A la recherche de l’humus.

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L’humus est source de vie. La santé de la planète et de tous les êtres vivants en dépend.

L’humus peut-il sauver l’humanité?

Aujourd’hui, nous allons mettre les mains dans la terre, à la recherche de l’humus. Pourquoi partir à la recherche de l’humus, me direz-vous ? Il y a deux raisons à cela :

Premièrement, l’humus est en danger, voire quasiment en voie de disparition.

Deuxièmement, l’humus est indispensable à notre survie : il permet de contrôler le réchauffement climatique, de diminuer la quantité de CO2 dans l’air, de diminuer la pollution de l’air, de l’eau et du sol, d’augmenter le pouvoir fertilisant des sols, de favoriser la biodiversité et, pour finir, d’améliorer notre état de santé. 

1 – Qu’est-ce que l’humus ?

Définition de Wikipédia :

« L’humus est la couche supérieure du sol créée, entretenue et modifiée par la décomposition de la matière organique, principalement par l’action combinée des animaux, des bactéries, des virus et des champignons du sol.

L’humus est une matière souple et aérée qui absorbe et retient l’eau, de PH variable selon que la matière organique est liée ou non à des minéraux, d’aspect foncé (brunâtre à noir) , à l’odeur caractéristique variable selon qu’il s’agit d’une des nombreuses formes d’humus forestier, de prairie ou de sol cultivé. »

L’humus est riche en substances minérales directement assimilables par les plantes. Il améliore la structure du sol. C’est un régulateur des échanges de l’air, de l’eau et de la chaleur entre le sol, les végétaux et l’air. L’humus retient l’eau, évite le lessivage des sols et évite le déssèchement trop rapide des sols par temps sec. L’humus est indispensable à la fertilité du sol.

Une plante qui pousse sur une terre riche en humus trouve tous les éléments nutritifs dont elle a besoin. Elle a beaucoup de vitalité ce qui lui permet de mieux résister aux maladies et aux parasites. Il sera moins nécessaire, voire inutile, d’utiliser des engrais chimiques et des pesticides.

Par ailleurs, quand une plante pousse, elle absorbe du CO2 grâce à la photosynthèse. Quand la plante meure, elle est décomposée par les bactéries, les champignons et les vers de terre. Les molécules de carbone se lient aux argiles du sol et aux minéraux pour former de l’humus.

L’humus est la partie biologiquement la plus active du sol. Il délivre aux racines des plantes de l’azote, du phosphore et tous les éléments nutritifs nécessaires à la croissance des végétaux.

2- Les avantages de l’humus.

Il permet le stockage du carbone dans le sol. Un taux de croissance annuel du stock de carbone dans le sol de 0,4% permettrait de retirer de l’atmosphère l’équivalent du surplus de CO2 émis par les activités humaines. Voilà un levier d’action sur le réchauffement climatique, facile à mettre en place si on s’en donne les moyens.

Autre avantage de l’humus : il retient l’eau et évite ainsi le dessèchement des sols et le ruissellement.

L’humus rend les terres plus riches, plus fertiles. Au bout de quelques années, les engrais, pesticides et autres produits phytosanitaires chimiques deviennent inutiles. Il y a donc diminution de la pollution des sols, de l’air, des céréales, des fruits et des légumes ce qui ne peut qu’améliorer l’état de santé de la population et permet de diminuer les dépenses de santé.

Les avantages de l’humus sont nombreux. Tout doit donc être fait pour le préserver et pourtant les surfaces de sol recouvertes d’humus ne cessent de diminuer. Le fonctionnement de la forêt nous montre comment se forme l’humus.

3 – Comment fonctionne une forêt ?

Dans une forêt nous trouvons des animaux (de nombreuses espèces) dont les déjections serviront d’engrais naturel pour les végétaux.

Dans une forêt, nous trouvons des végétaux de différentes espèces.

Dans une forêt, rien ne se perd, tout ce qui meurt retourne à la terre sous forme d’humus.

Dans une forêt, l’énergie solaire est entièrement captée par les feuilles, elle est filtrée et atténuée.

La force des pluies et des vents est freinée.

L’eau s’infiltre lentement dans le sol et est retenue par l’humus ce qui évite l’érosion et le ruissellement.

Les nutriments dont les arbres ont besoin sont puisés dans les couches profondes du sol par les racines.

Il se forme en permanence de grandes quantités d’humus qui fertilisent le sol et permettent la croissance des végétaux, ce qui permet aux animaux, aux insectes et aux micro-organismes (bactéries, virus, champignons) de prospérer. C’est ainsi que les forêts se perpétuent depuis des millénaires.

Nous devons faire la même chose avec les terres agricles, par des méthodes de culture qui permettent à la terre de se régénérer naturellement.

La mer est aussi un milieu qui se régénère constamment depuis des millions d’années, qui retraite tous ses déchets et qui nourrit d’innombrables organismes.

L’homme est apparu, a prospéré grâce à cette nature généreuse. Par sa bêtise, son avidité toujours grandissante, son irrespect total pour toutes les formes de vie différentes de la sienne, il a peu à peu brisé tous les équilibres avec les conséquences que nous observons maintenant. Il nous faut donc agir pour essayer d’atténuer les conséquences néfastes de nos agissements irresponsables et cela est maintenant urgent

La préservation de l’humus est un des moyens d’action. Depuis de nombreuses années, nous ne cessons de diminuer la part des sols recouverts d’humus.

4 – Les causes et les remèdes à la disparition de l’humus.

Il y a deux causes principales à la disparition de l’humus :

  • L’augmentation constante des surfaces bétonnées ou goudronnées.
  • L’agriculture intensive.

Dans les deux cas, les moyens d’action sont possibles et relativement faciles à mettre en place avec de la bonne volonté.

Les surfaces bétonnées et goudronnées.

Vous me direz qu’il faut bien construire des habitations, des usines et faire des routes pour relier tout ça. Je suis d’accord, mais il y a une façon de le faire. Nous ne pouvons plus nous permettre de faire n’importe quoi.

Par exemple, avant de construire de nouveaux lotissements, regardons s’il n’y a pas de logements inhabités, de maisons à l’abandon. Toute la politique d’urbanisation doit être revue. Les espaces verts et arborés sont indispensables, nous l’avons constaté cette année avec la canicule.

La semaine dernière, j’étais dans un lotissement et je regardais les terrains autour des maisons. Certains étaient totalement ou partiellement goudronnés avec un minimum de végétation. On peut même voir des pelouses synthétiques ! Pour d’autres, on peut voir une grande surface de pelouse mais sans aucun arbuste,ni arbre.

Si vous avez le bonheur d’être propriétaire de votre maison, entourez la de végétation, d’arbustes et d’arbres si la surface le permet. Il y a une étude qui a montré que dans les hôpitaux, les patients qui sont dans une chambre dont la vue par la fenêtre donne sur la nature , guérissaient plus vite.

Invitez la nature chez vous, vous serez plus heureux.

Il faut répertorier les espaces verts déjà présents dans les communes, répertorier les espaces où il serait possible de végétaliser, de planter des arbres. Après l’inventaire, il faut passer à l’action et remettre la nature dans les villes de façon harmonieuse. Faites pression sur les élus pour que cela soit fait.

L’agriculture intensive.

La deuxième cause de réduction de l’humus est l’agriculture intensive, ce qui est un énorme paradoxe car préserver l’humus est pourtant très favorable à l’agriculture : c’est un fantastique agent fertilisant, un capteur d’eau évitant le ruissellement et le dessèchement du sol, un piège à carbone diminuant ainsi le réchauffement climatique. L’agriculteur a tout intérêt à préserver l’humus.

  • Il est indispensable et urgent de changer les techniques agricoles. Le labour est une catastrophe pour l’humus. Il dilue l’humus en l’enfouissant causant une minéralisation trop rapide de la matière organique et des pertes de sols qui atteignent couramment 10 tonnes par an et par hectare en zone tempérée.
  • Si l’humus est enfoui par labour profond ou asphyxié ( par exemple en cas d’inondation prolongée, de compression, de bâchage étanche), il se dégrade et libère des composés toxiques et du méthane.
  • Enfin, une grande partie des produits phytosanitaires déversés par tonnes sur les sols sont néfastes à la formation de l’humus, par destruction des bactéries et champignons du sol et par la mort de nombreux insectes et animaux.

Par le machinisme, la monoculture, le labour profond et la fertilisation chimique, le résultat de l’agriculture intensive est l’augmentation des maladies des plantes et des animaux, l’obligation de « protéger » les cultures en déversant des tonnes de poisons, la disparition de l’humus.

Les agriculteurs doivent changer leurs méthodes de culture. Il est urgent de revenir à une agriculture biologique, de pratiquer les cultures associées, de maintenir les couches de terrain à leur place en supprimant le labour profond.

La terre ne doit jamais restée nue : il faut recourir au paillage ou ensemencer une couverture végétale. Une terre nue perd son humus, se dessèche rapidement et subit l’érosion.

Le mot biologique signifie qui se rapporte à la vie. L’agriculture biologique rejette tout ce qu’on appelle l’agrochimie, utilise des méthodes qui respectent la terre et la biodiversité, respecte l’être humain en lui fournissant des aliments sains.

Voici un extrait du livre « Votre potager biologique » de Vincent Gerbe, paru aux éditions Dangles en 1982 :

« Les sociétés industrielles modernes dilapident de grandes ressources organiques qui devraient être utilisées pour la fertilisation des campagnes : tous les déchets des villes susceptibles d’être compostés, le seront un jour proche, à n’en pas douter, quand les engrais chimiques seront devenus trop coûteux pour l’agriculture. Le temps viendra bientôt où le citadin sera contraint pour sa survie, de se livrer à la tâche non pas dégradante, mais humble de collecte minutieuse de toutes les matières compostables pour les jardins et l’agriculture. La fertilité des sols s’épuise à nourrir les villes qui ne restituent que de la pollution sous toutes ses formes ; il est insensé que les campagnes consomment des engrais et des pesticides polluants, tout en ruinant leurs sols et qu’au même moment, par leurs égouts, les villes saturent les fleuves et les côtes de matières organiques, qui devraient être restituées, après transformation, aux cultures ».

Ceci a été écrit en 1982, il y a 44 ans. Il serait peut être temps que l’on s’y mette.

Tous les déchets végétaux et organiques doivent être récupérés, compostés et utilisés par l’agriculture.

L’agriculture traditionnelle des anciens nous a laissé des terres en parfait état. A partir du début du XXème siècle, la dégradation des terres agricoles n’a cessé d’augmenter du fait du remembrement (arrachage en masse des haies), de la monoculture, de l’emploi d’engins agricoles trop lourds, de l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques dévastateurs.

L’allaitement des bébés a toujours été considéré comme bénéfique pour l’enfant, bien plus que les laits artificiels. Aujourd’hui, le lait maternel contient des doses de pesticides supérieures aux normes fixées par l’OMS. Oui, allaiter son enfant, c’est possiblement le mettre en danger.

En sauvant un arbre, en replantant un arbre, en préservant une haie, en reconstituant une haie, en reconstituant la couche d’humus sur le moindre mètre carré, nous contribuons à notre survie.

Pour bien comprendre l’impact de l’agriculture intensive sur notre alimentation, voici un article paru dans la revue «L’ère nouvelle» n°221 pages 20 et 21, paru en 2015. L’auteur est Mr Georges Conan-Delbos et son article est intitulé :

«Les pommes sont devenues des coquilles vides»

« Dans son numéro du 21 janvier 2015, notre estimé confrère Terraeco.net pose la question :

Pourquoi une pomme des années 1950 équivaut à cent pommes d’aujourd’hui ?

La réponse est connue de longue date par tous ceux qui se soucient de la valeur de nos aliments, laquelle conditionne directement notre santé : les techniques de l’agriculture intensive ont complètement bouleversé les moyens dont les plantes elles-mêmes se »nourrissent » des éléments qu’elles tirent du sol. On s’est extasié sur les résultats quantitatifs de cette agriculture qui ne respecte pas la nature, en affirmant qu’elle a permis de nourrir de plus en plus d’humains. C’était oublier que cela se faisait au détriment de la qualité nutritive des fruits et des légumes. Et nul doute que l’explosion des maladies dégénératives et auto-immunes découle directement de cette chute qualitative des végétaux que nous absorbons. Car ceux-ci sont devenus des coquilles vides bourrées d’eau et de sucre, mais dépourvues des nutriments nécessaires à notre santé et à notre vigueur. De sorte que l’on peut se demander aujourd’hui combien il faut manger de fruits ou de légumes pour obtenir les mêmes apports nutritifs que ceux-ci nous apportaient il y a 50 ans.

Sommes-nous donc condamnés à «  manger toujours plus pour se nourrir de moins en moins », selon la formule inquiétante de Terra eco, qui nous précise qu’une « dizaine d’études d’universités canadiennes, américaines et britanniques, publiées entre 1997 et aujourd’hui, font état d’une dégringolade de la concentration en nutriments dans nos aliments. »

Ces travaux sont résumés dans l’étude « Still no free lunch » de Brian Halweil, chercheur au Worldwatch Institute et ils confirment l’essor de la « calorie vide » : grasse, sucrée, mais inutile pour la santé. Même dans les aliments réputés sains, la teneur en vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisés par deux, par vingt-cinq, voire par cent, en un demi-siècle. Pour retrouver les qualités nutritionnelles d’un fruit ou d’un légume des années 1950, il faudrait aujourd’hui en manger une demi-cagette.

100 fois moins de vitamine C !

Prenons l’exemple de la vitamine C, dont nul n’ignore le rôle capital quelle joue dans notre organisme, notamment pour fortifier notre système immunitaire. Eh bien il apparaît que là où une pomme d’autrefois, telle que la dégustaient nos grand-parents, ou même encore nos parents, leur apportait 400 mg de vitamine C, indispensable notamment à la fabrication et à la réparation de la peau et des os, une pomme d’aujourd’hui, comme par exemple la Golden standardisée qui envahit tous les étalages, ne nous en apporte plus que… 4 mg ! Oui, vous avez bien lu : cent fois moins! C’est à peine croyable.

« Après des décennies de croisement, l’industrie agroalimentaire a sélectionné les légumes les plus beaux et les plus résistants, mais rarement les plus riches sur le plan nutritif », déplore Philippe Desbrosses, docteur en sciences de l’environnement à l’université Paris-VII et militant pour la préservation des semences anciennes.

Vitamine A: une orange hier = 21 oranges aujourd’hui

Tout aussi catastrophique, la diminution dramatique de la vitamine A, si précieuse pour notre vue et nos défenses immunitaires, qui est en chute libre dans 17 des 25 fruits et légumes scrutés par des chercheurs canadiens dans une étude synthétisée pour CTV News. Et sa disparition est déjà totale dans la pomme de terre et l’oignon qui n’en contiennent plus le moindre gramme.

Il y a un demi-siècle, une seule orange couvrait la quasi-totalité de nos besoins quotidiens – les fameux AJR ( apports journaliers recommandés) – en vitamine A. Aujourd’hui, il faudrait en manger 21 pour ingurgiter la même quantité de la précieuse vitamine. De même, une pêche des années 1950 équivaut à 26 pêches aujourd’hui.

Fer : la viande en contient 2 fois moins

En ce qui concerne les sels minéraux, prenons les céréales : le blé, le maïs et le soja sont aujourd’hui plus pauvres en zinc, en cuivre et en fer qu’il y a cinquante ans. Appauvries par des décennies d’agriculture intensive et de sélections variétales, ces céréales réapparaissent dans l’auge de nos bêtes, qui par répercussion, se trouvent moins bien nourries que leurs ancêtres. En bout de chaîne, l’animal devenu steak apportera moins de micronutriments dans nos assiettes. Tel est l’effet domino identifié par le chercheur américain David Thomas. Dans son étude publiée dans la revue Nutrition et Health, il constate qu’à poids égal un même morceau de viande apporte deux fois moins de fer qu’un demi-siècle auparavant. Or, celui-ci sert à l’élaboration des globules rouges(et lui donne leur couleur). Avec cette diminution du fer, on peut dire que le consommateur moderne a «  du sang de navet ».

D’autre part, selon Philippe Desbrosses : le lait « a perdu ces acides gras essentiels ». Des acides indispensables à nos membranes cellulaires, à notre système nerveux et à notre cerveau et qui doivent impérativement nous être apportés par l’alimentation.

Quatre fois moins de calcium dans le brocoli !

Alors que ce chou venu du sud de l’Italie contenait 12,9 mg de calcium, ce précieux allié de la construction osseuse et de la coagulation du sang, par gramme en 1950, il n’en renfermait plus que 4,4 en 2003 , selon une étude de l’université du Texas, soit quatre fois moins. On n’ose imaginer ce qui lui en reste en 2015 ! Et ne comptez pas sur le brocoli pour compenser la carence en fer de votre steak, car il vous faudrait en mettre six fois plus dans la soupe pour obtenir les mêmes bienfaits que par le passé. Sur les 25 légumes étudiés par l’équipe de recherche canadienne, 80% ont vu leur teneur en calcium et en fer décliner.

Le bio est-il une solution ?

Selon Terra éco, les facteurs de ce déclin sont multiples. Des sols plus pauvres, des végétaux cueillis trop vite, des traitements de conservation plus fréquents, des croissances plus rapides dopées par les engrais et une réduction du nombre de variétés, sélectionnées pour leur résistance aux parasites et leur rapidité de croissance… Autant d’éléments imputables à une quête de meilleurs rendements. Résultat : « Pour le maïs, le blé et le soja, plus le rendement est important, plus le contenu en protéines est faible », note Brian Halweil, dans son étude. Même chose pour les concentrations de vitamine C, d’antioxydants et de bêtacarotène dans la tomate : plus les rendements augmentent, plus la concentration de nutriments diminue.

Dernier espoir : « L’agriculture biologique peut contribuer à inverser la tendance », indique Brian Halweil dans son étude. De fait, à conditions climatiques équivalentes «  les aliments bios contiennent significativement plus de vitamine C, de fer, de magnésium et de phosphore que les autres ».

Toutefois, le chercheur nous met en garde : « Si les agriculteurs bio développent un système riche en intrants avec des rendements comparables aux exploitations conventionnelles, le bio verra son avantage nutritionnel s’éroder. »

Ce qui est également très important, c’est que les produits, bio ou pas, ne soient pas cueillis avant maturité, car ils sont alors pauvres en toutes choses. On doit donc toujours choisir des aliments mûrs, produits de manière non intensive. Encore faut-il avoir le choix. Or, comme chacun sait, la plupart des fruits en vente dans les grandes surfaces sont cueillis avant maturité. C’est théoriquement pour faciliter le transport, le stockage et la distribution, ce qui est une absurdité, car tout cela est aujourd’hui relativement rapide, si bien que les fruits arrivent durs et sans goût sur les étals, ce qui limite considérablement leur vente, en tout cas auprès des personnes relativement attentives à la qualité de leur nourriture. En outre, le plus souvent, ces fruits verts s’abîment sans mûrir, surtout si on les remet au frigo pour la nuit.

Personnellement, je suis ulcéré par la mise en vente de pêches, de nectarines ou d’abricots non mûrs qui ne sont que des « fantômes de fruits ». Et dois-je évoquer la prune Reine Claude, le plus délicieux des fruits lorsqu’il est mûr, et qui ne vaut rien du tout lorsqu’il ne l’est pas. Surtout, ne faites pas goûter à vos enfants des Reine-Claudes pas assez mûres ; ils en seraient dégoûtés pour la vie. En conclusion, si les gouvernements ne sont pas capables d’imposer l’agriculture biologique, nous allons au-devant de catastrophes sanitaires que rien ne pourra stopper. Sauve qui peut ! »

5 – Le projet « 4 pour mille »

Je vais terminer cet article consacré à ‘humus, par une initiative portée par le ministre français de l’agriculture en 2015.

La terre est au centre de cette initiative mondiale appelée « 4 pour 1000 » lancée par Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, en 2015. Le but est de favoriser la séquestration du carbone dans les sols tout en augmentant les rendements agricoles.

Nous l’avons vu, quand un végétal pousse, il absorbe du CO2, grâce à la photosynthèse et quand il se décompose , le carbone est stocké dans le sol, au sein de la matière organique, l’humus.

L’idée portée par le ministre, sur la base d’une étude de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), consiste à promouvoir à l’échelle mondiale des pratiques d’exploitation agricoles et forestières qui protègent la couverture végétale, sachant que les sols riches en humus sont plus fertiles et retiennent mieux l’eau.

Un taux de croissance annuel du stock de carbone dans le sol de 0,4% permettrait de retirer de l’atmosphère l’équivalent du surplus de CO2 émis par les activités humaines.

Pour ce faire, deux outils majeurs étaient retenus : l’agroécologie qui s’appuie sur les besoins locaux, les savoirs et cultures traditionnels avec l’aide de la recherche scientifique et l’agriculture de conservation qui promeut les techniques de couverture comme la paillage entre les plantations.

Ce projet était inscrit dans « l’Agenda des solutions » de la COP21 et devait être adossée à l’accord de Paris.

Je ne sais pas où en est ce projet en France et dans le monde. Si vous avez des informations à ce sujet, n’hésitez pas à les partager.

6 – Conclusion

La restauration de l’humus par l’agriculture biologique, les techniques de couverture des sols, la permaculture, le non labour, a de nombreux avantages Rappelons les propriétés de l’humus :

Il diminue le CO2 atmosphérique responsable du réchauffement climatique.

  • Il fertilise les sols et libère tous les éléments nutritifs nécessaires aux plantes, ce qui augmente les rendements. Les engrais et pesticides deviennent inutiles, d’où une diminution de la pollution du sol, de l’air, de l’eau et de nos aliments végétaux, d’où une amélioration de la santé des populations.
  • Les sols recouverts d’humus retiennent beaucoup mieux l’eau, ce qui évite le déssèchement de la terre, le ruissellement et l’érosion.
  • L’humus favorise la biodiversité : bactéries, virus, champignons, insectes et petits animaux.Tout le monde est gagnant dans cette histoire, l’agriculteur qui retrouve son indépendance, les populations qui verront leur santé considérablement s’améliorer et la planète qui pourra redevenir un véritable paradis. Il y a un perdant, l’industrie agrochimique qui s’oppose par tous les moyens, honnêtes ou malhonnêtes, à l’installation de cette agriculture vertueuse qui ferait fondre leurs profits. Leurs moyens de nuisance sont certes importants mais nous pouvons les combattre. Nous n’avons pas le droit de laisser les entreprises multinationales polluer et dévaster la terre, condamnant à terme l’humanité à disparaître.

Certes, la situation est critique, raison de plus pour ne pas baisser les bras. Nous pouvons encore limiter les dégâts, des solutions existent : la sauvegarde des forêts, la restauration de l’humus, une nouvelle urbanisation préservant un maximum d’espaces verts.

C’est à nous de décider. En tant que consommateurs, nous devons faire le choix de nos produits. Nous sommes tous conscients, je l’espère, de la médiocre qualité des aliments industriels. J’entends dire que la pollution étant générale, même les produits bio sont pollués. Il est vrai que l’agriculteur biologique n’est pas à l’abri des manœuvres de ses voisins (eau de ruissellement, épandage toxique aérien), mais ses cultures sont beaucoup moins polluées. Par ailleurs, l’agriculture bio enrichit la terre en minéraux et nutriments ce qui donne des produits plus sains et plus nutritifs. La terre, en agriculture biologique est riche en humus, elle est habitée par une vie intense. Elle n’a rien à voir avec la terre de l’agriculture intensive : une terre appauvrie où la vie a pratiquement disparue, une terre qui est devenue un simple support où l’on balance des tonnes de produits toxiques.

Jeter le doute sur les productions agricoles biologiques sous prétexte que toute la surface du globe n’est pas convertie aux méthodes agricoles naturelles, c’est vraiment faire preuve de mauvaise fois.

Que peut-on attendre de l’État face au lobbying de l’agrochimie, des grands semenciers et de l’industrie agro-alimentaire ? Prenons un exemple : pour être sûr d’acheter des aliments sains, nous devons lire une étiquette à la recherche des colorants, conservateurs et autres produits toxiques alors qu’il suffirait tout simplement de légiférer pour les interdire. Quel état sera capable de faire cela ? Nous risquons d’attendre longtemps, c’est donc à nous, consommateurs, de faire pression pour que les choses bougent.

Chaque jour, nous ingurgitons des quantités toujours plus grandes de produits toxiques qui perturbent le fonctionnement de nos corps, provoquant de plus en plus de maladies chroniques, de maladies auto-immunes et de maladies dégénératives. Il y a pourtant des solutions mais comment faire pour les appliquer ?

Tout cela n’est pas très encourageant, mais je garde l’espoir chevillé au corps. Nous allons bien finir par réagir, n’est-ce pas ?

a suivre

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