
Comprendre les maladies pour les prévenir.
2 – Le cas de Mr Paul, un homme hyperactif.
Monsieur Paul (nom d’emprunt) était un client régulier de mon officine. Il venait parfois chercher un conseil rapide lorsqu’il rencontrait un petit problème. Homme hyperactif et entrepreneur infatiguable, il ne comptait pas ses heures. Ses affaires prospéraient, tout semblait parfait.
Sauf que son mode de vie, lentement et silencieusement dégradait sa santé. Une alimentation souvent ultra transformée, la pollution, un manque d’exercice physique, un sommeil insuffisant, le stress trop présent ont entrainé un affaiblissement de la vitalité, de légers dysfonctionnements du corps : digestion difficile, quelques diarrhées, quelques douleurs. Ces symptômes sont les signes d’alerte d’un problème à venir.
Pas le temps d’être malade!
Le mode de vie de Mr Paul entraine une accumulation de toxines dans le corps. Les diarrhées sont le meilleur moyen pour le corps d’éliminer l’excédent de toxines. Mr Paul n’ayant pas le temps d’être malade, prend aussitôt une gélule de lopéramide ( imodium) pour bloquer cette diarrhée inopportune. L’élimination des toxines ne se fait pas ou se fait mal Au fil du temps, le corps de Mr Paul s’encrasse de plus en plus.
Première tentative de nettoyage du corps.
Un hiver Mr Paul fait une grippe. Comme d’habitude, il prend des médicaments (antipyrétique, corticoïdes) prescrits par son médecin pour pouvoir continuer à travailler.
Le problème, c’est que la grippe, comme toutes les maladies dites « infectieuses » sont en fait des solutions vigoureuses et efficaces pour nettoyer le corps de toutes ses toxines. Les nettoyeurs sont les virus et les bactéries.
Je consacrerai plusieurs articles sur les maladies dites infectieuses.
L’hiver suivant, Mr Paul fait une nouvelle grippe, mais plus sévère cette fois-ci. Il rest au lit une journée, mais dès le lendemain, bourré de médicaments, il repart au travail.
Nouvelle réponse du corps : l’hypertension.
Le corps de Mr Paul, de plus en plus intoxiqué, n’est plus en mesure de répondre aux besoins énergétiques imposés par ce mode de vie délétère. Etant chaque fois perturbé voire bloqué quand il cherche à éliminer les toxines, il doit trouver une autre solution : ce sera l’hypertension.
Le corps est stressé, du fait qu’il ne peut plus agir et du stress chronique présent dans la vie de Mr Paul En situation de stress, la tension artérielle augmente par activation des mécanismes neuro-hormonaux de réponse au danger, principalement via le système nerveux sympathique. Le stress stimule l’hypothalamus, entraînant la libération de catécholamines (adrénaline, noradrénaline). Cela provoque une accélération du rythme cardiaque (effet chronotrope positif), une augmentation de la force de contraction cardiaque (effet inotrope positif) et donc une hausse du débit cardiaque, ce qui élève la pression artérielle.
Il s’agit d’une réponse adaptative e », visant à augmenter la perfusion des muscles et du cerveau, donc à fournir plus d’oxygène et de nutriments. Cette réaction est tout à fait appropriée à la situation.
Un nouveau problème apparait : l’hypertension n’est pas un état physiologique normal. Des maux de têtes de plus en plus fréquents, un premier malaise puis un second plus sévère conduisent Mr Paul à consulter.
Plus rien ne va : c’est la dépression!
Son médecin, conformément à ce qu’il a appris, prescrit un traitement antihypertenseur et quelques consignes diététiques. Pendant quelques mois tout semble bien aller, mais Mr Paul s’aperçoit qu’il a de plus en plus de mal à tenir le rythme endiablé qu’il s’impose. Il finit par faire une dépression.
Que s’est-il passé? Prescrire un antihypertenseur semblait la bonne solution. Est-ce vraiment sûr?
Le corps de Mr Paul, après cette prescription, est perturbé dans ses moyens d’élimination des toxines et dans ces possibilités de fournir l’énergie nécessaire au fonctionnement imposé par le mode de vie de Mr Paul. Le corps, lui aussi entre en dépression, il n’a plus de solution.
Etait-il possible d’éviter cet enchainement mortifère? La réponse est Oui.
Mr Paul, cet hyperactif est contraint de ralentir, ce qui le déprime. Le médecin, constatant cette dépression, ajoute un antidépresseur au traitement. Malgré cela, sa santé mentale se dégrade. Il consulte un ami psychologue qui lui va trouver l’origine profonde de ses troubles. Son ami lui pose une question cruciale : « Pourquoi es-tu toujours hyperactif, qu’est-ce qui te pousse à ne jamais vraiment te reposer ? » Monsieur Paul répond qu’il a toujours été ainsi, qu’il ne peut s’en empêcher. Son ami l’interrompt : « Je sais cela, mais je te demande POURQUOI tu es comme ça. »
Après un silence, le visage de Monsieur Paul exprime l’incrédulité, puis la colère, puis ce sont les larmes qui coulent : il vient de découvrir la source de ses problèmes. Il se souvient d’une phrase répétée par son père lorsqu’il était enfant et qu’il était inactif : « La vie est trop courte pour se reposer. » Cette phrase, gravée dans son subconscient, était devenue invisible au niveau conscient, mais gouvernait sa vie, expliquant son hyperactivité.
Mr Paul est d’abord incrédule quand il redécouvre cette phrase qu’il avait complètement oubliée. Puis c’est la colère contre son père qui lui a pourri son existence. Enfin, ce sont les larmes car il est très douloureux de constater qu’on a pas vraiment décidé de sa vie.
Mr Paul doit alors faire un travail sur lui-même. Il doit d’abord accepter la situation sans se juger. Il doit ensuite pardonner à son père qui croyait bien faire en fonction de ses propres croyances. Après cela, il pourra reprendre sa vie en main.