Archives de catégorie : L’évolution

De l’utilité des virus et des bactéries.

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Evolution ou la fabuleuse odyssée des microbes.

7 – De l’utilité des bactéries et des virus.

Si vous avez lu les précédents articles sur l’évolution et les microbes, vous devez normalement commencer à changer votre point de vue sur les microbes.

Pour achever de vous convaincre de l’utilité des microbes et de leur non dangerosité, voici de nouveaux arguments qui vont dans ce sens.

Cicatrisation des plaies.

Jusqu’aux années 1980, on pensait que pour diminuer les risques d’infection d’une plaie, il fallait la garder la plus sèche possible. On sait maintenant que les pansements fermés, créant un milieu humide, favorisent la cicatrisation, qui est initiée par la présence de bactéries.

La bactérie de la lèpre régénère le foie ! (article de la revue Néosanté N°130)

Découverte étonnante de chercheurs écossais et américains : la bactérie Mycobacterium leprae qui, comme son nom l’indique, est tenue pour responsable de la lèpre, a la propriété de régénérer le foie ! Les scientifiques ont vérifié ce fait en infectant des tatous, mammifères qui hébergent naturellement le microbe sans en souffrir, et en comparant leurs glandes hépatiques avec celles d’un groupe témoin : les animaux infectés développaient un foie plus sain et plus volumineux que leurs congénères « non lépreux ». Selon les auteurs de l’étude parue dans Cell Reports Medicine, le bacille de la lèpre agirait en « reprogrammant » les hépatocytes jusqu’à les ramener au stade de cellules souches.

La lèpre ne serait pas une maladie contagieuse, mais une intoxication par des substances toxiques comme le mercure, l’arsenic qui étaient très utilisés autrefois,, même comme remèdes pour certaines maladies. Le foie est un organe central du métabolisme et de la détoxication. Il assure des fonctions vitales, biochimiquement complexes, indispensables au maintien de l’homéostasie. La bactérie intervient pour stimuler le foie et augmenter la détoxication. Quand la médecine décèle la présence d’une bactérie ou d’un virus chez un malade, elle déclare le micro-organisme responsable de tous les symptômes, sans chercher d’autres explications. Dans le cas de la lèpre le bacille n’est là que pour renforcer le foie. Tous les autres symptômes sont dus à l’intoxication du corps par des substances chimiques et par le stress chronique.

Article Science&vie N° 1224 septembre 2019 :

« Une bactérie dope l’effort des marathoniens ».

« Si les marathoniens sont aussi endurants, c’est en partie grâce à leurs bactéries intestinales. C’est ce qu’ont montré des généticiens américains en étudiant les selles de dix coureurs et en observant, après l’épreuve, une augmentation du nombre de certaines bactéries, les Veillonella. Une expérience a ensuite montré que les souris qui ingurgitaient ces bactéries, en particulier la souche Veillonella atypica, se mettaient à courir 13% plus longtemps ! D’autres tests ont révélé les mécanismes derrière ce phénomène : durant l’effort, de l’acide lactique ( molécule responsable des crampes ) passe dans les intestins, où il nourrit Veillonella atypica qui se multiplie et, en retour, produit du propionate, une molécule qui accélère le métabolisme et le rythme cardiaque… favorisant ainsi les performances sportives. « On peut imaginer, à l’avenir, proposer aux sportifs des probiotiques contenant cette bactérie », avance Philippe Langella, microbiologiste à l’INRA ».

Le Covid-19, un assaillant des tumeurs cancéreuses ?

Une étude révèle que le Covid-19 peut réduire les tumeurs cancéreuses. La présence du SARS-CoV-2 modifie l’action des monocytes, rendant la lutte contre le cancer plus efficace.

Le Covid-19 : un nouvel allié contre le cancer ?

L’adversaire public numéro un de l’année 2020, le Covid-19, pourrait se révéler être un allié inattendu dans la lutte contre le cancer. Une étude récente a démontré la capacité du virus à réduire la taille des tumeurs cancéreuses.

Cette recherche, menée à l’Institut Thoracique Canning de Northwestern Medicine, a observé que certains patients atteints de cancer et gravement malades du Covid-19 voyaient leurs tumeurs rétrécir ou leur croissance ralentir. Le Dr Ankit Bharat, chef de la chirurgie thoracique à l’Université Northwestern, explique : « Nous ne savions pas si c’était réel, car ces patients étaient très malades. » Pour comprendre ce phénomène, une étude a été lancée.

Le rôle déterminant du SARS-CoV-2 sur les monocytes

L’équipe du Dr Bharat a découvert que la présence du SARS-CoV-2 modifiait le comportement des monocytes, des cellules immunitaires qui alertent le reste du système immunitaire en cas de détection de cellules étrangères. Or, les cellules cancéreuses parviennent parfois à « tromper » ces monocytes et à s’en servir pour se protéger du système immunitaire. En présence du SARS-CoV-2, cet effet protecteur est modifié, permettant potentiellement au système immunitaire de détecter et de combattre le cancer plus efficacement.

Les chercheurs ont également découvert que l’ARN du Covid-19 déclenche la formation d’une cellule immunitaire unique capable de lutter contre le cancer. C’est incroyable, et une grande surprise, que la même infection qui a causé tant de dévastation puisse aider à créer une cellule qui combat le cancer », s’émerveille le Dr Bharat. Le SRAS COV 2 n’est pas responsable de la pandémie, comme je le démontrerai dans un prochain article.

L’idée n’est pas nouvelle : les virus anticancer

Dans l’Oncologie, on étudie depuis longtemps les virus oncolytiques.

Exemples :

  • Talimogene laherparepvec (virus de l’herpès modifié) utilisé contre certains mélanomes
  • virus de la rougeole modifié
  • virus de la stomatite vésiculeuse

L’hypothèse est que certains virus peuvent :

  1. infecter préférentiellement les cellules tumorales,
  2. les détruire directement,
  3. stimuler l’immunité antitumorale.

Certains auteurs suggèrent que le SARS‑CoV‑2 pourrait théoriquement avoir des propriétés similaires dans certains contextes cellulaires.

« A la maternelle, l’accès à la biodiversité renforce l’immunité. »

« Laissez les tout-petits jouer avec la terre ! En introduisant dans des cours d’écoles maternelles urbaines du couvert forestier, du gazon, des jardinières et des tas de tourbe, une équipe finlandaise a constaté, au bout d’un mois, un renforcement et une diversification du microbiote de la peau et de l’intestin des enfants. Des prises de sang ont révélé une meilleure régulation des défenses immunitaires : pour prévenir les maladies auto-immunes et les allergies, ces résultats renforcent l’hypothèse de l’importance d’un accès à la biodiversité. Sciences Advances, Nov 2020 .

Microbes et lait maternel

Pendant longtemps, le lait de mère a été considéré comme stérile et la présence de bactéries comme le résultat de mauvaises conditions d’hygiène. Depuis les années 2000, on sait cependant que le lait maternel est un aliment symbiotique hébergeant de nombreuses souches bactériennes jouant un rôle dans la prévention des infections néonatales. Des chercheurs italiens viennent de publier dans l’European Journal of Pediatry une étude sur la composition de ce microbiome : il abriterait aussi de nombreux virus et champignons et contiendrait plus de 1300 espèces !

Le lait de vache

Le lait de vache cru est lui aussi peuplé de bactéries. Voici un petite histoire que j’ai trouvée dans le livre « Foutez-nous la paix ! » de Isabelle Saporta. Un paysan, élève des vaches pour la fabrication d’un excellent fromage, le Beaufort. Pour fabriquer son fromage, il utilise l’eau d’une source. Un contrôleur sanitaire passe, verbalise l’éleveur car il utilise de l’eau de source et lui ordonne de n’utiliser que l’eau du robinet pour faire ses fromages. Le paysan obtempère mais, catastrophe, en suivant les conseils du contrôleur, il n’arrive plus à faire de fromages. « Comme s’il n’y avait plus de ferments dans mon lait » dit-il. Il fait le lien avec l’eau et décide de réutiliser l’eau de la source avec succès. L’eau du robinet est tellement chlorée qu’elle détruit les bactéries du lait. Pas de bactéries, pas de fromage !

Le Roquefort au lait cru.

Histoire tirée du même livre.Le lait cru est considéré comme potentiellement dangereux : une bombe bactériologique. De nombreux contrôles bactériologiques sont faits sur le fromage Roquefort. Pas de chance pour un petit producteur, le contrôle est positif. Un retrait-rappel de sa production est décidé. Cest passé au journal télévisé à 20 heures. Finalement, beaucoup de bruit pour rien. Les fromages en question avaient été commercialisés entre le 1er juin et le 12 juillet. Or le retrait-rappel a été fait en fanfare le 12 juillet ! « Autant dire que la majeure partie des fromages avait déjà été mangée depuis belle lurette sans qu’aucun amateur de Roquefort n’ait été déclaré mort au champ d’honneur du lait cru ! »

Ceci n’est pas surprenant puisque les bactéries pathogènes n’existent pas. Avant l’instauration de ces contrôles bactériologiques, il n’y avait pas de problèmes, les soi-disant contaminations étaient inexistantes. Tous les amateurs se régalaient de ces fromages au bon lait cru qui sont largement supérieurs aux fromages insipides fabriqués avec du lait pasteurisé. Il faut soutenir ces petits producteurs de terroirs. Oui foutez-leur la paix !

Le lait produit par l’agriculture productiviste ne peut plus être dit naturel. C’est un produit ultra-transformé : ce lait est pasteurisé et les vaches qui le produisent ont très souvent une alimentation artificielle ( ajouts de compléments).

Je me rappelle quand j’étais gamin, j’allais en vacances à la ferme chez mon oncle. Il m’arrivait de boire du lait encore chaud, tout juste sorti du pis de la vache, sans aucune conséquence sur ma santé.

Poulets et salmonelles.

Toujours extrait du livre d’Isabelle Saporta, un autre exemple de la phobie microbienne concernant les élevages de poulets et les contraintes sanitaires.

« En fait, ces nouvelles contraintes découlent directement d’analyses régulièrement menées par l’agence sanitaire européenne, l’EFSA, sur la recrudescence de salmonelles dans les élevages avicoles. Et notamment celles de 2008 menées dans 26 pays européens qui montraient que « 22 etats membres avaient signalé la présence de Salmonella dans les carcasses de poulet qu’ils avaient analysées. En moyenne, 15,7% des carcasses examinées étaient contaminées, bien que les chiffres varient considérablement d’un Etat membre à un autre.

Ii était donc urgent de mettre aussi au pas les petits élevages. Et ce, alors même que toutes les études menées par ce même organisme sanitaire prouvaient que ces derniers résistaient bien mieux aux salmonelles que les industriels.

Il existe environ 2500 souches de salmonelles, et deux sont particulièrement virulentes, Salmonella enteritidis et Salmonella typhimurium. Or, là encore, les conclusions de l’agence sanitaire européenne sont claires : « La production en cage et en élevage intensif est associée à un risque accru de présence de ces deux salmonelles par rapport à des productions en plein air ou bio où ce risque est bien plus bas. »

Décodage : il n’y a quasiment pas de salmonelles sur les poulets plein air. Et en plus quand il y en a, ce ne sont pas les deux considérées comme mauvaises.

Et, qu’est-ce qu’on fait pour fêter ça ? Le ministère de l’agriculture communique largement pour nous dire de nous régaler de bons œufs de poules qui gambadent et de poulets élevés en plein air, quitte à en manger moins souvent ?

Non. On a décidé d’assommer ces éleveurs sous de nouvelles contraintes.

Beaucoup de petits producteurs ont d’ailleurs choisi de jeter l’éponge tant ils se sentaient incapables de rentrer dans ce qu’ils nomment « le cercle de la terreur ».

Essayons de comprendre. Dans les élevages industriels, les poulets ne peuvent pas bouger suffisemment, ils subissent un stress permanent, leur alimentation est artificielle, ils reçoivent souvent divers médicaments. Tout cela fait que les cellules de ces oiseaux ont du mal à survivre dans un milieu aussi pollué. Des bactéries comme la salmonelle apparaissent non pas comme pathogènes, mais comme aide pour assainir le milieu extra-cellulaire. La présence des bactéries n’est pas du à un problème d’hygiène, mais à un problème d’empoisonnement des oiseaux.

Les symptômes de la salmonellose décrits par les vétérinaires sont Diarrhée, abattement, anorexie, retard de croissance, mortalités élevées (surtout chez les jeunes). On a ici une erreur couramment faite par la médecine qui est d’attribuer tous les symptômes à la bactérie. Dans le cas de la salmonellose, l’abattement, l’anorexie, le retard de croissance sont dus aux mauvaises conditions de vie des volailles. La salmonelle n’est responsable que de la diarrhée qui, elle, est destinée à éliminer les toxines accumulées dans le corps des volailles. Les deux salmonelles dites les plus virulentes, donc les plus efficaces dans leur rôle de détoxification n’apparaissent que dans les exploitations intensives.

Mais si l’intoxication est trop importante, la diarrhée n’est pas suffisante pour empêcher la mort.

Les poulets industriels doivent être considérés comme des aliments ultra transformés, donc nocifs pour notre santé.

Cela me fait penser au problème de la grippe aviaire et aux massacres perpétués par les vétérinaires. Le virus de la grippe aviaire apparaît dans les élevages intensifs pour les mêmes raisons : les volailles sont empoisonnées par des médicaments, une alimentation dénaturée et un stress intensif. Je démontrerai que les maladies dites infectieuses sont en fait des tentatives de nettoyage des organismes intoxiqués..

Sauve qui peut : les microbes tombent du ciel ! Revue Néosanté N°77.

Il y a des microbes partout : dans le sol, dans l’eau, dans l’air, mais aussi très haut dans l’atmosphère. Par le phénomène d’« aérosolisation », les virus et les bactéries peuvent en effet s’envoler vers le ciel et retomber beaucoup plus loin sur terre. Mais combien de ces micro-organismes sont-ils ainsi précipités sur le plancher des vaches (et des humains) ? C’est ce qu’a voulu savoir une équipe de chercheurs américains, canadiens et espagnols. Ces scientifiques se sont intéressés à ce qui se passait entre 2.500 et 3.000 mètres d’altitude, juste au-dessus de la couche limite atmosphérique, la zone de la troposphère la plus proche du sol. Ils ont trouvé que, chaque jour, un mètre carré de surface reçoit des milliards de virus et des dizaines de millions de bactéries. Parue dans le journal ISME (International Society for Microbial Ecology), leur étude indique plus précisément que le nombre de virus atterrissant par jour et par mètre carré varie entre 260 millions et sept milliards, le taux de dépôt viral étant 9 à 461 fois plus élevé que celui des bactéries. Quotidiennement, nous sommes donc « bombardés » par des myriades de microbes ! En fait, on savait déjà qu’il pleuvait des virus. De précédentes recherches menées par le Service des Forêts des États-Unis avaient établi qu’environ un billion (un million de millions) d’agents viraux immigraient ainsi illégalement chaque année sur chaque mètre carré du territoire américain. Ce que montre cette nouvelle étude, c’est que leur nombre était largement sous estimé. L’analyse de la manne céleste a été menée dans la Sierra Nevada, en Espagne. L’intérêt de cette chaîne de montagnes est d’être particulièrement exposée aux mouvements de poussières en provenance du Sahara, mais aussi aux brumes océaniques. Les chercheurs ont ainsi pu mesurer que la plupart des virus redéposés sur terre via l’atmosphère provenaient en réalité des embruns, ces fines gouttelettes d’eau de mer projetées dans l’air lorsque celle-ci est agitée. L’étude montre également que les averses de pluie apportent surtout des bactéries et les vents de sable des virus. Last but not least, le travail scientifique éclaire le mystère de la présence, un peu partout dans le monde, de virus génétiquement très similaires se trouvant pourtant dans des environnements très différents. L’importance des transports atmosphériques de virus clandestins explique probablement le phénomène, et il est tout à fait concevable qu’un virus s’envole d’un continent pour atterrir sur un autre. L’exode aérien des passagers microscopiques se joue des distances et des frontières ! Mais que fait donc la police ? Comment cette terrible nouvelle a-t-elle été accueillie par les académies de médecine et les autorités de santé ? Jusqu’à présent, elles n’ont pas réagi et n’ont donc pas conseillé la construction d’un dôme géant ou le déploie ment d’un parapluie planétaire pour nous protéger des assaillants. Pas trace non plus d’un projet de pasteuriser les océans et les déserts pour traiter le problème à la source. Est-ce parce que les conclusions de l’étude leur ont coupé la chique ? Les cher cheurs formulent en effet l’hypothèse que les virus survivant au voyage atmosphérique auraient pour fonction d’ensemencer les écosystèmes dans lesquels ils échouent. Ils s’appuient sur de récentes découvertes attribuant aux virus un rôle clé dans la régulation du carbone et sur d’autres travaux postulant que la transhumance virale servirait à détruire les bactéries nocives pour l’homme. Décidément, après toutes les révélations de la science sur les missions salutaires du microbiote, le temps se gâte pour la religion pasteurienne et sa phobie des microbes. »

Le rôle des virus.

En lisant cet article de la revue Néosanté sur les virus voyageurs, une idée m’est venue. Nous savons que les bactéries hébergent des virus qui les aident à s’améliorer. Ces virus itinérants sont un vecteur essentiel pour le microcosme, dont nous faisons partie, permettant la transmission d’informations à toutes les populations bactériennes. Ainsi, elles acquièrent des stratégies pour s’adapter à de nouvelles conditions environnementales, y compris au sein des organismes humains.

Cette étude nous montre que nous vivons en permanence au contact de milliards de bactéries et virus qui sont tous inoffensifs. Je mets juste une réserve à propos de l’étude qui dit que les virus détruiraient les bactéries nocives pour deux raisons : il n’y a pas de bactéries nocives pour l’homme comme vous le savez maintenant et parce que les virus sont des éléments des bactéries.

Conclusion.

A travers ces 7 articles, je voulais démontrer le rôle essentiel des microbes pour maintenir la vie aussi bien chez les végétaux, les animaux que les humains. Pas de microbes, pas de vie.

Les articles suivants seront consacrés à l’étude des maladies

Evolution et Antoine Béchamp.

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Evolution ou la fabuleuse odyssée des microbes.

6 – Les découvertes d’Antoine Béchamp.

Les cinq articles précédents sur l’évolution ont démontré le rôle essentiel des microbes dans l’apparition et le maintien de la vie sur notre planète Terre. J’en suis arrivé à la conclusion que la théorie pasteurienne des germes pathogènes est dénuée de fondement.

Je ne suis pas le seul à dire cela. Antoine Béchamp, médecin, chimiste, pharmacien et professeur, dans son livre paru en 1883 présente sa théorie des microzymas qui invalide la théorie des germes pathogènes.

Antoine Béchamp avait raison, mais malheureusement il s’est heurté à Louis Pasteur, qui a tout fait pour le discréditer. Je vous invite vivement à lire le livre d’Antoine Béchamp, Les Microzymas. Vous y découvrirez la rigueur et l’honnêteté d’un chercheur passionné, qui préférait son laboratoire aux mondanités, contrairement à Louis Pasteur. Vous constaterez également que ce dernier a employé des méthodes pour le moins discutables afin de discréditer la théorie de Béchamp au profit de la sienne.

En confirmant la théorie de Pasteur, la science et la médecine se sont lourdement trompées et nous en subissons toujours les conséquences.

La théorie de Louis Pasteur a égaré la médecine depuis plus de 140 ans. La chasse obstinée aux microbes est une hérésie. Ils ne sont en rien responsables de nos malheurs.

Si le premier des deux savants, Antoine Béchamp, vous évoque peu de souvenirs, vous pensez probablement bien connaître Louis Pasteur. Cependant, je dis bien : vous pensez connaître, car l’image stéréotypée que l’on nous transmet depuis l’enfance pourrait en réalité être très éloignée de la vérité.

A ce sujet, le livre du Dr Lutaud « Etude sur la rage et la méthode Pasteur », édité en 1881, est une mine de révélations encore aujourd’hui contrôlables.

Le Dr Philippe Decourt explique brièvement l’injustice de l’histoire. Je cite :

« L’histoire a été falsifiée dès le début ; les falsifications se sont répétées de livre en livre,, sans que les historiens s’en aperçoivent. Tous les auteurs, négligeant les travaux des autres scientifiques de l’époque, et particulièrement ceux de Béchamp et de ses collaborateurs, se sont contentés des affirmations de Pasteur et de sa famille. Avec Béchamp, on voit surgir un très grand savant inconnu. L’histoire est extraordinaire : la façon dont Pasteur s’est attribué les mérites de ses adversaires et leur a, par contre, attribué ses propres erreurs dépasse tout ce que l’on peut imaginer. »

Dans sa thèse de Doctorat éditée chez Maloine sous le titre : « Antoine Béchamp – l’homme et le savant, originalité et fécondité de son œuvre », le Dr Marie Nonclercq pharmacien apporte de nombreux arguments pour rétablir la vérité concernant Antoine Béchamp et Louis Pasteur

Pourquoi le nom même de Béchamp demeure-t-il pratiquement inconnu ? A cause de l’ombre et du discrédit jetés sur ses travaux, repris à l’envers par un Louis Pasteur à la fois opportuniste, très habile propagandiste et plagiaire de talent.

Après ce rappel de quelques vérités cachées, passons à l’étude de la théorie d’Antoine Béchamp.

Antoine Béchamp (1816 – 1908 )

Ce qui suit est extrait du livre d’Antoine Béchamp « Les microzymas » édité pour la première fois en 1883 et réédité par le Centre International d’Études A. Béchamp en 1990. C’est un gros pavé de 1000 pages passionnant. Antoine Béchamp dans ces recherches fait preuve d’une rigueur scientifique irréprochable. Ses découvertes divergent de la théorie des germes pathogènes de Louis Pasteur (1822 – 1895).

Voici un résumé des découvertes de Monsieur Béchamp. Ce sont des extraits de son livre.

« La découverte des microzymas, considérés comme une nouvelle catégorie d’êtres organisés, a été fertile en conséquences théoriques et pratiques d’une importance considérable. C’est elle qui, lorsque j’eus constaté que les microzymas de la craie, ceux du lait, aussi bien que ceux de l’atmosphère peuvent, par évolution, devenir bactéries, nous a permis à M. Estor et à moi, de démontrer que les granulations moléculaires des cellules, des tissus et des humeurs sont, non pas des des granulations amorphes, graisseuses ou autres, mais bien des formes réellement vivantes et organisées. Bref, de cette simple constatation il découlait que les organismes vivants, même les plus élevés dans la série des êtres, recèlent la vie dans une partie quelconque détachée de cet être ».

« La cellule ne peut pas être l’unité vitale, la forme organisée vivante per se que la philosophie réclame quand elle veut sortir du vague et de l’indéterminé, lequel, comme l’a dit Cl. Bernard, n’est pas scientifique, car la cellule est un élément anatomique essentiellement transitoire et, de plus, un organisme déjà composé : la simplicité, l’irréductibilité, la stabilité manquent ».

« L’unité vitale, irréductible, physiologiquement indestructible dont la cellule même est formée, n’est autre que le microzyma. Il est la forme vivante , réduite à sa plus simple expression, ayant la vie en soi, sans laquelle la vie ne se manifeste nulle part».

« Dans toutes les cellules animales examinées, il existe des granulations normales constantes, nécessaires que j’ai appelé microzymas ».

« A l’état physiologique, ces microzymas conservent la forme apparente d’une sphère.

En dehors de l’économie, sans l’intervention d’aucun germe étranger, les microzymas perdent leur forme normale ; ils commencent par s’associer en chapelet, ce dont on a fait un genre à part sous le nom de torula ; plus tard, ils s’allongent de manière à représenter des bactéries isolées ou associées ».

Mon commentaire: nous voyons décrit ici une étape de l’évolution, le passage des protocellules, appelées microzymas par Antoine Béchamp, à la cellule bactérienne.

« Certains font l’erreur, apercevant enfin les microzymas dans les tissus devenus malades, les prennent invariablement pour des parasites dont on a fait des genres et des espèces. Le microzyma n’est pas étranger dans l’organisme vivant ; au contraire, c’est en lui que se trouvent concentrées la vie et l’activité de chaque centre vivant dans cet organisme, chacun selon le but qu’il doit atteindre ».

« Il n’y a pas, primitivement, originellement, de germes de véritables maladies : variole, syplilis, fièvre thyphoïde, charbon, etc., dans l’air. On n’en a jamais démontré l’existence. Dans l’air, il y a des microzymas ».

« Oui, mes recherches affirment que la vie est quelque chose de très déterminé, qui est indissolublement uni à une forme matérielle définie, qui est le microzyma ; elle se manifeste dans les êtres organisés, par les fonctions histogéniques, physiologiques et chimiques de ces microzymas, chacun selon sa destination ».

« Le microzyma est avant l’ovule, et l’ovule, avant le germe, contient déjà des microzymas ; or les microzymas, étant réels, structurés et vivants, y sont ce qu’ils doivent être, dans chaque espèce, pour y édifier successivement tous les organes avec tout leur devenir ».

« On retrouve les microzymas à l’origine de tous les êtres vivants et après leur totale destruction physiologique ».

« La matière que nous appelons organique n’est pas organique par essence, mais qu’elle est minérale par les corps simples qui la constituent et la composent ; qu’il y a un lien de subordination rattachant les animaux aux végétaux, ceux-ci étant le laboratoire dans lequel la matière minérale devient matière organique, pour de là passer immédiatement ou médiatement dans les animaux ».

« Les microzymas sont des ferments d’une rare puissance.Ils sont organisés dans le sens de structure. Ils peuvent, dans certaines conditions, évoluer physiologiquement pour engendrer d’autres organismes, et , dans d’autres conditions, ils peuvent reconstituer des cellules ».

« La nature essentielle des granulations moléculaires atmosphériques est la même que celle des granulations moléculaires des tissus végétaux et des tissus animaux.

Il existe des microzymas atmosphériques et géologiques et il existe des microzymas physiologiques ».

« Les microzymas composent la majeure partie, la très grande partie des corpuscules organisés de l’atmosphère, et que, selon les milieux où ils sont forcés de vivre, ils produisent les organismes que nous appelons ferments ».

« Les microzymas sont des êtres vivants parce qu’ils opèrent par eux-mêmes, des actions chimiques de fermentation ».

« Le microzyma atmosphérique ou géologique se convertit en bactérie, avec plusieurs formes intermédiaires. Le milieu a une grande influence sur l’apparition de telle ou telle forme de l’évolution du microzyma ; il y en a une infinité d’espèces quant à la fonction. Selon le milieu, le microzyma peut produire des cellules au lieu de bactéries, de véritables microphytes celluleux et des moisissures ».

« Les microzymas végétaux peuvent aussi aisément produire des bactéries ».

« Les bactéries peuvent se développer dans un milieu acide, pouvant rester acide ou devenir alcalin, aussi bien que dans un milieu absolument neutre ou restant neutre. Les bactéries ont une faculté d’adaptation très développée ».

« Certains microzymas n’évoluent aisément, pour produire des bactéries, que dans des milieux neutres ou légèrement alcalin. Il en est d’autres qui se développent très bien en milieu acide ».

« Des bactéries peuvent apparaître dans un tissu sans qu’on puisse admettre que la cause productrice y a pénétré de l’extérieur, c’est à dire a pour origine les germes de l’air ».

« L’évolution des microzymas des cellules des animaux : sous certaines conditions , ils se groupent deux à deux ou en plus grand nombre , puis s’allongent légèrement , enfin davantage, de manière à représenter de vraies bactéries ».

« Au lieu de soutenir qu’une affection observée a eu pour origine et pour cause l’introduction dans l’organisme et l’action consécutive de germes étrangers, on doit affirmer qu’on n’a affaire qu’à une déviation du fonctionnement des microzymas, déviation indiquée par le changement qui s’est opéré dans leur forme ».

« Les microzymas produisent les bactéries et vibrions par évolution et produisent les cellules par construction. La fin physiologique d’une cellule , c’est sa dissolution, sa régression, son retour aux microzymas formateurs : quand la cellule se détruit, les microzymas restent. Il en est de même des bactériens, quand la bactérie disparaît, les microzymas reparaissent ».

« Il y a des microzymas qui peuvent persévérer et vivre sans évoluer : il faut certaines circonstances déterminées pour qu’un microzyma donné parvienne à évoluer en bactérie ».

« Lorsqu’un animal meurt, quelque chose de vivant, au sens chimique, persiste dans le cadavre : le microzyma et ceci indépendamment des germes de l’air ».

« Les tissus de tous les êtres vivants, depuis l’arbre le plus grand jusqu’à la plus infime moisissure, depuis l’homme jusqu’au plus humble animal, recèlent des microzymas pouvant, par évolution, produire des bactéries ».

« Les microzymas n’ont pas, à tous les âges d’un même être, la même aptitude à évoluer en bactéries : les microzymas de l’oeuf évoluent difficilement et Mr J. Béchamp a démontré qu’il en était de même, dans l’état fœtal, des microzymas de certains centres organiques ».

« La bactérie ne nait pas tout d’une pièce du microzyma générateur ; au contraire, elle est précédée de certaines formes ou le microzyma est toujours reconnaissable ; c’est ce que j’ai appelé les microzymas associés à deux ou plusieurs grains, en chapelet de grains, ce dont on a fait des genres et des espèces sous diverses dénominations. Et nous avons vu qu’il peut arriver que les microzymas se multiplient après la mort de l’individu ou de l’organe qui les contient ; et si la multiplication se fait dans une macération, ils peuvent se réunir en formant une sorte de membrane où l’on peut voir tous les degrés de leur évolution jusqu’à la bactérie, le vibriob, etc ».

Mon commentaire : on retrouve là les différentes formes de protocellules, virus, plasmides, réplicons, viroïdes, obélisques qui sont les formes de microzymas associés.

« Les microzymas du sang sont d’espèce spéciale. Le sang est un mélange extrêmement variable, un produit de l’organisme dans lequel retentissent toutes les vicissitudes de la nutrition et des conditions diverses auxquelles un organisme peut être soumis. Et ces considérations ont une importance majeure en pathologie : il peut se faire que les microzymas du sang soient placés, pendant la vie, dans des conditions telles qu’ils évoluent pour donner des bactéries dans les vaisseaux mêmes, ce qui coïncide sans doute avec un changement de fonction ».

« Il y a des microzymas dans l’œuf ; ils sont rares dans le blanc, innombrables dans le jaune ».

« Les tissus et les liquides de l’organisme recèlent tous, sans exception, des granulations moléculaires de l’ordre des microzymas ; et ces microzymas, avec des aptitudes inégales, sont capables de produire des vibrions ».

« L’appellation de germe n’est pas applicable aux microzymas ; ils ne sont pas quelque chose comme des œufs , des ovules de vibrions ou de bactéries ayant besoin de la fécondation pour se multiplier. Ils sont vivants ».

« Tout ferment soluble suppose un ferment organisé(cellules analogues à celles de la levure, bactérie, microzyma) qui l’engendre ».

« Une zymase, ou ferment soluble,est toujours le produit de l’activité d’une cellule ou d’un groupe de cellules vivantes ».

« Les ferments organisés ont deux fonctions : une fonction chimique qui s’exerce au dehors par leur zymase et une fonction de nutrition ».

« Sans la notion que la fermentation est un acte physiologique de nutrition, rien de tout cela ne serait compréhensible. Or, un acte de nutrition suppose la pénétration, l’absorption de l’aliment dans l’intimité de cet organisme, homme ou simple cellule de levure, végétal ou simple moisissure, même réduite au microzyma ».

« C’est entre six et sept mois de la vie intra-utérine que les microzymas des glandes commencent à prendre la fonction qu’ils manifestent chez l’adulte ».

« De même que ‘air n’est pour rien dans la naissance des bactéries que les tissus ou organes peuvent laisser apparaître, de même aussi il n’est pour rien dans les phénomènes physiques qui se manifestent corrélativement. Vous devez aussi conclure de ces faits que les bactéries possèdent la même activité transformatrice que les microzymas des tissus dont elles sont issues ».

Mon commentaire : les bactéries trouvées dans nos corps sont d’origine endogène, elles ne viennent pas de l’air extérieur. Autrement dit, il n’y a pas de contamination. Les maladies contagieuses n’existent pas. Si des personnes sont atteintes de la même maladie, c’est parce qu’elles se trouvent dans les mêmes conditions favorisant cette maladie. Le diabète est en constante augmentation, pourtant ce n’est pas une maladie contagieuse : elle n’apparait que dans certaines conditions. C’est exactement la même chose pour les maladies dites infectieuses.

« Vous le voyez, soit que l’on étudie les microzymas absolument isolés, ou dans les organes mêmes qui les contiennent, ils possèdent ou ne possèdent pas certaines activités chimiques qu’ils doivent à la zymase qu’ils sont capables de produire et de secréter. Toutefois, l’activité chimique qu’ils peuvent manifester, grâce à cette zymase, n’est ni la seule ni la plus importante. Ils en possèdent une autre, bien plus générale qui, sans doute, quand on considère les produits nouveaux de transformation qui apparaissent sous leur influence, est chimique aussi, mais leur essence est d’ordre physiologique. Cette autre activité est corrélative du phénomène de nutrition s’accomplissant dans l’intimité de leur être, de leur corps cellulaire ».

« Il faut faire la différence entre les transformations que les ferments organisés opèrent par leurs zymases et celles qui sont le résultat de la nutrition. Cette différence, on peut l’exprimer en disant que la nutrition s’accompagne de réactions qui détruisent, ou modifient profondément, la matière nutritive ou fermentescible, pour produire des combinaisons qui n’ont plus que des relations très éloignées avec elle, tandis que cette relation est bien plus simple quand on ne considère que la fonction zymasique du ferment organisé ».

« Et pour les ferments figurés, dans cette phase de leur activité, les choses se passent comme pour les animaux. Vous avez vu que ceux-ci produisent de l’alcool, de l’acide acétique dans leurs tissus ; et lorsqu’on considère les produits qu’ils éliminent en même temps, l’eau, l’acide carbonique, l’urée, etc.,on trouve pareillement que ces composés ne présentent plrs aucun rapport de composition avec les aliments divers dont ils proviennent et que les animaux ont ingérés et absorbés. Ici aussi il y a équation entre ce qui est absorbé et ce qui est rendu ou éliminé, seulement vu la variabilité du phénomène, cette équation ne peut pas non plus être mathématiquement représentée en général ».

« L’alcool se forme donc normalement dans l’organisme animal dans des milieux où le sang porteur d’oxygène circule sans cesse et malgré cet oxygène. Le mécanisme de la fermentation est donc le même après la mort que pendant la vie, malgré l’évolution des microzymas en bactéries. Il n’y a rien d’étonnant, puisque la bactérie n’est qu’un état, souvent transitoire du microzyma, et que, comme nous l’avons vu à propos des fermentations par organismes buccaux, elle possède la même fonction que les microzymas dont elle procède ; rappelez-vous en effet que les microzymas buccaux saccharifient l’empois et que les bactéries qui en proviennent sont douées de la même faculté ».

« La cellule est un agrégat d’un nombre infini de petits êtres, ayant une vie indépendante, une histoire naturelle à part. Cette histoire naturelle, nous l’avons faite tout entière. Nous avons vu les microzymas des cellules animales s’associer deux à deux, ou en plus grand nombre, s’allonger jusqu’à devenir des bactéries ou même des bactéridies. Nous avons vu des bactéridies très longues ( sorte de mycélium ) un peu plus larges, et, dans les tubes qu’elles représentaient, des granulations qui n’attendaient qu’un milieu favorable pour renouveler la série des phénomènes observés. Et pendant toute cette évolution nous avons démontré que les microzymas sont personnellement des ferments ».

« La cellule ne meurt pas tout entière, il reste les microzymas ».

« Ce qu’il faut dire, c’est que selon les conditions où il est placé, selon la nourriture qu’on lui donne et qu’il puisse consommer, un organisme, ferment ou autre, produit, manifeste des phénomènes différents. Lorsque le Penicillum végète dans l’air, il est dans la situation d’un végétal quelconque ; lorsqu’il est plongé dans le sucre, il produit de l’alcool, parce que les microzymas changent de fonction ».

«  Après la mort d’un animal, les cellules animales périssent bien vite et disparaissent, pour ne laisser d’autre trace de leur existence que les microzymas. Ce ne sont donc pas elles qui agissent après la mort ».

Mon commentaire : les cellules sont bien formées de l’association de nombreux microzymas ou protocellules.

« Toute l’activité du tissu d’une glande comme le pancréas est concentrée dans les microzymas ».

« La fonction du pancréas, telle qu’on la constate chez l’adulte, ne s’établit donc que peu à peu,et l’activité propre des microzymas dans la glande, comme dans les autres centres organiques, est le résultat d’une sorte de maturation, d’évolution fonctionnelle, qui témoigne de la spontanéité de l’organisme en même temps que du changement de fonction de ses éléments histologiques fondamentaux : les microzymas ».

« Les microzymas sont générateurs de bactéries par évolution ; ils exercent aussi une fonction chimique par la zymase qu’ils peuvent sécréter ; et également une fonction de nutrition en vertu de laquelle ils opèrent des transformations profondes de la matiére fermentescible d’où naissent l’alcool, l’acide acétique et, dans certaines circonstances, l’acide lactique, l’acide butyrique et d’autres produits plus ou moins nombreux. Cet alcool, ces acides, etc. sont dits des produits de fermentation ; en réalité, ils sont des produits de désassimilation. C’est aussi en vertu de la fonction de nutrition, qu’ils engendrent, chacun selon son espèce, les zymases qu’ils sont capables de produire. La quatrième fonction des microzymas est une fonction physiologique d’ordre bien plus élevé. Ils sont facteurs de cellules et, de proche en proche, ce sont eux qui sont chargés de construire l’être organisé que nous appelons un animal ou un végétal ».

« Une cellule de moisissure, ou un tissu, ne nait pas tout d’une pièce, mais est le produit, par construction, du concours de plusieurs microzymas, on conçoit que pour réaliser cette sorte de synthèse cellulaire ou tissulaire, ils exigeront la réalisation de conditions déterminées et plus compliquées. Dans mes expériences, les moisissures variaient avec la nature du sel que j’ajoutais aux solutions. »

« N’oubliez jamais que des influences, en apparence insignifiantes, peuvent avoir une action considérable sur l’évolution d’un microzyma, la naissance d’un tissu, d’une cellule, d’un organisme, sur sa conservation ou sa destruction ».

Mon commentaire : les microzymas s’adaptent aux conditions d’existence que nous leur donnons par notre mode de vie; Si ces conditions leur sont favorables, l’organisme qui les contient est en homéostasie, si les conditions lui sont défavorables les maladies apparaissent.

« Le rôle de la membrane qui enveloppe la cellule est de mettre les microzymas dans des conditions constantes de milieu. Lorsque les conditions restent stables, les microzymas ne changent ni de forme, ni de fonction ».

« Et ceci s’applique aux cellules libres d’une spécificité déterminée, comme la levure de bière, aussi bien qu’aux cellules qui ne peuvent vivre et fonctionner que dans le lieu où elles naissent, dans l’organisme complexe qui constitue un animal ou un végétal ».

« Après la mort d’un animal, les cellules sont dans l’état d’inanition ; elles sont dévorées par leurs microzymas auxquels la circulation n’apporte plus rien à transformer ».

« La genèse des cellules dans l’organisme est incessante aussi bien que leur destruction ; nous en tirerons la conclusion que c’est pour cela que,dans l’état physiologique normal, les microzymas sont relativement peu abondants dans les liquides de l’organisme ».

« Ce n’est pas la cellule qui est le support de l’activité vitale, ce n’est pas en elle que réside primitivement cette activité ; c’est dans le microzyma ».

« Le microzyma forme l’organisme parce qu’il est organisé, et l’organisme est doué d’activité chimique parce que le microzyma en est déjà doué ».

« Le microzyma est immanent quand on le compare à la cellule ; c’est lui qui est le support de l’action vitale, de la vie ; c’est lui qui est l’élément organisé primordial ».

« Le microzyma est le seul élément anatomique permanent de l’organisme, celui dans lequel est concentrée toute l’activité physiologique et chimique, et, pour tout dire en un mot, l’activité vitale de cet organisme ».

« Les microzymas sont au commencement et à la fin de toute organisation. Ils sont ce par quoi un organisme, une cellule, un tissu, sont vivants. Plus généralement tout organisme est réductible au microzyma ».

« Oui, il y a des microzymas atmosphériques, et il y en a de géologiques : dans la craie et d’autres calcaires, dans d’autres roches et dans le sol que nous cultivons ; et tous les êtres vivants en contiennent, non pas accidentellement dans tel ou tel point de leur organisme, mais n écessairement puisqu’ils sont les agents des actions chimiques qui s’y accomplissent, les facteurs des cellules, les constructeurs de leurs éléments anatomiques et de tous leurs tissus ».

« La nécessaire destruction de la matière organique d’un organisme, après sa mort, n’est pas livrée aux hasards de causes étrangères à cet organisme et que, lorsque tout a disparu, les bactéries et finalement les microzymas résultant de leur régression, restent comme témoins qu’il n’y avait de primitivement vivant qu’eux dans l’organisme détruit. Et ces microzymas qui nous apparaisszent comme résidus de ce qui a vécu, possédent certainement encore quelque chose de l’activité, de la sorte de spécifité, qu’ils possédaient pendant la vie de l’être détruit ».

« Ce que l’on appelle germes dans les poussières atmosphériques ne sont autre chose que les microzymas issus d’organismes détruits par le mécanisme décrit ci-dessus, et dont l’influence destructive s’ajoute à celle des microzymas propres de l’être en voie de disparition ».

« Dans les animaux aussi bien que dans les végétaux, les microzymas sont, ab ovo, les unités vivantes per se, sans lesquelles les phénomènes chimiques, physiologiques, histologiques qui se manifestent en eux, ne seraient pas. Nous l’avons reconnu, il y a dans les animaux et dans les végétaux des centres organiques irréductibles quant à la fonction ; or, autant de centres organiques autant de microzymas distincts, non pas morphologiquement, mais fonctionnellement. Bref, les microzymas constituent les liens des deux règnes. Certainement, il y a unité de plan et différentiation fonctionnelle par le microzyma. Théoriquement, il n’y a qu’un règne vivant : et, à mesure que dans un être organisé une nouvelle fonction se manifeste, un nouvel appareil est constitué par des microzymas qui y acquièrent de nouvelles propriétés ».

« La santé résulte de l’harmonie des fonctions physiologiques de toutes les parties et, dans chacune, de l’intégrité fonctionnelle de l’élément anatomique fondamental qui est le microzyma ».

« Le microzyma peut devenir morbide, capable d’agir morbidement,de communiquer l’état morbide qui est en lui et, ce qui est plus grave, de le conserver plus ou moins longtemps ».

« Dans l’organisme sain et en vie, on ne constate jamais l’évolution bactérienne du microzyma ; je dis dans l’organisme, c’est-à-dire dans l’intimité de ses tissus ».

« Les désordres les plus graves, mortels même, peuvent être provoquées par des organismes vivants, préexistant dans l’organisme vivant, où, normalement, ils accomplissent des actes chimiques et physiologiques nécessaires et bienfaisants, mais qui, introduits dans le sang, dans un milieu qui ne leur était pas destiné, provoquent les manifestations redoutables de phénomènes morbides les plus graves ».

« Il est temps pour la dignité de la science, de soustraire la médecine à l’empirisme systématique qui ne veut tenir aucun compte de l’organisation, des travaux des histologistes et des observations des plus grands médecins » .

« La maladie naît de nous et en nous ; telle est la formule de la véritable médecine. Et cela doit être,car la vie de l’homme, et de toute créature, n’est pas plus livrée au hasard que le cours des astres ; or, c’est la livrer au hasard que de soutenir qu’elle dépend d’une panspermie microbiotique primitive et créée pour nuire. »

On sait que les microzymas peuvent acquérir de nouvelles propriétés, exercer de nouvelles fonctions, dans l’organisme même qui les contenait primitivement, dans l’oeuf dont ils sont issus.

Un microzyma nocif peut devenir inoffensif dans certaines conditions en changeant de fonction.

Transformation du corps après la mort

Le microbiote humain est l’ensemble des micro-organismes ( bactéries, virus, champignons) qui peuplent la peau, les poumons, le tube digestif et qui ont un rôle essentiel pour notre survie.

Lorsque les fonctions biologiques s’arrêtent, ces micro-organismes retrouvent leur liberté et participent à la décomposition du corps.

Qu’en est-il des cellules ? Les cellules en mourant libèrent leurs composants, c’est à dire les bactéries et les virus, c’est pourquoi on observe une augmentation significative du nombre et de la diversité des micro-organismes, au fur et à mesure de la dégradation du corps. Au final, il ne reste que les microzymas.

A ce moment, il n’y a plus de doute pour moi. Les progénotes ou protocellules, premières formes cellulaires, sont les microzymas. Il existe plusieurs formes de microzymas et je pense que les virus, les plasmides, les exosomes sont des microzymas. Il en est de même des viroïdes et des obélisques récemment découverts.

Je le répète, toutes les maladies, je dis bien toutes, même les maladies dites infectieuses, ont les mêmes causes que l’on trouve dans notre mode de vie. Une maladie, quelle qu’elle soit, ne nous tombe jamais dessus par hasard.

Dans la septième partie consacrée à l’évolution, nous étudierons des bactéries et des virus aux propriétés surprenantes.

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Evolution: des procaryotes aux eucaryotes.

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L’évolution ou La Fabuleuse Odyssée des Microbes.

4 – Des bactéries aux cellules eucaryotes.

Les bactéries se sont multipliées, ont collaboré, se sont différenciées en espèces innombrables. Elles ont tout inventé et ont pu ainsi coloniser toute la planète. Les bactéries et les virus, même de nos jours, constituent la forme de vie dominante et contrairement à ce que l’on pense généralement, c’est largement à notre avantage.

Les bactéries s’associent, coopèrent, s’échangent du code génétique même entre espèces différentes. Un système d’organisation décisif apparaît : la cellule eucaryote = qui possède un noyau renfermant le code génétique, contrairement aux bactéries qui sont des cellules procaryotes = sans noyau.

D’où vient la cellule eucaryote ? 

Elle n’est pas apparue comme ça par magie. Ce sont des bactéries et des archées créatives, innovantes qui ont mis au point un nouveau système d’organisation : plusieurs bactéries et archées se sont associées, ont mis leur code génétique à l’abri dans une structure que nous appelons noyau. Les mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules, sont des bactéries. Les cellules eucaryotes vont à leur tour coopérer, s’associer, se différencier, s’échanger du code génétique. Les cellules eucaryotes vont donner les cellules végétales et les cellules animales.

Durant la longue période où le niveau de l’oxygène atmosphérique s’est élevé jusqu’à 21%, il y a quelque 2,2 milliards d’années, un nouveau type de cellules est apparu alors que l’oxygène constituait seulement quelques pour cent de l’atmosphère. Il s’agit de la cellule eucaryote, dont le trait principal est le noyau, et dont une importante caractéristique secondaire consiste en des parties de cellules utilisatrices d’oxygène et connues sous le nom de mitochondries.

L’apparition soudaine et générale des acritarches dans les traces fossiles atteste du succès fulgurant des nouvelles cellules, communautés étroitement imbriquées de cellules à l’intérieur d’autres cellules. Les nouvelles cellules flottaient et se reproduisaient à la surface des mers primitives, comme le plancton marin d’aujourd’hui. A leur mort, certaines ont été enterrées dans les étranges structures sphériques et polygonales des acritarches fossiles.

Les cellules nuclées contiennent jusqu’à 1000 fois plus d’ADN que les cellules bactériennes. La fonction de ces quantités gigantesques d’ADN offre une des énigmes les plus étonnantes de la biologie moléculaire. Bien sûr une partie de l’ADN est utile, mais la plus grande partie est appelée ADN « redondant » : autrement dit , il s’agit de copies de gènes qui sont répétés ailleurs dans les chromosomes.

L’ADN redondant provenait à l’origine de différentes bactéries – anaérobies, aérobies et d’autres – ayant rejoint la communauté qui allait devenir la cellule eucaryote.

La vie avait franchi un nouveau pas en avant, elle était passée d’un réseau de libre transfert de gènes à la synergie de la symbiose. Des organismes séparés fusionnaient pour créer de nouvelles totalités qui étaient bien plus que la sommes de leurs parties.

Les mitochondries ont conservé plusieurs signes inexpliqués qui témoignent de leur statut antérieur d’organismes libres. Bien que vivant à l’extérieur du noyau de la cellule, elles disposent de leur propre appareil génétique, complet: ADN, ARN messager, ARN de transfert et ribosomes, tous inclus dans la membrane de la mitochondrie. Leur ADN, comme celui des bactéries, n’est pas arrangé en chromosomes ni enrobé de la couche d’histone ( une protéine ) comme l’ADN du noyau des cellules hôtes. Les mitochondries assemblent les protéines sur des ribosomes très similaires à ceux des bactéries. De plus, les ribosomes des mitochondries et ceux des bactéries aérobies ont tendance a être sensibles exactement aux mêmes antibiotiques.

Les cellules plus grandes qui contiennent les mitochondries sont elles aussi des micro-organismes, plus précisément des archées, appelées aussi archéobactéries par certains biologistes.

Toutes les créatures familières d’aujourd’hui, des algues aux oursins, de l’otarie au lion marin, sont des êtres composites tous constitués de cellules nuclées, qui sont elles-mêmes le résultat de la fusion de procaryotes. Et chaque cellule avec un noyau est garnie de mitochondries qui étaient jadis des bactéries.

Des bactéries à l’origine du cerveau ?

Si vous regardez au microscope une cellule eucaryote, vous voyez de vigoureux mouvements intérieurs. L’intérieur de la cellule eucaryote grouille comme une ville. Le cytoplasme bouge. Dans certaines cellules, les mitochondries, les ribosomes et d’autres organites circulent sur des pistes prédéterminées comme s’ils obéissaient à des signaux de circulation à deux voies.

La plupart de ces mouvements cellulaires prennent place le long d’un système de transport élaboré, situé à l’intérieur de la cellule et constitué de microtubules, minuscules tubes de protéines d’un diamètre de 240 angströms qui, de concert avec les protéines provoquent le mouvement.

Ces microtubules seraient dus à une autre catégorie de bactéries, les spirochètes, aux mouvements rapides et agités. Les eucaryotes deviennent ainsi mobiles, ce qui révolutionne le monde bactérien en amplifiant les transports et les communications. La circulation des cellules , et par conséquent le flux d’informations génétiques, se sont accélérés. Les associations avec les spirochètes ont fait jaillir de nouveaux développements et ont augmenté le nombre et la diversité des formes de vie.

Le système de mobilité des spirochètes a-t-il évolué à l’intérieur de l’environnement structuré des organismes plus grands pour devenir la base de leurs systèmes nerveux ?

Les preuves de l’identité des spirochètes dans les cellules nerveuses, au-delà de la riche présence de microtubules ( les neurotubules) s’accumulent lentement.

Si les spirochètes sont vraiment les ancêtres des cellules du cerveau ou des neurones, alors les concepts et les signaux de la pensée sont fondés sur des facultés physiques et chimiques latentes chez les bactéries.

Le véritable langage du système nerveux serait-il alors un vestige des spirochètes, une combinaison de l’ARN autocatalyseur et des protéines tubulines, symbiotiquement intégrés dans le réseau des hormones, des neuro-hormones, des cellules et de leurs déchets qui s’appelle le corps humain ? La pensée individuelle elle-même n’est-elle pas comme un super-organisme, un phénomène collectif ?

A maintes et maintes reprises, l’étude du microcosme nous familiarise avec l’idée que les facultés humaines viennent directement d’autres phénomènes. La nature a une certaine sagesse sous-jacente; nos capacités restent toujours minces comparées à la biosphère dont nous ne formons qu’une partie infime.

Toutes nos inventions favorites ont été anticipées par nos cohabitants sur la planète ; pourquoi pas la pensée ?

En un sens, nous sommes « au-dessus » des bactéries car, bien que nous en soyons constitués, le pouvoir de notre pensée semble représenter plus que la somme de ses parties microbiennes. Mais, en un sens, nous sommes aussi « au-dessous » d’elles. En tant que minuscules parties d’une immense biosphère dont l’essence est essentiellement bactérienne, nous – avec d’autres formes de vie – devons contribuer à une sorte de cerveau symbiotique qui est au-delà de ce que nous pouvons comprendre ou représenter vraiment.

Le jour où un protiste à fouets cellulaires s’est attaché à une autre cellule et s’est mis à la propulser, rendant ainsi les mitochondries de la seconde cellule disponibles à d’autres usages, marque le déclenchement de la lignée de l’évolution qui a conduit aux animaux. C’est l’apparition de la multicellularité.

Chacun des cinq règnes du vivant – bactéries, protistes, champignons, plantes et animaux – comprend des êtres multicellulaires. Mais dans les quatre premiers, les organismes multicellulaires entretiennent des interconnexions minimales entre les cellules de leur corps. De son côté, le règne animal est devenu expert en multicellularité et en interactions entre cellules. L’organisation multicellulaire des animaux est d’un raffinement exquis, et très coordonnée. La cellule animale, hautement différenciée, est reliée à ses voisines par toute une série d’élégantes connexions cellulaires : septums (cloisons séparant deux cavités ), ponts, jonctions étroites et répétées en chaîne ( desmosomes ), etc. Ces jonctions cellulaires, dont les distinctions n’ont pu être reconnues que récemment grâce au microscope électronique, déterminent l’étendue et la qualité de la communication entre les cellules. En plus de la blastula – cette sphère de cellules qui se transforme en embryon – les mystérieuses jonctions cellulaires sont les véritables signes de l’animalité.

Les espèces animales pleinement adaptées à la terre y sont parvenues grâce à l’astuce qui consiste à transporter leur environnement antérieur avec elles. Aucun animal n’a complètement quitté le microcosme aquatique. La blastula et l’embryon continuent de se développer en flottant dans l’humidité primordiale d’une matrice. La concentration du sel dans l’eau de mer et dans le sang est, d’un point de vue pratique, identique. La proportion respective de sodium, de potassium et de chlorates dans nos tissus est étonnamment similaire à celle des océans.

Nous étudierons les découvertes de René Quinton à ce sujet .

Les plantes, les champignons et les animaux ont émergé du microcosme. Sous les différences superficielles qui nous séparent, nous sommes tous des communautés ambulantes de bactéries. Le monde chatoie comme un paysage pointilliste fait de minuscules êtres vivants.

La vie, conclut Jamas Lovelock, n’est pas entourée d’un environnement &v&nt tout passif auquel elle s’est adaptée. Au contraire, elle façonne et refaçonne son propre environnement. L’atmosphère fait partie intégrante de la biosphère. A partir du moment où le dioxyde de carbone est transformé en cellules, et peut aussi être utilisé pour contrôler la température de l’atmosphère, il semble vraisemblable que l’une des façons dont la vie régule la température de la planète soit de modifier la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Cest la croissance, le métabolisme et les échanges de gaz des microbes qui forment les systèmes complexes de rétroactions physiques et chimiques qui modulent la biosphère dans laquelle nous vivons.

Avec le temps, le biote a échafaudé des systêmes de contrôle compliqués dont nous commençons à peine à prendre vaguement conscience.

L’apparition des cellules eucaryotes ( avec noyau ).

L’emboîtement d’une bactérie dans une archée semble être une étape décisive dans l’apparition des cellules à noyau dites eucaryotes.

« Les partenaires impliqués dans le collectif ayant conduit aux cellules eucaryotes (dont font partie les cellules humaines) telles que nous les connaissons sont une archée, sans aucun doute, une bactérie dont dérive la mitochondrie, et qui sait peut-être encore d’autres contributeurs bactériens cachés. »

En 1890, deux biologistes allemands, Richard Altmann et Otto Bütschli, observent que les mitochondries de nos cellules ressemblent fortement à des bactéries. Dans les années 1960, la présence d’ADN dans les mitochondries est prouvée. Lynn Marguliss popularise le concept d’endosymbiose pour expliquer la genèse des cellules eucaryotes.

En 1975, le biochimiste W. Ford Doolittle démontre des ressemblances entre l’ADN des chloroplastes des plantes et celui des cyanobactéries. En 1983 le biologiste Ronald Butow montre, chez la levure, que des gènes des mitochondries ont été transférés dans le noyau.

La parenté des mitochondries et des protéobactéries est prouvée en 1985, celle des chloroplastes et des cyanobactéries en 1988.

Les gènes contenus dans le noyau des eucaryotes contemporains, pour plus de 60% d’entre eux ne ressemblent à aucun gène connu chez les bactéries ou les archées. En revanche, les 40% restant ressemblent ou bien à des gènes bactériens, ou bien à des gènes d’archées.. Les gènes eucaryotes ressemblant à des gènes d’archées sont surtout impliqués dans la transmission de l’information génétique alors que ceux qui ressemblent à des gènes bactériens sont impliqués dans le fonctionnement de la cellule eucaryote, en particulier la production d’énergie, ce qui est confirmé par le fait que les mitochondries sont d’origine bactérienne. D’autres contributeurs bactériens seraient intervenus dans la constitution des cellules eucaryotes.

Donc la cellule eucaryote est une chimère associant des éléments appartenant à au moins deux lignées cellulaires différentes. N’oublions pas que les bactéries sont déjà des chimères de lignées virales.

En général, les robots-protéines d’origine archée n’interagissent pas avec les robots-protéines d’origine bactérienne. Mais dans la cellule eucaryote les robots des deux origines coopèrent.

Des morceaux de gènes des bactéries incluses dans la cellule eucaryote migrent dans le noyau. Raphaël Méheust, docteur en bio-informatique évolutive, a démontré que des morceaux de gènes étaient recyclés et servaient à fabriquer de nouveaux gènes chimériques qui n’existent ni chez les archées, ni chez les bactéries. Ces nouveaux gènes permettent à la cellule eucaryote de s’améliorer.

Article Science&vie N°1267 Avril 2022  :   « Des bactéries s’adaptent à leur environnement ».

Comment font certaines bactéries pour survivre au plus profond des abysses sans leur source d’énergie primaire, le soleil ? Grâce aux gaz, ont démontré des chercheurs australiens ! Pendant 5 ans, l’équipe a comparé le génome de bactéries extraites de l’eau de sites divers, des îles tropicales aux eaux subantartiques. « La photosynthèse est la principale source d’énergie dans les eaux de surface, explique Rachael Lappan, chercheuse à l’université de Monash, en Australie, et auteure de l’étude. Mais dans l’océan profond , les mêmes espèces de bactéries utilisent des enzymes pour gagner de l’énergie à partir de l’hydrogène et du monoxyde de carbone, cette fois. » Ce processus est appelé chimiosynthèse. « Les bactéries marines sont donc flexibles dans leur alimentation : elles peuvent changer de stratégie en fonction de ce qui est disponible dans leur environnement », conclut la chercheuse. Une remarquable preuve d’adaptation. »

C’est cette faculté d’adaptation des bactéries qui nous permet de vivre. Les bactéries qui composent notre corps s’adaptent en permanence à l’environnement que nous leur donnons par notre alimentation, l’air que nous respirons et les conséquences de nos peurs, de nos névroses. Les bactéries évoluent et s’adaptent en intégrant des virus codant pour les enzymes dont elles ont besoin.

Notre organisme abrite plus de cellules microbiennes libres que de cellules humaines, c’est le microbiome, composé essentiellement de bactéries. Savez-vous que nous échangeons chaque jour une partie de notre microbiome avec les personnes que nous cotoyons. Plus on est proches, plus on a de microbes en commun.

Science&vie décembre 2019 : « Les bactéries aussi ont leur caractère.

Elles ont beau avoir exactement le même génotype et vivre dans la même boite de Petri, les bactéries d’une même souche affichent des traits comportementaux individuels parfois très différents.. Sans qu’aucune mutation génétique ne soit en cause ! «  On a remarqué, par exemple,que certaines bactéries Bacillus subtilis décidaient d’entrer en dormance contrairement aux autres, ou que des cellules d’Escherichia coli préféraient consommer certains sucres particuliers », signale Jessica Audrey Lee, de l’université d’Idaho. Mais comment expliquer cette forme de personnalité sans cerveau ? « Ces différences peuvent survenir à la suite d’une division cellulaire inégale, de phénomènes aléatoires dans les processus chimiques ou physiques au sein de la cellule ou de stimuli différents subis par ces microbes durant leur existence », énonce la postdoctorante. Loin d’être une simple curiosité, l’étude des personnalités bactériennes promet beaucoup dans la bataille contre la résistance aux antibiotiques. »

Il y a une explication toute simple aux différences de personnalité des bactéries : elles ont une conscience. Elles ont un vécu différent, elles sont passées par des organismes différents, elles ont vécu des expériences différentes, ce qui explique qu’elles ont des comportements différents.

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Evolution : des protocellules aux procaryotes.

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L’évolution ou La Fabuleuse Odyssée des Microbes.

3 – Des protocellules aux procaryotes (bactéries et archées).

Des chercheurs de l’université d’Innsbruck en Autriche ont découvert que dans certains cas, l’ADN bactérien se composait de virus intégrés. Plus de 30.000 virus ont été découverts cachés dans l’ADN de bactéries

C’est une découverte peu commune qu’ont faite plusieurs chercheurs de l’Université d’Innsbruck (Autriche). Les docteurs Christopher Bellas et Marie-Sophie Plakolb ainsi que le professeur Ruben Sommaruga, du département d’écologie de l’université, ont trouvé de l’ADN de plus de 30.000 virus dans les génomes des microbes.

Or, un ADN « caché » pourrait permettre la reproduction de virus complets et fonctionnels dans la cellule hôte. « Nous avons été très surpris par le nombre de virus que nous avons trouvé grâce à cette analyse, » explique le docteur Christopher Bellas dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Si on considère que les bactéries sont issues de l’association de virus, il n’est pas étonnant de retrouver leur ADN dans le génome des bactéries. Les bactéries peuvent générer ces virus en cas de besoin. Elles peuvent aussi échanger ces morceaux d’ADN entre elles.

Les auteurs de ces recherches expliquent même que dans certains cas, « jusqu’à 10 % de l’ADN d’un microbe s’est avéré être des virus cachés. Ces virus retrouvés ne sont pas dangereux pour celui à qui ils appartiennent, au contraire, ils pourraient même le protéger selon les scientifiques. N’oublions pas que nous ne connaissons qu’une très faible partie du monde des virus, ce pourcentage de 10% me semble faiblement représenté la réalité.

Chez les humains, les bactéries sont continuellement habitées par des virus. Et certains sont d’ailleurs présents tout le temps dans notre organisme. D’autres se cachent plus profondément, c’est là qu’ils deviennent une partie de l’ADN.

Ainsi, il est dévoilé dans cette étude que de nombreux organismes unicellulaires sont remplis de virus. On les trouve partout et ils peuvent être des algues, des amibes ou encore des parasites humains. Pourquoi sont-ils aussi présents dans les génomes de microbes ? Parce qu’ils en sont les constituants.

À l’origine, les scientifiques de ce projet analysaient des virus retrouvés dans l’eau du Gossenköllesee (Tyrol) en 2021. Ils voulaient trouver l’origine des nouveaux virus de type Polinton, mais ne savaient pas quels organismes pouvaient habituellement contenir ces virus. D’où leur étude à très grande échelle qui regroupe aujourd’hui des séquences d’ADN de plusieurs centaines de Go.

C’est avec leur technologie de pointe qu’ils ont pu trouver les séquences de virus, minuscules en comparaison de leur ensemble de données. Grâce à l’outil « Leo », ils ont pu analyser rapidement ces données et sont parvenus à ces résultats. 

Il semble tout à fait pertinent de dire que l’association des protocellules ou progénotes ou virus, ait donné naissance à de nouvelles entités, les cellules procaryotes. Ce sont les bactéries et les archées.

D’après des estimations sérieuses, nous hébergeons dans et sur notre corps, 100 000 milliards de microbes, dont entre 500 et 2000 espèces de bactéries. Toutefois ce ne sont pas des intrus. Nous évoluons avec ces microbes depuis des millions d’années et aujourd’hui, sans eux, nous serions incapables de digérer sainement notre nourriture, de résister aux maladies ou d’éviter des troubles chroniques allant du diabète au cancer.

On accorde maintenant une grande importance au microbiome. D’une part, les bactéries qui le composent, représentent quelque 90% du nombre total de cellules dans notre corps. D’autre part, l’ADN bactérien a mis des milliards d’années pour composer l’ADN humain. On estime que 90% des informations génétiques qui se trouvent en nous sont d’origine bactérienne : nos premiers ancêtres sont des microbes et ils sont toujours présents dans notre structure cellulaire. Je pense personnellement que c’est plutôt 100%.

Importance des bactéries pour la vie.

Tous les organismes dépendent pour survivre des bactéries fixatrices d’azote. Sans cette extraction directe de l’azote de l’air, la vie terrestre aurait disparu depuis fort longtemps par manque d’azote. Heureusement, les organismes qui fixent l’azote le restituent aux organismes vivants. Les fixateurs d’azote sont des bactéries comme les clostridies et d’autres.

Des bactéries, les désulfovibrio, synthétisaient une molécule à structure cyclique appelée porphyrine, qui transportait des électrons et fabriquait de l’ATP au passage. Cette capacité à fabriquer la porphyrine a été conservée et utilisée pendant toute l’évolution. Des molécules apparentées à la porphyrine, d’un rouge vif, circulent aujourd’hui dans notre sang où elles transportent l’oxygène vers les cellules.

Le développement de la photosynthèse est sans aucun doute l’innovation métabolique la plus importante de l’histoire de la vie sur la Terre. La photosynthèse n’a pas été inventée par les plantes, mais par des bactéries.

Je laisse la parole à Lynn Margulis pour expliquer l’importance des bactéries: (extraits de son livre Microcosmos)

 « Chez les bactéries d’aujourd’hui, des fragments d’ADN sont échangés entre différentes souches de bactéries. Bien que l’échange le plus facile soit avec des bactéries qui ont des métabolismes semblables, n’importe quelle souche peut recevoir des gènes de n’importe quelle autre souche. Ce mécanisme permet à l’information génétique de se propager dans le microcosme très facilement et très rapidement. Par l’échange de gènes, les populations de bactéries sont informées de leur rôle dans leur environnement spécifique. Chaque bactérie transmet son héritage génétique. »

« Dans le microcosme, la facilité des échanges génétiques a des conséquences surprenantes. Si toutes les souches de bactéries peuvent mettre en commun tous leurs gènes, il n’existe pas de véritables espèces dans le monde des bactéries. Les bactéries forment un organisme unique, une entité capable de génie génétique à l’échelle de la planète. »

« Du fait de son petit nombre de gènes, une bactérie a un métabolisme incomplet et doit donc nécessairement vivre en équipe. Dans la nature, une bactérie ne fonctionne jamais comme un individu isolé. Au contraire, dans n’importe quelle niche écologique, des équipes composées de différentes souches de bactéries vivent ensemble, répondent ensemble aux changements de l’environnement, remodèlent celui-ci en s’aidant mutuellement grâce à des enzymes complémentaires. »

« Les tâches accomplies par les bactéries réalisent un véritable remodelage de la planète entière. Elles empêchent toute la matière qui a été vivante de devenir de la poussière. Elles nous transforment en nourriture et en énergie pour les autres. Elles maintiennent le cycle des éléments organiques et inorganiques de la biosphère. Elles purifient les eaux de la Terre et fertilisent les sols. »

« C’est seulement aujourd’hui que nous commençons à comprendre que les bactéries sont normales et nécessaires au corps humain et que la santé ne consiste pas à détruire les micro-organismes mais à restaurer les communautés microbiennes et leur donner un environnement favorable à leur fonctionnement. »

« Les systèmes d’information humains commencent à peine à s’approcher, par leur étendue, de ceux des bactéries, qui échangent des bits d’information comme un réseau d’ordinateurs doté d’une mémoire alimentée au cours de milliards d’années de fonctionnement continu. A mesure que nous abandonnons un point de vue purement médical sur les microbes, nous les considérons comme nos ancêtres, nos ainés planétaires : nos sentiments changent également, et passent de la peur et de la répugnance au respect et à la fascination. Les bactéries ont inventé la fermentation, la roue – le moteur rotatif protonique – , la respiration sulfurée, la photosynthèse, la fixation de l’azote, bien longtemps avant l’apparition de l’humanité. Elles se comportent non seulement comme des êtres hautement socialisés, mais aussi comme une sorte de démocratie mondiale décentralisée. »

« On considère les bactéries et virus comme des parasites. Nos besoins nutritionnels compliqués nous rendent terriblement dépendants des plantes et des microbes qui nous fournissent ce que nous ne pouvons pas fabriquer nous-mêmes. Nous sommes, en vérité les parasites du microcosme. »

« Il y a environ deux milliards d’années, l’augmentation de l’oxygène dans l’atmosphère a déclenché une crise à l’échelle planétaire. La teneur en oxygène passa de 0,0001 à 21%. De nombreuses espèces de microbes disparurent. Ces morts multiples et l’échange accéléré de gènes, ce qui est caractéristique des bactéries exposées à des toxines, conduisirent à une réorganisation du superorganisme que nous appelons le microcosme et aboutirent à l’invention de nombreux mécanismes de protection qui furent diffusés dans tout le microcosme. »

« Mais l’adaptation ne s’arrêta pas là. Les cyanobactéries inventèrent la respiration aérobie qui constitue un moyen très ingénieux et très efficace de canaliser et d’exploiter la réactivité élevée de l’oxygène. Elle consiste en une combustion contrôlée qui casse les molécules organiques puis rejette du dioxyde de carbone et de l’eau en dégageant une grande quantité d’énergie. Alors que la fermentation produit deux molécules d’ATP par molécule de sucre décomposé, la respiration aérobie de la même molécule de sucre produit jusqu’à 36 molécules d’ATP. Le microcosme, pressé par l’environnement – probablement pas jusqu’à son point de rupture, mais tout de même à un niveau de stress intense – ,a fait mieux que s’adapter : il a élaboré une dynamo à oxygène qui a transformer pour toujours la vie et son habitat terrestre. »

« Les cyanobactéries disposaient maintenant d’une part de la photosynthèse qui produisait de l’oxygène, d’autre part de la respiration qui en consommait. Elles avaient trouvé leur place au Soleil. »

« La stabilisation de la teneur en oxygène atmosphérique autour de 21% semble résulter d’un consensus tacite entre l’ensemble des êtres vivants, intervenu il y a des millions d’années ; le contrat est toujours respecté aujourd’hui. Si le pourcentage d’oxygène était supérieur de quelques pour cent, même les êtres vivants s’enflammeraient spontanément. S’il diminuait un tout petit peu, les organismes aérobies commenceraient à s’asphyxier. »

« Les microbes ont réussi ce qu’aucun organisme gouvernemental, aucune bureaucratie ne serait capable de faire aujourd’hui. Les bactéries, tout en croissant, mutant, s’échangeant des gènes, certains en produisant, d’autres en absorbant de l’oxygène, ont maintenu l’équilibre atmosphérique de toute une planète. »

Notre phobie des virus et bactéries est totalement injustifiée. Notre obstination à vouloir les détruire a de graves conséquences sur notre santé et sur notre belle planète Terre comme nous le verrons plus loin.

Nos connaissances concernant les bactéries sont limitées du fait des moyens dont nous disposons pour les observer.

Afin d’étudier les bactéries, les scientifiques ont réussi à les mettre en culture dans des boîtes de Pétri et à les faire se multiplier. Ces études présentent des limites : les bactéries sont dans un milieu artificiel et sachant qu’elles sont les championnes de l’adaptation, c’est peut-être une bactérie modifiée que l’on observe. Une autre limite est le fait que très peu d’espèces de bactéries peuvent être mises en culture.

Les bactéries de même espèces ou d’espèces différentes, s’échangent elles aussi, comme les progénotes, des morceaux de codes génétiques et peuvent donc changer rapidement en fonction de l’environnement.

Les bactéries peuvent vivre en communauté formant ce que l’on appelle des biofilms, que l’on trouve sur nos dents, sur les murs des maisons, mais aussi sur nos prothèses ou dans une vieille cannette de soda oubliée.

Notre planète est peuplée de groupes de microbes dépendants ou interdépendants, en raison de pertes de gènes codant des fonctions qui se compensent. Ces interactions obligatoires expliquent pourquoi on ne parvient pas à cultiver la majorité des bactéries sous forme de culture pure. Les bactéries vivent au sein de collectifs.

Il faut bien se rendre compte que la majorité du monde bactérien  comme du monde viral, nous est totalement inconnue.

Les bactéries et les archées colonisent la terre entière. Ils interagissent sans cesse, s’échangent des virus. Les procaryotes vont alors inventer une nouvelle forme de fonctionnement pour assurer leur survie : la cellule eucaryote ou cellule à noyau. Cette nouvelle forme cellulaire va permettre l’apparition des cellules végétales et animales. La vie peut alors se diversifier et multiplier les formes vivantes jusqu’à l’apparition de l’être humain.

Evolution Bienvenue

Evolution : les protocellules

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Evolution ou La Fabuleuse Odyssée des Microbes.

2 – les protocellules.

Pour bien comprendre ce que sont les premières formes de vie sur Terre, voici quelques articles scientifiques qui nous permettront d’établir la chronologie de l’apparition de la vie.

Science&vie Hors Série N°302 Juillet 2022

SVHS : « Quand la vie est-elle apparue sur Terre? »

Abderrazak El Albani, géologue :

« Traditionnellement, les chercheurs situent cet évènement vers -3,9 à -3,8 Ga, après la formation des océans et après les derniers grands impacts de météorites survenues vers -4 Ga. »

SVHS : « Comment est-on passé de l’inerte au vivant ? »

Patrick Forterre, biologiste :

« Cette question est encore débattue. Selon la théorie actuellement dominante, les molécules organiques utilisées par le vivant ( notamment les acides aminés, constituant les protéines et les lipides – les graisses – qui forment les membranes des cellules ) sont apparues sur Terre, même si certaines d’entre elles ont peut-être été rapportées par des comètes ou des météorites. D’après le chercheur russe Armen Mulkidjanian, auteur d’un article sur ce sujet paru en 2012 dans la revue PNAS, tout se serait joué dans des sources chaudes terrestres riches en potassium [ un minéral essentiel à la vie actuelle, NDLR ]. Ceci expliquerait pourquoi les cellules de tous les organismes contiennent en abondance cet élément rare sur terre et dans les océans. En revanche, on ignore encore comment est apparu le premier métabolisme capable de fournir l’énergie nécessaire à la formation des molécules géantes caractéristiques de la vie actuelle ( protéines, acides nucléiques, etc.).« 

SVHS: »A quoi ressemblait le tout premier être vivant ? »

P.F. : « Il s’agissait sans doute de cellules rudimentaires, ou protocellules : des vésicules entourées d’une membrane lipidique et capables d’un métabolisme primitif fournissant le minimum d’énergie nécessaire à leur stabilité et à leur croissance. En laboratoire, il est relativement facile d’obtenir de telles structures à partir de composants chimiques simples ( peptides, minéraux, etc.).Une étape-clé dans l’évolution de ces protocellules a été l’apparition de macromolécules capables de porter et de transmettre une information génétique. La plus ancienne connue à ce jour est l’acide ribonucléique (ARN), une molécule génétique plus simple que l’ADN. L’ARN est capable non seulement de porter une information génétique, mais il peut également catalyser des réactions chimiques. Il est alors appelé ribozyme, par analogie avec les enzymes classiques, qui sont, elles des protéines. Une étude japonaise publiée en mars 2022 dans le journal Science Advances a confirmé que l’ARN peut évoluer par lui-même pour former des molécules de plus en plus complexes… comme lors du processus d’évolution décrit par le biologiste britannique Charles Darwin. Reste que pour l’instant, on ne sait pas comment les briques complexes qui forment l’ARN, les ribonucléotides, sont apparues au sein des protocellules. Elles sont en effet très difficiles à obtenir en laboratoire par des méthodes non biologiques… »

L’apparition de l’ARN au sein des protocellules est une étape fondamentale et essentielle au développement de la vie et de la biodiversité.

SVHS : « Quid de la cellule Luca ? »

P.F. : « Contrairement à une confusion courante, cette cellule qui aurait vécu il y a plus de 3 Ga, n’était pas la première cellule apparue sur notre planète. Comme l’indique son nom ( acronyme de « Last Universal Commun Ancestor »), inventé lors d’un colloque scientifique que j’ai organisé, Luca est le dernier ancêtre connu aux trois grands groupes d’organismes vivants actuellement : les archées(Archaea) et les bactéries, des micro-organismes unicellulaires formés pour la plupart de cellules sans noyau ( procaryote), et les eucaryotes, constitués de cellules beaucoup plus complexes, avec un noyau, et regroupant tous les champignons, plantes, animaux, mais aussi de nombreux micro-organismes, comme les paramécies et les amibes. Entre l’apparition de la vie et Luca, il y a eu une première longue période d’évolution qui a duré 0,5 à 1 Ga. Après étude comparée avec les ribosomes (structures cellulaires permettant de fabriquer les protéines) des organismes actuels, il s’est avéré que ceux de Luca étaient déjà formés d’une trentaine de protéines (contre 60 à 80). Donc c’était un organisme plus simple que les organismes actuels, mais déjà très complexe, comparé aux protocellules susmentionnées. »

Les progénotes : première forme cellulaire.

Cette idée est due à un évolutionniste de premier plan Carl Woese. Pour lui, il y a 3,5 milliards d’années, les premiers collectifs moléculaires sont apparus. Il les appelle les progénotes. Ces progénotes disposent de la capacité de transformer les instructions génétiques en protéine, mais de façon beaucoup moins fiable que les cellules actuelles, ce qui limite leur potentiel évolutif individuel.

Carl Woese décrit les progénotes comme des espèces de sacs renfermant des minichromosomes ressemblant aux virus. Chaque progénote contient un nombre limité d’instructions et différentes d’un progénote à un autre progénote. Ces progénotes sont des protocellules au sein desquelles des petits morceaux d’ARN sont apparus. On ne sait pas comment cet ARN est apparu, mais on sait qu’il est apparu.

Le transfert latéral de matériel génétique est très courant chez les progénotes qui peuvent ainsi acquérir d’autres fonctions.

L’évolution, à l’époque des progénotes, est une affaire d’interconnexions physiques et de partage de gènes. Il n’y a pas vraiment une lignée bien définie.

Le progénote isolé était peu puissant, par contre la communauté des progénotes avait un potentiel évolutif très important. Les innovations génétiques pouvaient surgir de toutes parts. Ce sont des collectifs de progénotes qui survivaient et évoluaient. Le progénote individuel était trop rudimentaire pour vivre indépendamment.

Progressivement des communautés de progénotes sont devenues plus autonomes, plus individualisées pour se transformer en bactéries et archées.

Que sont les archées?

Les archées constituent l’un des trois grands domaines du vivant, aux côtés des bactéries et des eucaryotes. Longtemps confondues avec les bactéries, elles s’en distinguent aujourd’hui clairement sur les plans génétique, biochimique et évolutif.

Les archées ont été reconnues comme un domaine distinct en 1977 par Carl Woese, grâce à l’analyse des séquences d’ARN ribosomique 16S. Cette découverte a profondément modifié la classification du vivant. 

  • Les archées sont des procaryotes (sans noyau ni organites membranaires),
  • Elles sont génétiquement plus proches des eucaryotes que des bactéries pour de nombreux mécanismes fondamentaux (transcription, traduction). 
  • Elles ont une membrane plasmique unique, une paroi cellulaire, un ADN circulaire. On  note également la présence d’histones ou de protéines analogues aux histones (comme chez les eucaryotes), d’ARN polymérase et de facteurs de transcription proches de ceux des eucaryotes.
  • Les archées présentent une extraordinaire diversité métabolique, souvent absente chez les autres domaines . On distingue: la méthanogenèse (exclusivement archéenne) avec production de méthane à partir de CO₂, H₂, acétate, etc. d’où leur rôle majeur dans les cycles biogéochimiques et le réchauffement climatique; la chimioautotrophie (oxydation du soufre, de l’hydrogène, de l’ammoniac); la phototrophie sans chlorophylle; des métabolismes anaérobies stricts fréquents.
  •  Initialement associées aux environnements extrêmes, on sait aujourd’hui qu’elles sont omniprésentes :sources hydrothermales, >100 °C), mers hypersalées  grandes profondeurs océaniques), sols, océans (très abondantes dans le plancton marin), intestin humain et animal (méthanogènes). Les archées occupent une place centrale dans l’évolution :: les eucaryotes dériveraient d’une archée ayant intégré une bactérie (future mitochondrie),  On a identifié des archées présentant des gènes caractéristiques des eucaryotes,
  • Elles sont considérées comme non pathogènes à ce jour (aucune archée clairement impliquée dans une maladie humaine),

Les archées sont un domaine fondamental du vivant, biochimiquement uniques, écologiquement omniprésentes, Elles sont la clé pour comprendre l’origine des eucaryotes et la vie sur Terre.

Revenons à nos progénotes. L’échange de matériel génétique entre progénotes se fait sous forme de micro ARN précurseurs des virus. Ce mécanisme d’échange d’information génétique va se poursuivre et s’améliorer chez les bactéries et il est toujours utilisé de nos jours.

Lyn Margulis dans son livre « Microcosmes »

« Les premières formes de vie – sphères d’ADN et d’ARN, enzymes, protéines d’un diamètre  de l’ordre du micron –  ressemblaient probablement aux organismes les plus simples qui existent aujourd’hui. »

« Une bactérie ne possède qu’un nombre minime d’instructions génétiques, réduites à l’essentiel pour se répliquer et se maintenir. Toute capacité supplémentaire qui permettrait à une lignée bactérienne de survivre dans des conditions particulières lui est conférée par des particules génétiques visiteuses appelées réplicons. Ces petits réplicons se propagent de cellule en cellule. Parfois ils s’intègrent dans l’ADN principal de la bactérie, parfois il exerce seulement une influence sur la bactérie. »

« Les biologistes connaissent de nombreuses formes et de nombreux déguisements des petits  réplicons, notamment les plasmides, épisomes, prophages, phages et virus. Ces réplicons apportent avec eux un assortiment d’outils : des gènes qui leur permettent de se répliquer et de se transférer dans d’autres cellules, ou qui permettent à la cellule hôte d’exprimer l’information qu’ils portent. Par exemple, un prophage à l’intérieur d’une bactérie peut se répliquer plusieurs fois, et pour devenir un virus il peut envelopper chacune de ses copies dans une coquille protéinique qui servira ultérieurement pour attacher la copie à une autre bactérie. »

« Dans le processus appelé transduction, un fragment de l’ADN d’une bactérie, ou n’importe quel petit réplicon présent, est absorbé dans l’enveloppe protéinique et peut voyager vers une autre bactérie. Au cours d’un autre processus, la conjugaison, le déplacement de l’ADN provoque la formation d’un tuyau minuscule, ou pilus, entre les deux cellules. Le donneur transfère ainsi au receveur une copie de son ADN à travers le tuyau.« 

« Transduction et conjugaison sont les deux principales méthodes dont dispose le monde bactérien pour communiquer une immunité contre un médicament par exemple. La vitesse à laquelle une résistance héréditaire à une substance se propage à travers les communautés bactériennes démontre assez la puissance et l’efficacité de leurs réseaux de communications. Ainsi le gène , issu probablement d’une bactérie du sol, qui contrôle la synthèse d’une enzyme capable de digérer la pénicilline a, par l’intermédiaire d’échanges avec des phages, atteint les staphylocoques des hôpitaux. »

L’importance et la place essentielle des virus dans l’évolution n’est plus à démontrer.

Dans le numéro 1227 de la revue Science & vie (décembre 2019) figure un article intitulé « Nos ancêtres les virus » où il est dit que nous devons tout aux virus. Ils auraient joué un rôle clé dans la naissance de nos cellules et de leur noyau. Ils pourraient même être à l’origine de notre ADN. Il est question notamment de virus géants, dont le génome peut atteindre le millier de gènes, qui auraient joué un rôle clé dans notre propre histoire évolutive.

D’anciens virus ont joué un rôle dans le développement avancé de nos cerveaux

D’anciens virus présents chez des vertébrés il y a des centaines de millions d’années ont joué un rôle crucial dans l’évolution de nos cerveaux avancés et de nos grands corps, selon une nouvelle étude.

Ces travaux, publiés dans la revue Cell, examinent les origines de la myéline, une membrane grasse isolante qui se forme autour des nerfs et permet aux impulsions électriques d’être diffusées plus rapidement.

Selon les auteurs, une séquence génétique acquise à partir de rétrovirus — des virus qui s’incorporent dans l’ADN de leur hôte — est cruciale pour la production de myéline. Et ce code se retrouve aujourd’hui chez les mammifères modernes, les amphibiens et les poissons.

« Ce que je trouve le plus remarquable, c’est que toute cette diversité de vertébrés modernes connus, et la taille qu’ils ont atteint — éléphants, girafes, anacondas … — n’aurait pas eu lieu sans l’infection de ces rétrovirus », a déclaré à l’AFP le neuroscientifique Robin Franklin, co-auteur de l’étude.

Les scientifiques  considèrent les virus comme des agents infectieux pathogènes. Je pense que c’est une erreur. Des découvertes récentes montrent qu’ils sont à la base de la constitution des êtres vivants. Dans les propos ci-dessus de Robin Franklin, je remplacerai donc infection par participation.

Les chercheurs ont fouillé dans des bases de données de génomes pour tenter de découvrir les facteurs génétiques associés à la production de myéline.

Tanay Ghosh, biologiste et généticien travaillant avec M. Franklin, était particulièrement intéressé par les mystérieuses régions « non codantes » du génome, qui n’ont aucune fonction apparente et étaient à un moment donné considérées comme inutiles, mais qui sont désormais reconnues comme ayant une importance dans l’évolution.

Ses recherches ont abouti à une séquence dérivée d’un rétrovirus, qui se trouve depuis longtemps dans nos gènes, et que les chercheurs ont baptisé « RetroMyelin ».

Pour vérifier leur découverte, ils ont mené des expériences consistant à supprimer cette séquence chez les rats, et ont observé que ceux-ci ne produisaient alors effectivement plus une protéine nécessaire à la formation de myéline.

Les scientifiques ont ensuite cherché des séquences similaires dans le génome d’autres espèces, et ont trouvé un code semblable chez les vertébrés à mâchoire — mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens — mais pas chez les vertébrés sans mâchoire ou chez les invertébrés.

Ils en ont conclu que la séquence est apparue dans l’arbre de la vie à peu près en même temps que les mâchoires, c’est-à-dire il y a environ 360 millions d’années.

« Il y a toujours eu une pression de sélection pour faire en sorte que les fibres nerveuses conduisent les impulsions électriques plus rapidement », a souligné Robin Franklin. « En faisant ça plus vite, alors vous pouvez agir plus vite », a-t-il expliqué, ce qui est utile pour les prédateurs chassant une proie, ou une proie tentant de fuir.

La myéline permet une conduction rapide de ces signaux sans accroître le diamètre des cellules nerveuses, en leur permettant d’être rapprochées les unes des autres.

Elle fournit également un soutien structurel, ce qui signifie que les nerfs peuvent grandir davantage, permettant le développement de membres plus grands.

Enfin, l’équipe de chercheurs a voulu comprendre si la participation virale s’était produite une fois, chez une espèce unique ancestrale, ou plusieurs fois.

Pour répondre à cette question, ils ont analysé les séquences RetroMyelin de 22 espèces de vertébrés à mâchoire. Ces séquences étaient davantage semblables au sein d’une espèce, qu’entre différentes espèces.

Cela suggère que de multiples vagues d’interventions virales sont survenues, ayant participé à la diversité d’espèces de vertébrés connue aujourd’hui.

« On a tendance à penser aux virus comme à des pathogènes, des agents causant des maladies », a relevé Robin Franklin.

Mais la réalité est plus compliquée, selon lui: à différents moments de l’histoire, les rétrovirus sont entrés dans le génome et se sont intégrés aux cellules reproductives d’espèces, permettant qu’ils soient transmis aux générations suivantes.

Pour Tanay Ghosh, cette découverte sur la myéline pourrait n’être qu’un premier pas dans un domaine émergent. « Il y a encore beaucoup de choses à comprendre à propos de la façon dont ces séquences influencent différents processus de l’évolution », a-t-il dit.

Une autre étude a montré que des virus bactériophages joueraient un rôle important dans la perpétuation de la diversité bactérienne. Ils réguleraient les populations de bactéries en contrôlant les espèces dominantes de bactéries permettant ainsi aux espèces moins performantes de continuer à vivre.

Dans Science&vie de décembre 2019, on peut lire ceci : 

« Il y aurait à tout moment 1031 particules virales présentes sur notre planète, soit une biomasse de 200 millions de tonnes. Les virus sont présents partout sur Terre, des océans aux tubes digestifs des animaux, où ils sont jusqu’à 100 fois plus nombreux que les cellules. »

Des virus géants ont été découverts. Ils sont si gros qu’on a longtemps pensé qu’il s’agissait de bactéries. Ce n’est qu’en 2003 qu’on les a vraiment identifiés.

Des études ont montré que les virus géants proviennent de virus plus petits qui ont co-existé avec les ancêtres des eucaryotes modernes.

Dans le même numéro de Science&vie de décembre 2019, on peut aussi lire ceci à propos des virus :

« C’est d’abord l’ampleur du royaume qui a sidéré : la biomasse de tous les virus présents sur Terre serait équivalente à 75 millions de baleines bleues . Et la plupart sont encore inconnus : la toute récente analyse des échantillons recueillis lors de l’expédition Tara Oceans a permis de multiplier par 12 le nombre de virus marins recensés! Imaginez : à chaque seconde, un nombre incommensurable d’infections se produisent sur notre planète, et ce, depuis fort longtemps. Autant d’opportunités d’échanger des gènes ».

Au lieu d’infections, mettez participations virales.

Toujours dans le même numéro de Science&Vie, les propos suivants de Patrick Forterre, microbiologiste à l’Institut Pasteur :

« Tous les organismes cellulaires étant infectés par des virus, on peut dire que ceux-ci sont présents à tous les niveaux de l’arbre du vivant, du tronc jusqu’à ses plus fines ramifications. Les lignées virales s’enroulent comme des lianes autour des différentes branches de l’arbre ». Il est plus juste de dire « constitués » au lieu de « infectés ».

On peut lire aussi ce que l’on doit aux virus :

«  La fusion des gamètes: chez les plantes et les insectes, la fusion du spermatozoïde et de l’ovule fait intervenir une protéine d’origine virale. Son équivalent reste encore à identifier chez l’être humain et les autres vertébrés. »

« La mémoire à long terme : la protéine Arc, indispensable à la mémoire à long terme, est d’origine virale. Elle forme des structures qui ressemblent à des virus et contiennent son propre ARN, qu’elle transfère d’un neurone à l’autre. Un rôle qui reste à préciser.« 

« Les enzymes de base : les ancêtres des virus géants auraient fourni aux ancêtres des eucaryotes modernes une, voire deux ARN polymérases, supplémentaires, les dotant au final de trois enzymes, qui fabriquent différentes sortes d’ARN. »

« Le noyau cellulaire : les virus, surtout les géants, forment, dans les cellules qu’ils infectent (je dirai dans les cellules où ils résident), des structures ressemblant à des noyaux. Ces usines virales, qui leurs permettent de répliquer leur génome, ont pu donner naissance au noyau cellulaire. »

« Des chercheurs américains ont découvert qu’un gros virus de bactérie était capable de fabriquer une sorte de noyau viral dans la cellule qu’il infecte ( où il réside), pour répliquer son propre génome. Il transforme donc, temporairement au moins, une bactérie en « cellule virale » à noyau. »

« Le placenta : le placenta utilise des protéines d’origine virale, pour le tissu situé entre le fœtus et la mère, mais aussi pour réguler l’hormone dont dépend la durée de grossesse. Une protéine placentaire virale mystérieuse circule aussi dans le sang maternel. »

Article Sciences et Avenir La Recherche N°910 décembre 2022.

«  L’ADN humain regorge de virus anciens. »

« Les virus sont omniprésents dans notre ADN révèle une étude . En effet, des gènes de rétrovirus humains s’étant peu à peu intégrés dans le génome de nos aïeux lors d’infections passées ont été retrouvés dans chacun des 13 000 échantillons génétiques provenant de l’autopsie de 948 personnes. Bien qu’ils ne soient plus infectieux, certains de ces gènes sont encore intacts . (Source : Aidan Burn, université TUFTS, BOSTON, ETATS-UNIS) »

Quand les premiers virus sont-ils apparus sur terre ? SV N°1237.

« Première théorie : les virus descendraient, comme tous les organismes actuels, du premier ancêtre commun Luca (Last universal common ancestor) qui est apparu il ya 3,5 milliards d’années. Les virus seraient donc plus jeunes.

Deuxième théorie : des scientifiques ont montré que des lignées de virus ont une origine qui remonte au moins jusqu’à Luca, voire plus. La forme primitive des virus serait le réplicon, un matériel capable de se répliquer. Ce réplicon pourrait alors être apparu avant même les cellules il y a 4millirds d’années. »

Nous avons vu que LUCA n’est pas le premier ancêtre commun comme on le pensait ce qui invalide la première théorie.

Les Obélisks, des nouveaux micro-organismes

Une équipe de recherche dirigée par le Dr Ivan Zheludev de l’Université Stanford  a trouvé des preuves d’une nouvelle forme de vie  au sein même de notre corps humain.

Ces organismes, découverts dans notre microbiote intestinal, ne ressemblent à aucune forme de vie connue sur Terre. Leur présence a été révélée grâce à une analyse métatranscriptomique des séquences d’ARN issues d’échantillons gastro-intestinaux humains.

Ces étranges formes de vie ont été baptisées « Obelisks » et ont été retrouvées dans 10% de tous les échantillons de microbiome testés.

Les Obelisks ont une structure génétique à base d’ARN circulaire, quelque chose que nous n’avions jamais vu jusqu’à présent. Ils ont la particularité de produire une nouvelle sorte de protéine appelée « Oblins« . La fonction de ces protéines reste encore à déterminer, mais nul doute qu’elle fera l’objet de nombreuses recherches dans les années à venir.

Les Obelisks ne se limitent pas à notre intestin. En effet, ils ont également été retrouvés en grand nombre dans notre microbiote oral. Cela suggère que ces organismes pourraient affecter notre santé de façon que nous ne comprenons pas encore. Certains Obelisks ont même été trouvés à l’intérieur d’une espèce bactérienne commune appelée Streptococcus sanguinis.

En conclusion, ces Obelisks pourraient bien être une découverte majeure qui remet en cause notre compréhension de l’évolution de la vie. Leurs caractéristiques uniques et leur capacité à s’autorépliquer pourraient nous fournir de nouvelles informations sur les origines de la vie.

Les viroïdes.

Un tout nouveau monde de minuscules créatures remet en question les idées fondamentales de la vie

Depuis des siècles, les scientifiques cherchent à comprendre ce qui définit la vie et comment elle est apparue. Pourtant, certaines formes de vie, si petites qu’elles échappaient aux techniques d’observation classiques, sont restées dans l’ombre pendant des décennies. Parmi elles, les viroïdes, de minuscules entités biologiques encore plus simples que les virus, qui remettent en question nos idées fondamentales sur le vivant.

En 1967Theodor Diener, un chercheur spécialisé en pathologie végétale, se penchait sur une maladie mystérieuse qui décimait les cultures de pommes de terre : la maladie du tubercule en fuseau. Convaincu d’avoir affaire à un virus inconnu, il entreprit une série d’analyses approfondies. Mais à sa grande surprise, l’agent infectieux ne correspondait à rien de connu. Il ne possédait ni structure cellulaire, ni enveloppe protéique, caractéristiques typiques des virus. Au lieu de cela, il s’agissait d’une simple molécule d’ARN capable de se répliquer en parasitant les cellules végétales. Cette découverte remettait en question les fondements de la biologie, mais à l’époque, elle ne suscita que peu d’intérêt dans la communauté scientifique, éclipsée par d’autres avancées en virologie et en génétique.

Après quatre années de recherchesTheodor Diener parvint à démontrer que ces minuscules molécules d’ARN pouvaient s’introduire dans les cellules des plantes et se répliquer, bien qu’elles ne possèdent ni membrane, ni structure cellulaire propre. Conscient d’avoir découvert une nouvelle catégorie d’agents infectieux, il les baptisa viroïdes. Contrairement aux virus, ces entités ne codent pour aucune protéine et sont dépourvues d’enveloppe protectrice, ce qui en fait les réplicateurs autonomes les plus simples jamais identifiés

En 2020 les scientifiques s’intéressent de nouveau aux viroïdes. Benjamin Lee, un chercheur américain, décida de s’y intéresser de plus près et découvrit que ces mystérieuses entités étaient bien plus nombreuses et répandues qu’on ne l’imaginait. Ce que l’on croyait être une curiosité scientifique isolée s’est révélé être un véritable écosystème microscopique, peuplé de milliers de viroïdes et d’entités similaires. Certains portent des noms aussi intrigants que obélisques, ribozyvirus ou satellites, suggérant qu’un pan entier du monde vivant nous échappait jusque-là. 

Les viroïdes défient nos définitions du vivant et posent une véritable énigme scientifiquePeuvent-ils être considérés comme des êtres vivants ? Contrairement aux virus, ils ne possèdent ni capsule protectrice, ni gènes codant pour des protéines, et pourtant, ils sont capables de se répliquer en utilisant les cellules qu’ils infectent. Cette particularité intrigue les chercheurs, car elle pourrait faire des viroïdes les plus anciens organismes de la Terre, remontant à une époque où la vie était encore à ses balbutiements. Certains scientifiques pensent même qu’ils pourraient être des vestiges de l’ère prébiotique, une période hypothétique où seules les molécules d’ARN autoréplicantes existaient, bien avant l’apparition des premières cellules.

Malgré leur importance potentielle, les viroïdes restent peu étudiés par rapport aux virus et aux bactéries. 

Les viroïdes ne sont qu’un exemple parmi de nombreuses formes de vie inconnues qui attendent d’être découvertes. Leur redécouverte montre à quel point le monde microscopique recèle encore de mystères. En comprenant mieux ces entités invisibles à l’œil nu, nous pourrions non seulement réécrire l’histoire de l’évolution, mais aussi mieux protéger notre environnement et améliorer la médecine de demain. Peut-être ces minuscules êtres détiennent-ils les secrets de l’origine de la vie elle-même.

Conclusion: Quel modèle d’évolution se dessine à partir de toutes ces données?

Au début étaient les atomes. Ces atomes se sont associés pour donner les premières molécules. Les premières molécules organiques comme les acides aminés, les lipides apparaissent dans des sources d’eau chaude

Une molécule appelée acide ribonucléique ou ARN va avoir une grande importance pour l’évolution. 

Le monde ARN est peuplé de nombreuses entités : les viroïdes et les obélisks, les ribozyvirus constitués d’un ARN simple brin circulaire, les prophages et les phages à ARN, les virus à ARN. Ce sont eux qui vont transformer les protocellules en progénotes puis en bactéries et archées. Tous ces organismes s’échangent des molécules, du code génétique ce qui donne une immense diversité d’entités sans lignée bien définies.

Une autre possibilité est que ces différents micro-organismes à ARN soient à l’origine de la première forme cellulaire qu’ils n’ont cessé d’améliorer pour donner naissance aux bactéries et aux archées, puis aux cellules eucaryotes.

Le corps humain est constitué de minuscules entités à ARN que les technologies modernes nous permettent maintenant de détecter, de virus et de bactéries, les uns à l’état isolé, les autres à l’état fusionné sous forme de cellules. Les entités à ARN n’ont pas infecté des cellules pas plus que les virus. De même les bactéries ne nous infectent pas puisqu’elles sont des constituants de notre organisme. Les maladies dites infectieuses ne sont pas dues aux virus et bactéries, elles ont d’autres causes. Nous aborderons ce sujet dans un prochain article.

Le code génétique d’une bactérie est composé du code génétique des virus qui la composent et des gènes spécifiques que la bactérie a créés. Ce code génétique va se retrouver dans la cellule eucaryote qui elle aussi aura créé ses gènes spécifiques. La cellule humaine est en capacité de générer les virus qui peuvent lui être utiles.

Avant de terminer , je me dois d’évoquer Antoine Béchamp (1816 – 1908). C’est un médecin, chimiste et pharmacien français auteur de la théorie des microzymas qui rejoint tout à fait ce que j’ai développé ci-dessus sur l’évolution. Je consacrerai un article entier à ce savant oublié, éclipsé à tort par Louis Pasteur qui lui était contemporain (11822 – 1895) . Pasteur a tout fait pour pour que la théorie de Béchamp ne soit pas reconnue et que sa théorie des germes pathogènes soit la seule officialisée. 

La science médicale en accréditant la théorie de Pasteur au détriment de celle de Béchamp s’est lourdement trompée et nous en payons très cher les conséquences.

EvolutionBienvenueLes maladiesAromathérapie.

Evolution : du Big Bang aux protocellules.

L’évolution ou la fabuleuse odyssée des microbes

1 – Du Big Bang à l’apparition des protocellules.

Big Bang et tout commence!

« L’être humain pense régner en maître sur la planète Terre. Cela n’a pas toujours été le cas. D’autres espèces ont successivement occupé les lieux et marqué de leur empreinte l’histoire de la Terre. Avant nous , de nombreux mammifères peuplaient notre planète ; avant eux, ce furent les dinosaures ; et encore bien avant eux, le moindre recoin de la planète était occupé par les bactéries et les virus. Avant les bactéries et les virus, des molécules innombrables se partageaient l’espace et l’énergie. L’évolution est continue. L’être humain sera un jour possiblement remplacé. L’homme n’a qu’un seul prédateur, lui-même. Nous nous auto-détruisons ! Nous faisons preuve d’une imagination et d’une créativité débordantes pour inventer les moyens de nous détruire. »Extrait du livre d’Eric Bapteste. « Tous entrelacés » publié aux Editions Belin.

L’univers s’est étendu depuis le Big Bang initial, survenu il y a environ 15 milliards d’années. Quant à la Terre, elle s’est formée il y a environ 4,5 milliards d’années.

Une année.

Imaginons que les 4,5 milliards d’années de l’histoire de la Terre soient compressés en une seule année.

La Terre se serait formée le 1er janvier.

Il faut attendre le 26 février pour voir apparaître la vie, sous forme de premières cellules rudimentaires : les protocellules. Peu après, émergent les virus, les bactéries et les archées.

Le 3 avril marque une étape cruciale avec l’apparition de la photosynthèse, un mécanisme bactérien qui utilise la lumière du soleil pour assembler les éléments essentiels du vivant à partir d’eau et de dioxyde de carbone (CO2). Ce processus libère de l’oxygène, qui deviendra le comburant indispensable à la respiration, un autre mécanisme inventé par les bactéries permettant d’exploiter l’énergie solaire stockée dans les végétaux.

Le 24-25 septembre apparaissent les premiers organismes multicellulaires.

Le 23 novembre, les premiers végétaux apparaissent et commencent à se répandre sur la Terre.

Au début du mois de décembre, les premières forêts se forment. La vie animale peut alors se diversifier : le 6 décembre voient le jour les reptiles, le 14 décembre les premiers mammifères, et le 25 décembre les premiers primates.

Enfin, à la toute fin de la journée du 31 décembre, l’homme fait son apparition. Sur les 4,5 milliards d’années d’histoire de la Terre, celle de l’humanité représente une infime fraction du temps. Pourtant, son impact environnemental est considérable et souvent catastrophique. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous pu causer autant de dégâts en si peu de temps ? Nous avons parfois pris de mauvaises décisions, emprunté de mauvaises voies. Une étude approfondie de l’évolution nous apportera des réponses.

Les atomes : la base.

Les associations d’atomes pour former des molécules sont les premières étapes de l’apparition de la vie.

Extraits du livre  » Microcosmos  » de Lynn Margulis et Dorion Sagan publié aux Editions Wildproject.

« La souplesse du carbone est un des secrets de la vie sur Terre. Les atomes de carbone en agitation continuelle pendant l’Archéen, chaud et humide, se sont combinés facilement à l’hydrogène, l’oxygène, l’azote, le phosphore et le souffre pour créer une grande diversité de substances moléculaires. Ces six éléments constituent le dénominateur commun de toute la vie et représentent 99% du poids sec de tout être vivant. De plus, le pourcentage de chacun de ces éléments, la proportion d’acides aminés et de composants génétiques, et la distribution des longues molécules de protéines et d’ADN dans les cellules sont semblables dans toutes les formes de vie, depuis les bactéries jusqu’au corps humain. »

« La Terre primitive est le milieu qui convenait le mieux pour que le passage de la non-vie à la vie se fasse. Ce milieu a permis l’apparition de combinaisons moléculaires spécifiques à la vie à partir de réactions chimiques. Les substances chimiques ne se combinent pas au hasard, mais selon des modèles ordonnés. »

Mais où commence véritablement la vie : dès les premiers atomes, à partir des premières molécules ou uniquement avec les premières cellules ? Les cellules proviennent de collectifs de molécules, elles-mêmes issues d’assemblages d’atomes. À quel moment la vie apparaît-elle réellement ? Il me semble que la vie émerge progressivement, au fil de l’évolution. Plus les formes se complexifient, plus la vie devient manifeste. L’évolution débute avec des structures simples, les atomes, qui, en s’associant, donnent naissance à une grande diversité de formes plus complexes et vivantes, les molécules. Ce processus se poursuit jusqu’à l’apparition des êtres humains. Contrairement à une idée reçue, l’évolution n’est pas une lutte incessante pour la survie ou pour occuper une place au soleil, mais une succession de coopérations, d’associations et de partages, comme nous allons le découvrir.

Après les atomes, les molécules.

Après les atomes, ce sont les molécules qui commencent à se lier entre elles.

Les membranes représentent les premières frontières semi-perméables, séparant un « intérieur » d’un « extérieur », marquant ainsi la première distinction entre le soi et le non-soi, et l’émergence d’un rudiment de conscience.

La majorité des biologistes estiment que des lipides se sont associés à des protéines pour former des structures translucides, semblables à la vie, avant même l’apparition de la vie elle-même.

Ces sacs translucides peuvent être considérés comme les premiers essais de formes cellulaires, que l’on appelle protocellules.

« Pour être vivante, une entité doit être autopoïétique, c’est à dire capable de se protéger contre les adversités du monde extérieur. Un organisme échange constamment ses parties, remplace ses constituants chimiques sans jamais perdre son identité. L’autopoïèse est le fondement de la vie : toutes les cellules réagissent à l’environnement extérieur de manière à préserver leur identité. Mais même les prédécesseurs des cellules ont une certaine forme d’autopoïèse, une capacité à préserver leur intégrité structurelle et biochimique face aux aléas environnementaux. »

« Une vingtaine d’acides aminés différents, reliés en chaînes de quelques dizaines à plusieurs centaines, constituent les protéines de toutes les formes de vie sur Terre. La séquence d’acides aminés détermine la forme de la molécule, puis la forme détermine la fonction. Le code qui traduit la séquence de nucléotides dans l’ADN en une séquence d’acides aminés dans une protéine est universel. »

Apparition de la forme cellulaire.

« Il y a 3,5 milliards d’années, la vie s’est organisée sous la forme de la cellule dotée d’une membrane , contenant environ 5000 protéines gouvernées par L’ADN et communiquant par l’intermédiaire de l’ARN. Une fois l’autopoïèse assurée de son existence et la reproduction certaine de son expansion, l’évolution a pu se mettre en marche. Le microcosme terrestre, l’âge des bactéries venait de commencer et il se continue de nos jours. »

Les protocellules sont très simples. Individuellement, elles ont peu de capacités, mais ensemble, elles disposent de bien plus de moyens pour survivre. De leur association naîtra une nouvelle forme cellulaire : la bactérie. En se diversifiant et en se multipliant, les bactéries finiront par coloniser l’ensemble de la surface de la Terre.

« L’essence du vivant est une mémoire, la préservation physique du passé dans le présent. En se reproduisant, les formes de vie relient le passé au présent et enregistrent des messages pour l’avenir. »

« Il ne fait guère de doute que la pellicule planétaire – nous y compris – est autopoïétique. La vie à la surface de la Terre semble se réguler face à une perturbation extérieure, et cela sans aucune considération pour les individus et les espèces qui la composent. Plus de 99 ,99% des espèces apparues sont aujourd’hui éteintes. La pellicule planétaire , avec son armée de cellules, perdure depuis plus de 3milliards d’années. Son fondement passé, présent et futur, c’est le microcosme, des milliards et des milliards de microbes en communication et en évolution. Le monde visible constitue une fraction tardive, hyperdéveloppée, du microcosme. Il fonctionne grâce aux connexions perfectionnées qu’il maintient avec les activités du microcosme. »

Autrement dit, les végétaux, les animaux et les humains sont constitués de microbes. Nous faisons partie du microcosme et nous en sommes dépendants.

« L’idée selon laquelle la nature sans nous serait démunie, est une illusion. Nos activités nous semblent importantes, mais elles ne sont pas grand chose face aux activités de la riche couche d’organismes interdépendants qui forment la surface de la planète. Nous pouvons polluer l’air, l’eau et la Terre, entraîner notre disparition, cela n’aura aucun effet sur la persistance du microcosme. Après notre mort nous retournons à l’humus, nous redevenons bactéries, molécules et atomes qui seront recyclés. Le microcosme continue d’évoluer autour de nous et en nous et il continuera après nous. »

Nous dépendons du microcosme, des virus et des bactéries qui composent notre être. C’est à eux que nous devons la vie. Que leur rendons-nous en retour ? Les considérant comme responsables de certaines maladies, nous ne cessons de chercher à les éliminer avec des antibiotiques, des antiseptiques et bien d’autres produits. Pourtant, chaque fois que vous prenez un antibiotique, vous mettez en péril une partie de votre organisme. Heureusement, les bactéries possèdent une incroyable capacité d’adaptation, leur permettant de neutraliser les toxines ou de développer une résistance aux antibiotiques.

« Détruit 99,99% des bactéries et virus » : vraiment pas de quoi être fier!

Le slogan « détruit 99,99 % des bactéries et virus », fièrement affiché sur les produits des fabricants de détergents, est une véritable aberration.

« On a découvert des microbes fossiles vieux de 3,4 milliards d’années ce qui veut dire que la transition de la matière inanimée à la bactérie a pris moins de temps que la transition de la bactérie aux grands organismes connus. La vie est une compagne de la Terre presque depuis le début. Le lien vital entre la Terre et les organismes qui l’habitent nous met dans l’impossibilité de définir précisément la différence entre la matière vivante et la matière non vivante. »

Les virus et les bactéries existaient bien avant l’apparition de l’homme. Ils n’ont pas été créés pour le détruire. Au contraire, ils en sont des éléments fondamentaux. Les germes pathogènes n’existent pas !

Mais je me laisse emporter par mon enthousiasme. Avant d’affirmer cela, il est nécessaire de vous présenter tous les arguments qui mènent à cette conclusion révolutionnaire. Et croyez-moi, ils sont nombreux. Commençons donc par les protocellules. Que sont-elles réellement ?

Voici ce que Patrick Forterre, biologiste, en dit dans la revue Science & Vie Hors Série n°302, juillet 2022 :

« SVHS : Comment est-on passé de l’inerte au vivant ?

Patrick Forterre, biologiste : Cette question est encore débattue. Selon la théorie actuellement dominante, les molécules organiques utilisées par le vivant ( notamment les acides aminés, constituant les protéines et les lipides – les graisses – qui forment les membranes des cellules ) sont apparues sur Terre, même si certaines d’entre elles ont peut-être été rapportées par des comètes ou des météorites. D’après le chercheur russe Armen Mulkidjanian, auteur d’un article sur ce sujet paru en 2012 dans la revue PNAS, tout se serait joué dans des sources chaudes terrestres riches en potassium [ un minéral indispensable à la vie actuelle, NDLR ]. Ceci expliquerait pourquoi les cellules de tous les organismes contiennent en abondance cet élément rare sur terre et dans les océans. En revanche, on ignore encore comment est apparu le premier métabolisme capable de fournir l’énergie nécessaire à la formation des molécules géantes caractéristiques de la vie actuelle ( protéines, acides nucléiques, etc.).

SVHS:A quoi ressemblait le premier être vivant ?

P.F. : Il s’agissait sans doute de cellules rudimentaires, ou protocellules : des vésicules entourées d’une membrane lipidique et capables d’un métabolisme primitif fournissant le minimum d’énergie nécessaire à leur stabilité et à leur croissance. En laboratoire, il est relativement facile d’obtenir de telles structures à partir de composants chimiques simples ( peptides, minéraux, etc.).Une étape-clé dans l’évolution de ces protocellules a été l’apparition de macromolécules capables de porter et de transmettre une information génétique. La plus ancienne connue à ce jour est l’acide ribonucléique (ARN), une molécule génétique plus simple que l’ADN. L’ARN est capable non seulement de porter une information génétique, mais il peut également catalyser des réactions chimiques. Il est alors appelé ribozyme, par analogie avec les enzymes classiques, qui sont, elles des protéines. Une étude japonaise publiée en mars 2022 dans le journal Science Advances a confirmé que l’ARN peut évoluer par lui-même pour former des molécules de plus en plus complexes… comme lors du processus d’évolution décrit par le biologiste britannique Charles Darwin. Reste que pour l’instant, on ne sait pas comment les briques complexes qui forment l’ARN, les ribonucléotides, sont apparues au sein des protocellules. Elles sont en effet très difficiles à obtenir en laboratoire par des méthodes non biologiques… »

L’étude détaillée des protocellules va nous permettre de découvrir les propriétés des virus et des bactéries.

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