui le composent. Plaçons notre foi dans les processus naturels de guérison du corps.

Chaque cellule, chaque micro-organisme dispose d’une certaine forme de conscience et participe à notre propre conscience.

Notre ADN dérive, à travers une séquence ininterrompue, des mêmes molécules que les plus anciennes cellules qui se formèrent sur les bords des premiers océans, chauds et peu profonds. Nos corps, comme ceux de toute vie, préservent l’environnement de la Terre primitive.

Les êtres humains sont des recombinaisons de puissantes communautés bactériennes et virales qui ont une histoire vieille de plusieurs milliards d’années. Nous faisons partie d’un réseau qui remonte à la prise de possession de la Terre par les bactéries et les virus.

Nous savons que les bactéries sont les championnes de l’adaptation. Comme elles constituent nos cellules dites humaines, elles leur permettent de s’adapter en permanence.

Quand on regarde les choses d’un peu plus près, on constate qu’aucun organisme animal n’existe sur cette Terre sans microbes ni virus. Nous sommes humains, mais cette humanité repose sur un socle viral et bactérien qui assure tout le fonctionnement de notre corps et son adaptation à de nouveaux environnements.

Les microbes jouent un rôle essentiel dans le développement des animaux, y compris des humains, en influençant leur résistance aux conditions environnementales, leur homéostasie, certains comportements individuels et sociaux, ainsi que leur reproduction. Les scientifiques évoquent un consortium de cellules animales et microbiennes. Cependant, il serait plus juste de parler d’un consortium de cellules microbiennes constituant à la fois les cellules animales et les cellules microbiennes libres, comme le microbiote intestinal. Le système immunitaire ne se conçoit plus comme une défense contre les micro-organismes pathogènes, mais plutôt comme un régulateur des populations microbiennes, assurant leur équilibre optimal pour leur fonctionnement et notre santé.

« Les animaux sont à la fois animaux et microbiens et présentent un grand nombre de caractéristiques morphologiques, physiologiques, comportementales, développementales, écologiques et évolutives générées par les communautés microbiennes et mises à la disposition de l’animal.

Eric Bapteste : « On pourrait penser qu’il est peu de systèmes biologiques plus intimes, plus singuliers que le système immunitaire de chaque individu, ni de plus importants puisque, suppose t-on de longue date, il permet de combattre les odieux microbes qui nous assaillent. Curieusement, les études sur l’holobionte sont en train de renouveler en profondeur ces deux conceptions pleines d’apparent bon sens. D’une part, le système immunitaire est coconstruit par les microbes ; il n’est donc pas le seul fait d’un organisme animal. D’autre part, sa fonction principale ne serait pas de tenir à l’écart nos ennemis minuscules, mais d’accueillir au mieux nos microscopiques partenaires intérieurs. »

« L’immunité devient ainsi un double problème : une question de défense collective macrobe microbes et une question d’identité, de maintien d’une équipe qui gagne. L’importance de contrôler les interactions bénéfiques plutôt que de se défendre, serait donc centrale dans l’évolution du système immunitaire inné. »

Des recherches ont montré que les bactéries font partie intégrante du système immunitaire des animaux. Les microbes résidents sont impliqués dans la maturation des lymphocytes T, la production des immunoglobulines A, la sécrétion de mucus protecteur.

L’animal sélectionne les microbes qui contribuent à le construire et à le faire fonctionner.

Même le fonctionnement du cerveau semble dépendre en partie de la présence de micro-organismes situés ailleurs dans le corps de leur hôte. Les microbes intestinaux produisent près de 30% des molécules qui se retrouvent dans la circulation sanguine des mammifères, laquelle irrigue tous les organes. Parmi ces molécules figurent de nombreux neurotransmetteurs.

« Il semblerait même que les microbes échangent des informations avec le cerveau de leurs hôtes. »

La composition des communautés microbiennes change également en réaction aux modifications alimentaires de l’hôte, aux changements de température, à la présence de toxines ou d’antibiotiques dans leur milieu de vie.

Le collectif macrobe-microbes peut s’adapter à son environnement en recrutant des microbes et des gènes dans l’environnement. Ces traits acquis sont ensuite transmis aux générations successives.

« Les virus manipulent et co-construisent les cellules.

« On soutient généralement que les virus pour fonctionner et se reproduire dépendent de leurs hôtes. Mais l’inverse après tout, est également vrai !

En permanence les microbes nous visitent, nous colonisent et nous construisent.

L’évolution : une histoire de collectifs !

L’évolution apparaît comme un magnifique réseau de complicités et d’interactions entre individus d’une même espèce, mais aussi entre les individus d’espèces différentes.

Tout est pluriel. L’histoire de l’être humain et de beaucoup d’êtres vivants dépend de nombreux collectifs. Ce sont des groupes moléculaires, viraux, bactériens, cellulaires, végétaux, animaux qui, s’appuyant les uns sur les autres, sont responsables de l’histoire évolutive.

La collectivité, l’entraide, l’échange, le partage d’informations sont incontournables et indispensables dans le fonctionnement et dans l’évolution du vivant. Je le répète, nous sommes très loin de la vision réductrice du Darwinisme qui voit l’évolution comme une lutte pour faire sa place au détriment des plus faibles.

L’histoire évolutive commence par l’infiniment petit. Dès le départ, les collectifs apparaissent indispensables. La biologie moléculaire nous dit que les protéines naissent depuis des gènes. Cependant, les gènes sont entretenus, recréés et répliqués par des protéines. Pas de protéines sans gènes et pas de gènes sans protéines. Tout est intriqué.

La vie dépend fondamentalement de l’organisation des atomes, des molécules et des gènes et de leurs associations en collectifs. Les molécules de différents types interagissent entre elles. Elles créent des dépendances, des interdépendances, des associations, des réseaux. L’évolution n’a plus rien à voir avec l’idée de compétition qui veut que seul le plus fort gagne et que les faibles disparaissent. Le faible peut faire partie d’un réseau d’entraide et ainsi continuer d’exister.

Les cellules dérivent toujours d’autres cellules ce qui signifie qu’elles sont toutes apparentées : du virus au supervirus, à la bactérie, à la cellule eucaryote, à la cellule végétale, à la cellule animale.

Les cellules fonctionnent et se transforment en entrelaçant, voire en emboîtant des partenaires pas forcément apparentées.

Les collectifs sont partout dans l’histoire de l’évolution. Un collectif prolonge ce qu’un autre a initié.

La cellule se sert de l’énergie que les mitochondries extraient de l’oxygène, et les mitochondries utilisent les acides organiques que la cellule rejette comme déchets.

A noter que au lieu de les considérer comme des déchets, on peut y voir une coopération l’un produisant ce dont l’autre a besoin. Quand ce processus s’arrête nous mourons.

Les grands organismes eucaryotes sont issus de procaryotes plus petits. Ils ont remporté une victoire ensemble, par la coopération, dans l’art de vivre en commun.

Les êtres plus complexes comme les champignons, les végétaux et les animaux, sont formés de collectifs cellulaires, ce qui élargit leur conscience.

L’évolution est une suite d’associations.

Les protocellules, ces petites structures à la limite du vivant, se sont associées, ont échangé des morceaux de code génétique pour aboutir à l’apparition des bactéries.

Les bactéries se sont multipliées, ont collaboré, se sont différenciées en espèces innombrables. Elles ont tout inventé et ont pu ainsi coloniser toute la planète. Les bactéries et les virus, même de nos jours, constituent la forme de vie dominante et contrairement à ce que l’on pense généralement, c’est largement à notre avantage.

Les bactéries s’associent, coopèrent, s’échangent du code génétique même entre espèces différentes. Un système d’organisation décisif apparaît : la cellule eucaryote = qui possède un noyau renfermant le code génétique, contrairement aux bactéries qui sont des cellules procaryotes = sans noyau. D’où vient la cellule eucaryote ? Elle n’est pas apparue comme ça par magie. Ce sont des bactéries créatives, innovantes qui ont mis au point un nouveau système d’organisation : plusieurs bactéries se sont associées, ont mis leur code génétique à l’abri dans une structure que nous appelons noyau. Les mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules, sont des bactéries. Les cellules eucaryotes vont à leur tour coopérer, s’assembler, se différencier, s’échanger du code génétique. Les cellules eucaryotes vont donner les cellules végétales et les cellules animales.

Science&vie N°1240 Janvier 2021 ;

«La grande majorité des familles de virus restent à décrire et à classer. Un défi encore compliqué par leur évolution rapide qui conduit à l’émergence de lignées nouvelles, et par la rareté relative de leur matériel génétique dans les échantillons prélevés », notait en mai dernier Ilya Plyusnin, de l’Institut de biotechnologie d’Helsinki. Les virus sont aujourd’hui l’une des principales boites noires du microbiote. Or, chaque bactérie en porte en moyenne dix espèces différentes ! Tout indique en fait que les virus sont au cœur de la machine microbienne.« 

Nous pensons être une personne, mais il y a plus de bactéries, de champignons et de virus que de nous-mêmes. Le corps humain est une association de bactéries maintenue en équilibre par le système immunitaire et le cerveau. Cette association s’adapte en permanence à son environnement : les cellules génèrent des micros ARN qu’on appelle virus, pour échanger de l’information entre cellules, entre organismes ou entre espèces.

Les bactéries et les virus nous maintiennent en vie ainsi que toutes les espèces vivantes sur la Terre. Sans bactéries et virus nous n’existons pas. Il n’y a pas de virus pathogènes, pas plus que de bactéries pathogènes. Et nous, les êtres humains, dits supérieurs, nous nous acharnons à détruire ce qui nous donne vie.

Partant de l’idée de germes pathogènes et voyant l’évolution comme une guerre sans merci, on considère l’évolution comme une guerre entre micro-organismes, les uns infectant les autres. On imagine des scénarios invraisemblables alors qu’il est si simple de voir l’évolution comme ce qu’elle est, une coopération entre micro-organismes de même espèce ou d’espèces différentes.

Conclusion.

Le corps humain est une forme d’organisation, une forme de vie inventée par les microbes. Le corps humain est microbien. L’élément de base est la protocellule : elle peut être à l’état libre ou former, par association. les bactéries et les cellules dites humaines.

Ces milliards d’êtres vivants, qui composent notre corps, coopèrent, s’entraident, vivent en harmonie, s’autoréparent et s’autorégulent pour nous permettre de respirer, de marcher, de penser, d’imaginer, de réaliser, d’aimer. Ce collectif microbien assure, chaque jour, notre survie, sans rien nous demander ou presque : il nous demande de lui assurer un environnement favorable à leur existence, à leur fonctionnement.

La cause de toutes les maladies, y compris les maladies dites infectieuses, est un environnement défavorable à la vie des microbes entraînant un dysfonctionnement des cellules, des organes. Les maladies ne surviennent pas par hasard.

Pour rester en bonne santé, nous devons veiller à donner aux êtres vivants qui nous composent, un milieu favorable à leur existence : alimentation saine, exercice physique, sommeil de qualité, environnement sain, bonne gestion du stress, relations sociales, spiritualité, croyances bienfaisantes.

Attribuer les maladies infectieuses à des germes pathogènes venus de l’extérieur est une erreur. Oui des microbes pénètrent dans notre corps en permanence et, pourtant, nous ne sommes pas malades en permanence. Le rôle des microbes n’est pas de nous rendre malades. Les microbes pathogènes n’existent pas. Certains s’adaptent à notre milieu corporel et apportent leur contribution au fonctionnement de notre corps. D’autres ne font que passer.

Les maladies sont des tentatives d’adaptation des microbes à l’environnement que nous leur créons. Cetta adaptation peut provoquer des symptômes. La diarrhée est un moyen efficace, simple et rapide d’éliminer une substance toxique que nous avons consommée.

Les microbes sont partout. Exemples :

-Sous chacune de nos aisselles se trouvent 16 millions de bactéries

-Lors d’une poignée de main, 34 millions de microbes sont échangés.

-Dans un gramme de terre fertile il y a plus de 100 millions de bactéries et ce sont elles qui rendent la terre fertile.

-Nous sommes en permanence en contact avec des milliards de microbes, à l’intérieur de nous et à l’extérieur, par l’air, l’eau, l’alimentation… Nous n’en sommes pas pour autant malades.

-Des chercheurs ont absorbé des germes du choléra sans contracter la maladie.

-Le lien est bien établi entre l’ulcère à l’estomac et une bactérie, helibacter pilori. Mais, on ne comprend toujours pas pourquoi seule une petite partie des personnes infectées par cette bactérie va effectivement avoir un ulcère.

Le bacille de la tuberculose peut ou non entraîner une tuberculose chez les individus porteurs du bacille.

Toutes ces apparentes contradictions s’expliquent si l’on admet qu’il n’existe pas de microbes pathogènes et que l’on considère que les microbes nous sont utiles et indispensables.

Je conclues par cette citation qui résume tout:

Francis Cance, psychologue :

  » Les virus et les bactéries sont des co-existant et des cohabitants du système de la vie, depuis le début de la phylogenèse ( histoire évolutive des espèces). Je ne crois pas que la vie, qui a fait ses preuves depuis des milliers d’années, soit assez stupide pour se créer des ennemis dans le but de s’autodétruire. »

Voyez-vous les microbes d’un autre œil ? Etes vous convaincus de leur utilité? Vous avez encore des réticences? Continuez à me lire car j’ai encore de nombreux arguments à vous présenter.

Bienvenue Evolution

Huile essentielle Giroflier.

Huile essentielle de Giroflier

L’huile essentielle de giroflier est bien connue comme anesthésiant dentaire, mais elle a de nombreuses autres propriétés.

Nom latin : Eugenia caryophyllata

Parties utilisées : bouton floral appelé clou

Famille : Myrtacées Provenance : Madagascar.

Odeur : épicée, puissante, fait penser au dentiste..

Principales propriétés :

Antibactérien, antiviral, antifongique et antiparasitaire

Anesthésiant dentaire

Tonifiante aussi bien au niveau intellectuel que physique

Répulsive contre les insectes, en particulier les moustiques

Utilisations possibles :

Applications sur la peau : OUI ++ On l’utilise de préférence diluée.

Utilisation par voie orale : OUI +++

Utilisation en Diffusion : NON

Principales indications

-Tous les abcès et douleurs dentaires

-Fatigue physique et intellectuelle

-Infections intestinales : diarrhée, turista

-Infections bactériennes et virales respiratoires.

-Asthénie sexuelle : frigidité, impuissance

Comment l’utiliser :

Pour tous les problèmes dentaires chez l’adulte,

Appliquez 1 goutte pure sur la zone douloureuse. Renouvelez plusieurs fois par jour si nécessaire.

Pour calmer les douleurs des poussées dentaires de bébé :

Mélanger 4 gouttes d’huile essentielle de giroflier, 3 gouttes de camomille romaine et 10 ml d’huile végétale de noisette. Massez les gencives de bébé avec 3 gouttes de ce mélange.

Contre la fatigue :

– Prendre par voie orale 2 gouttes 3 fois par jour dans du miel ou sur un sucre de canne

– Faire des massages le long de la colonne vertébrale avec le mélange constitué de 2 gouttes d’huile essentielle de giroflier dans 10 gouttes d’huile végétale de noisette.

En cas d’infection,

Prendre par voie orale, 2 gouttes d’huile essentielle de giroflier 3 fois par jour, dans du miel ou sur un sucre de canne.

Précautions d’emploi :

Elle est interdite pendant les 3 premiers mois de la grossesse et en cas d’allaitement.

Elle est également interdite chez les enfants de moins de 6 ans.

Ne jamais l’utiliser pure sur la peau.

Les conseils qui vous sont donnés sur ce site sont très faciles à mettre en œuvre. Ils sont fiables, sûrs et utilisés depuis des années, cependant ils ne sauraient en aucun cas remplacer un avis médical. Donc n’hésitez pas à consulter en cas de symptômes alarmants (fièvre élevée, forte douleur…).

De plus, si votre état ne s’améliore pas rapidement, soit vous n’avez pas posé le bon diagnostic, soit vous n’utilisez pas la bonne huile essentielle : vous devez consulter un médecin.

Evolution : du Big Bang aux protocellules.

L’évolution ou la fabuleuse odyssée des microbes

1 – Du Big Bang à l’apparition des protocellules.

Big Bang et tout commence!

« L’être humain pense régner en maître sur la planète Terre. Cela n’a pas toujours été le cas. D’autres espèces ont successivement occupé les lieux et marqué de leur empreinte l’histoire de la Terre. Avant nous , de nombreux mammifères peuplaient notre planète ; avant eux, ce furent les dinosaures ; et encore bien avant eux, le moindre recoin de la planète était occupé par les bactéries et les virus. Avant les bactéries et les virus, des molécules innombrables se partageaient l’espace et l’énergie. L’évolution est continue. L’être humain sera un jour possiblement remplacé. L’homme n’a qu’un seul prédateur, lui-même. Nous nous auto-détruisons ! Nous faisons preuve d’une imagination et d’une créativité débordantes pour inventer les moyens de nous détruire. »Extrait du livre d’Eric Bapteste. « Tous entrelacés » publié aux Editions Belin.

L’univers s’est étendu depuis le Big Bang initial, survenu il y a environ 15 milliards d’années. Quant à la Terre, elle s’est formée il y a environ 4,5 milliards d’années.

Une année.

Imaginons que les 4,5 milliards d’années de l’histoire de la Terre soient compressés en une seule année.

La Terre se serait formée le 1er janvier.

Il faut attendre le 26 février pour voir apparaître la vie, sous forme de premières cellules rudimentaires : les protocellules. Peu après, émergent les virus, les bactéries et les archées.

Le 3 avril marque une étape cruciale avec l’apparition de la photosynthèse, un mécanisme bactérien qui utilise la lumière du soleil pour assembler les éléments essentiels du vivant à partir d’eau et de dioxyde de carbone (CO2). Ce processus libère de l’oxygène, qui deviendra le comburant indispensable à la respiration, un autre mécanisme inventé par les bactéries permettant d’exploiter l’énergie solaire stockée dans les végétaux.

Le 24-25 septembre apparaissent les premiers organismes multicellulaires.

Le 23 novembre, les premiers végétaux apparaissent et commencent à se répandre sur la Terre.

Au début du mois de décembre, les premières forêts se forment. La vie animale peut alors se diversifier : le 6 décembre voient le jour les reptiles, le 14 décembre les premiers mammifères, et le 25 décembre les premiers primates.

Enfin, à la toute fin de la journée du 31 décembre, l’homme fait son apparition. Sur les 4,5 milliards d’années d’histoire de la Terre, celle de l’humanité représente une infime fraction du temps. Pourtant, son impact environnemental est considérable et souvent catastrophique. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous pu causer autant de dégâts en si peu de temps ? Nous avons parfois pris de mauvaises décisions, emprunté de mauvaises voies. Une étude approfondie de l’évolution nous apportera des réponses.

Les atomes : la base.

Les associations d’atomes pour former des molécules sont les premières étapes de l’apparition de la vie.

Extraits du livre  » Microcosmos  » de Lynn Margulis et Dorion Sagan publié aux Editions Wildproject.

« La souplesse du carbone est un des secrets de la vie sur Terre. Les atomes de carbone en agitation continuelle pendant l’Archéen, chaud et humide, se sont combinés facilement à l’hydrogène, l’oxygène, l’azote, le phosphore et le souffre pour créer une grande diversité de substances moléculaires. Ces six éléments constituent le dénominateur commun de toute la vie et représentent 99% du poids sec de tout être vivant. De plus, le pourcentage de chacun de ces éléments, la proportion d’acides aminés et de composants génétiques, et la distribution des longues molécules de protéines et d’ADN dans les cellules sont semblables dans toutes les formes de vie, depuis les bactéries jusqu’au corps humain. »

« La Terre primitive est le milieu qui convenait le mieux pour que le passage de la non-vie à la vie se fasse. Ce milieu a permis l’apparition de combinaisons moléculaires spécifiques à la vie à partir de réactions chimiques. Les substances chimiques ne se combinent pas au hasard, mais selon des modèles ordonnés. »

Mais où commence véritablement la vie : dès les premiers atomes, à partir des premières molécules ou uniquement avec les premières cellules ? Les cellules proviennent de collectifs de molécules, elles-mêmes issues d’assemblages d’atomes. À quel moment la vie apparaît-elle réellement ? Il me semble que la vie émerge progressivement, au fil de l’évolution. Plus les formes se complexifient, plus la vie devient manifeste. L’évolution débute avec des structures simples, les atomes, qui, en s’associant, donnent naissance à une grande diversité de formes plus complexes et vivantes, les molécules. Ce processus se poursuit jusqu’à l’apparition des êtres humains. Contrairement à une idée reçue, l’évolution n’est pas une lutte incessante pour la survie ou pour occuper une place au soleil, mais une succession de coopérations, d’associations et de partages, comme nous allons le découvrir.

Après les atomes, les molécules.

Après les atomes, ce sont les molécules qui commencent à se lier entre elles.

Les membranes représentent les premières frontières semi-perméables, séparant un « intérieur » d’un « extérieur », marquant ainsi la première distinction entre le soi et le non-soi, et l’émergence d’un rudiment de conscience.

La majorité des biologistes estiment que des lipides se sont associés à des protéines pour former des structures translucides, semblables à la vie, avant même l’apparition de la vie elle-même.

Ces sacs translucides peuvent être considérés comme les premiers essais de formes cellulaires, que l’on appelle protocellules.

« Pour être vivante, une entité doit être autopoïétique, c’est à dire capable de se protéger contre les adversités du monde extérieur. Un organisme échange constamment ses parties, remplace ses constituants chimiques sans jamais perdre son identité. L’autopoïèse est le fondement de la vie : toutes les cellules réagissent à l’environnement extérieur de manière à préserver leur identité. Mais même les prédécesseurs des cellules ont une certaine forme d’autopoïèse, une capacité à préserver leur intégrité structurelle et biochimique face aux aléas environnementaux. »

« Une vingtaine d’acides aminés différents, reliés en chaînes de quelques dizaines à plusieurs centaines, constituent les protéines de toutes les formes de vie sur Terre. La séquence d’acides aminés détermine la forme de la molécule, puis la forme détermine la fonction. Le code qui traduit la séquence de nucléotides dans l’ADN en une séquence d’acides aminés dans une protéine est universel. »

Apparition de la forme cellulaire.

« Il y a 3,5 milliards d’années, la vie s’est organisée sous la forme de la cellule dotée d’une membrane , contenant environ 5000 protéines gouvernées par L’ADN et communiquant par l’intermédiaire de l’ARN. Une fois l’autopoïèse assurée de son existence et la reproduction certaine de son expansion, l’évolution a pu se mettre en marche. Le microcosme terrestre, l’âge des bactéries venait de commencer et il se continue de nos jours. »

Les protocellules sont très simples. Individuellement, elles ont peu de capacités, mais ensemble, elles disposent de bien plus de moyens pour survivre. De leur association naîtra une nouvelle forme cellulaire : la bactérie. En se diversifiant et en se multipliant, les bactéries finiront par coloniser l’ensemble de la surface de la Terre.

« L’essence du vivant est une mémoire, la préservation physique du passé dans le présent. En se reproduisant, les formes de vie relient le passé au présent et enregistrent des messages pour l’avenir. »

« Il ne fait guère de doute que la pellicule planétaire – nous y compris – est autopoïétique. La vie à la surface de la Terre semble se réguler face à une perturbation extérieure, et cela sans aucune considération pour les individus et les espèces qui la composent. Plus de 99 ,99% des espèces apparues sont aujourd’hui éteintes. La pellicule planétaire , avec son armée de cellules, perdure depuis plus de 3milliards d’années. Son fondement passé, présent et futur, c’est le microcosme, des milliards et des milliards de microbes en communication et en évolution. Le monde visible constitue une fraction tardive, hyperdéveloppée, du microcosme. Il fonctionne grâce aux connexions perfectionnées qu’il maintient avec les activités du microcosme. »

Autrement dit, les végétaux, les animaux et les humains sont constitués de microbes. Nous faisons partie du microcosme et nous en sommes dépendants.

« L’idée selon laquelle la nature sans nous serait démunie, est une illusion. Nos activités nous semblent importantes, mais elles ne sont pas grand chose face aux activités de la riche couche d’organismes interdépendants qui forment la surface de la planète. Nous pouvons polluer l’air, l’eau et la Terre, entraîner notre disparition, cela n’aura aucun effet sur la persistance du microcosme. Après notre mort nous retournons à l’humus, nous redevenons bactéries, molécules et atomes qui seront recyclés. Le microcosme continue d’évoluer autour de nous et en nous et il continuera après nous. »

Nous dépendons du microcosme, des virus et des bactéries qui composent notre être. C’est à eux que nous devons la vie. Que leur rendons-nous en retour ? Les considérant comme responsables de certaines maladies, nous ne cessons de chercher à les éliminer avec des antibiotiques, des antiseptiques et bien d’autres produits. Pourtant, chaque fois que vous prenez un antibiotique, vous mettez en péril une partie de votre organisme. Heureusement, les bactéries possèdent une incroyable capacité d’adaptation, leur permettant de neutraliser les toxines ou de développer une résistance aux antibiotiques.

« Détruit 99,99% des bactéries et virus » : vraiment pas de quoi être fier!

Le slogan « détruit 99,99 % des bactéries et virus », fièrement affiché sur les produits des fabricants de détergents, est une véritable aberration.

« On a découvert des microbes fossiles vieux de 3,4 milliards d’années ce qui veut dire que la transition de la matière inanimée à la bactérie a pris moins de temps que la transition de la bactérie aux grands organismes connus. La vie est une compagne de la Terre presque depuis le début. Le lien vital entre la Terre et les organismes qui l’habitent nous met dans l’impossibilité de définir précisément la différence entre la matière vivante et la matière non vivante. »

Les virus et les bactéries existaient bien avant l’apparition de l’homme. Ils n’ont pas été créés pour le détruire. Au contraire, ils en sont des éléments fondamentaux. Les germes pathogènes n’existent pas !

Mais je me laisse emporter par mon enthousiasme. Avant d’affirmer cela, il est nécessaire de vous présenter tous les arguments qui mènent à cette conclusion révolutionnaire. Et croyez-moi, ils sont nombreux. Commençons donc par les protocellules. Que sont-elles réellement ?

Voici ce que Patrick Forterre, biologiste, en dit dans la revue Science & Vie Hors Série n°302, juillet 2022 :

« SVHS : Comment est-on passé de l’inerte au vivant ?

Patrick Forterre, biologiste : Cette question est encore débattue. Selon la théorie actuellement dominante, les molécules organiques utilisées par le vivant ( notamment les acides aminés, constituant les protéines et les lipides – les graisses – qui forment les membranes des cellules ) sont apparues sur Terre, même si certaines d’entre elles ont peut-être été rapportées par des comètes ou des météorites. D’après le chercheur russe Armen Mulkidjanian, auteur d’un article sur ce sujet paru en 2012 dans la revue PNAS, tout se serait joué dans des sources chaudes terrestres riches en potassium [ un minéral indispensable à la vie actuelle, NDLR ]. Ceci expliquerait pourquoi les cellules de tous les organismes contiennent en abondance cet élément rare sur terre et dans les océans. En revanche, on ignore encore comment est apparu le premier métabolisme capable de fournir l’énergie nécessaire à la formation des molécules géantes caractéristiques de la vie actuelle ( protéines, acides nucléiques, etc.).

SVHS:A quoi ressemblait le premier être vivant ?

P.F. : Il s’agissait sans doute de cellules rudimentaires, ou protocellules : des vésicules entourées d’une membrane lipidique et capables d’un métabolisme primitif fournissant le minimum d’énergie nécessaire à leur stabilité et à leur croissance. En laboratoire, il est relativement facile d’obtenir de telles structures à partir de composants chimiques simples ( peptides, minéraux, etc.).Une étape-clé dans l’évolution de ces protocellules a été l’apparition de macromolécules capables de porter et de transmettre une information génétique. La plus ancienne connue à ce jour est l’acide ribonucléique (ARN), une molécule génétique plus simple que l’ADN. L’ARN est capable non seulement de porter une information génétique, mais il peut également catalyser des réactions chimiques. Il est alors appelé ribozyme, par analogie avec les enzymes classiques, qui sont, elles des protéines. Une étude japonaise publiée en mars 2022 dans le journal Science Advances a confirmé que l’ARN peut évoluer par lui-même pour former des molécules de plus en plus complexes… comme lors du processus d’évolution décrit par le biologiste britannique Charles Darwin. Reste que pour l’instant, on ne sait pas comment les briques complexes qui forment l’ARN, les ribonucléotides, sont apparues au sein des protocellules. Elles sont en effet très difficiles à obtenir en laboratoire par des méthodes non biologiques… »

L’étude détaillée des protocellules va nous permettre de découvrir les propriétés des virus et des bactéries.

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