Placebo, nocebo.

La liberté de choisir nos croyances.

2 – Placebo, Nocebo

Nous devons admettre que nos croyances, notre imagination et nos émotions conditionnent tout ce qui se déroule dans notre vie. Nos convictions ont le pouvoir d’influencer notre corps, pouvant même conduire à des conséquences mortelles, comme le démontrent les exemples suivants.

Un cas de cancer avancé.

Un homme ,suivi par le Docteur Philip West était traité pour un cancer avancé appelé lymphosarcome. Tous les traitements avaient échoués et son état se détériorait de plus en plus, à tel point que le Dr West ne s’attendait pas à ce qu’il passe la semaine. Mais le patient voulait vivre et s’accrochait à l’espoir d’un nouveau médicament nommé krébiozen. Il était convaincu que seul ce médicament pouvait le guérir.

Malheureusement ce médicament n’était disponible que dans des essais cliniques pour des personnes qui avaient encore au moins 3 mois à vivre, ce qui n’était pas le cas de notre homme. Ce patient était tellement certain que ce médicament le guérirait, qu’il harcela son médecin jusqu’à ce que celui-ci cède et lui injecte le krébiozen.

Le médecin pensait toujours que son patient ne passerait pas la semaine. Contre toute attente le patient entra en rémission. Les masses tumorales avaient fondues comme neige au soleil. Dix jours après la première injection de krébiozen, le patient quittait l’hôpital.

Mais deux moi après sa sortie , le patient lit un article qui annonce que le krébiozen ne semblait pas être efficace . Le patient, faisant confiance aux revues scientifiques, fût désespéré et son cancer refit son apparition. Son médecin décida alors d’avoir recours à la ruse. Il dit à son patient que le premier lot de médicament s’était détérioré pendant le transport et n’était plus efficace, mais qu’il avait reçu un nouveau lot qui, lui, était efficace. En fait, le médecin lui injecta de l’eau distillée.

Le miracle se produisit une nouvelle fois, les tumeurs se désagrégèrent et le patient se sentit à nouveau bien pendant deux mois.

Puis l’association médicale américaine annonça qu’une étude au plan national portant sur le krébiozen avait démontré que le médicament n’avait aucune efficacité. Cette fois le patient perdit totalement confiance dans son traitement. Son cancer revint immédiatement et il décéda deux jours après.

Dans cet exemple on observe que l’injection du médicament et l’injection du placebo ont la même efficacité. Il s’agit de deux produits totalement différents et pourtant nous obtenons le même résultat : la rémission du patient. Nous savons que le placebo utilisé, de l’eau distillée, n’a aucun effet sur un cancer. Nous savons également que le médicament utilisé, le krébiozen, n’a aucune efficacité.

Qu’est-ce qui a donc guéri notre patient ? Dans les deux cas, le patient est convaincu que le produit qu’on lui administre va le guérir et c’est effectivement cette croyance qui agit sur son corps et qui fait disparaitre la tumeur. Le produit utilisé, placebo ou médicament peu importe, sert de support à la croyance. Nous avons tous l’habitude de chercher à l’extérieur les causes de notre bonheur ou de notre malheur, de notre santé rt de nos maladies. Dans le cas de la maladie, nous ne faisons pas confiance à notre pouvoir d’autoguérison intérieur, nous conditionnons notre guérison à quelque chose d’extérieur. Dans notre exemple, le patient a conditionné sa guérison à la prise d’un médicament. Il s’est focalisé sur cette condition et ça fonctionne. Mais lorsqu’il s’avère que la condition n’est pas fiable, est inefficace, ça ne fonctionne pas.

Notre esprit peut nous guérir, mais nous sommes tellement focalisés sur le monde extérieur que nous déléguons à des objets extérieurs le pouvoir de notre esprit.

Les médicaments allopathiques exercent une action biochimique sur le fonctionnement du corps. Cette action peut être positive , mais elle peut aussi être négative, c’est ce qu’on appelle les effets secondaires, qui en fait n’ont rien de secondaires. Ce sont des effets au même titre que l’effet thérapeutique. Le pouvoir de guérison du médicament est largement dû à la croyance du médecin et du patient.

Test clinique d’un antidépresseur.

Un homme de 26 ans participe à un test clinique sur un antidépresseur. Un jour, il fait une tentative de suicide en avalant 29 comprimés que lui a fourni le laboratoire pour le test.

Emmené aux urgences, il présente tous les signes d’une intoxication : teint livide, sueur abondante, difficulté à respirer, tension basse …Il est mis sous surveillance pendant des heures.

Il finit par se rétablir quand le médecin lui apprend qu’en fait le soi-disant anti-dépresseur qu’il a avalé était un placebo.

Deux croyances ont entraîné cette réaction : le patient croyait qu’il avait pris un anti-dépresseur et tout le monde sait que ce type de médicament à haute dose est très dangereux. La réaction du corps médical renforce la croyance de cet homme : on l’emmène aux urgences, c’est donc que son état est grave.

Utilisation d’un placebo pendant la seconde guerre mondiale.

Seconde guerre mondiale sur le front d’Italie : Henri K. Beecher, anesthésiste, soigne les victimes des bombardements. Etant à court de morphine pour soulager les victimes, il décide de leur injecter une solution saline tout en leur annonçant que cette dose allait les soulager et diminuer fortement la douleur. Il constate alors que de nombreux blessés sont soulagés.

Sur le plan de la douleur, des études ont montré que le placebo induit un effet impressionnant équivalent à 5mg de morphine intraveineuse.

Une fausse intervention chirurgicale.

Une fausse intervention médicale peut guérir. Un article du New England Journal of Médecine présentait le Dr Mosely , chirurgien renommé pour ses interventions chirurgicales sur des patients souffrant de douleurs invalidantes au genou. Pour prouver l’efficacité de ses opérations, il scinda ses patients en deux groupes. Le premier groupe subit la fameuse opération du Dr Mosely. L’autre groupe subit un simulacre d’opération; le patient était bien mis sous sédatif, trois incisions étaient faites aux mêmes endroits que ceux de la véritable intervention et une image réenregistrée de l’opération d’un autre patient leur était montrée sur écran vidéo. Le Dr Mosely avait même fait entendre des projections d’eau pour imiter le son de la procédure de nettoyage, puis il avait recousu le genou.

Comme prévu, les patients qui avaient subi la véritable intervention constatèrent la disparition de leur douleur au genou. Mais à la grande surprise des chercheurs, ceux qui avaient subi l’opération fictive obtenaient la même disparition de leur douleur au genou. La croyance dans l’efficacité de l’opération, qu’elle soit effective ou fictive, explique que le résultat soit le même dans les deux cas. Le support de la croyance est l’opération réelle ou fictive.

Un décès du à un effet nocebo.

La croyance peut aussi avoir un effet négatif : on parle alors d’effet nocebo.

Voici l’exemple d’un décès potentiellement du à un effet nocebo. Un médecin a diagnostiqué à l’un de ses patients un cancer de l’œsophage considéré à l’époque comme incurable. La prise en charge est immédiate, mais les choses empirent et tout le monde (médecins et entourage) est pessimiste sur ses chances de survie.

Effectivement le patient décède. Mais l’autopsie ne révèle aucune trace de cancer de l’œsophage, seules quelques taches au foie et une au poumon. Pas de quoi causer une mort aussi rapide.

Dans ce cas, c’est l’affirmation du médecin qui est acceptée par le patient qui fait confiance au médecin. La parole du médecin devient une croyance pour le patient : j’ai un cancer incurable et je vais mourir. L’attitude de l’entourage ne fait qu’accentuer la croyance du malade.

Il semble que lorsque nous sommes focalisés sur une croyance, nous en faisons une vérité absolue. Le patienta transformer le diagnostic du médecin en vérité absolue. Il est admis par tous que le cancer est une maladie mortelle. Rien ne pouvait changer la croyance du malade. Son décès était inéluctable.

Si le patient avait refusé de croire au diagnostic, quee se serait-il passé?

Nous avons tellement confiance en la médecine que nous acceptons le diagnostic sans aucune hésitation.

La potion miraculeuse du pharmacien.

Troyes, début du XXème siècle. Une femme, malade demande à son pharmacien une potion qui est, selon elle très efficace sur son mal. Mais la réglementation en vigueur interdit au pharmacien de délivrer cette potion car elle contient des substances dangereuses. Voyant l’état de la patiente il décide de lui délivrer un flacon rempli d’eau aromatisée, mais en lui assurant qu’il y a bien les produits demandés. Quelques jours plus tard, la femme revient voir le pharmacien pour lui dire que la potion l’a guéri. Ce pharmacien, c’est Emile Coué. Il prend alors l’habitude d’accompagner la délivrance des médicaments de paroles d’encouragements. Ainsi est né la méthode Coué.

Tous ces exemples tendent à nous monter le rôle capital de nos croyances sur notre santé et notre vie individuellement et collectivement. Il est de notre devoir de défendre et d’exercer notre liberté dans le choix de nos croyances.

Il se peut qu’au début vous soyez le seul à avoir cette croyance. Est-ce une raison de se taire? Je ne crois pas.

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