La légende des épidémies.

Comprendre les maladies.

5 – La légende des épidémies.

A – Espérance de vie du Moyen âge au XVIIIe siècle.

L’espérance de vie dans le passé est souvent mal comprise, car elle est fortement abaissée par la mortalité infantile. Voici les ordres de grandeur admis par les historiens et démographes.

Au Moyen Âge (environ Ve–XVe siècle) l’espérance de vie à la naissance est de 25 à 30 ans en moyenne. Ce chiffre bas s’explique surtout par : une mortalité infantile massive (30 à 50 % des enfants mouraient avant 5 ans), par les famines, les guerres et les « épidémies (peste, variole). Mais si une personne atteignaIt 10–15 ans elle pouvait espérer vivre jusqu’à 50–60 ans.

Au XVIe siècle (Renaissance) l’espérance de vie à la naissance est de 30 à 35 ans (légère amélioration)

Les progrès restent modestes :

  • toujours aucune médecine efficace contre les infections,
  • persistance des grandes épidémies (peste, variole),
  • conditions d’hygiène très limitées.

Espérance de vie à l’âge adulte ; un adulte de 20 ans pouvait espérer vivre encore. encore 30 à 40 ans, soit un âge final autour de 50–60 ans, parfois davantage chez les classes favorisées

Au XVIIᵉ siècle (1600–1700) l’espérance de vie à la naissance est de 25 à 30 ans. La mortalité infantile très élevée (30–40 % avant 5 ans). Les causes de mortalité sont toujours les mêmes : famines, guerres (ex. Guerre de Trente Ans), épidémies (peste, dysenterie, variole).

Si vous passiez l’âge de 10 ans, l’espérance de vie était de 50–55 ans. Les survivants pouvaient atteindre 60 ans et plus

Au XVIIIᵉ siècle (1700–1800), l’espérance de vie à la naissance est de 30 à 35 ans (progression lente mais réelle).

Les acteurs d’amélioration sont :

  • le recul progressif des grandes famines
  • l’amélioration agricole (révolution agricole)
  • les débuts de mesures d’hygiène publique

A 20 ans l’espérance de vie restante est de 30–40 ans.

Points essentiels à retenir

  • On ne mourait pas “jeune” par nature : on mourait surtout très tôt… ou relativement vieux
  • La mortalité infantile est le facteur déterminant des moyennes basse.

B – Utilisation des métaux lourds et de substances toxiques.

L’usage des métaux lourds et de diverses substances toxiques traverse toute l’histoire technique, de l’artisanat médiéval aux procédés industriels contemporains. L’évolution ne tient pas tant à leur disparition qu’à la compréhension progressive de leur toxicité, puis à leur encadrement réglementaire.

1 – Substances utilisées en médecine.

Arsenic : antisyphilitique, antiparasitaire

Mercure : syphilis, laxatif, antiseptique, diurétique.

Antimoine : émétique, antiparasitaire

Bismuth : antiseptique digestif

Colchicine (Antiquité) : goutte

Atropine / Belladone : antispasmodique, ophtalmologie

Aconit : analgésique

2) Moyen Âge : artisanat, pigments et métallurgie

Métaux lourds courants

  • Plomb (Pb) : omniprésent.
    • Tuyauteries, vitraux, soudures.
    • Pigments (blanc de plomb, minium).
    • Émaux et glaçures céramiques.
  • Mercure (Hg) :
    • Dorure au feu (amalgame or–mercure).
    • Fabrication de miroirs.
  • Arsenic (As) :
    • Alliages (durcissement du cuivre).
    • Pigments (orpiment).
    • Tannage et conservation.
  • Cuivre (Cu) :
    • Alliages (bronze, laiton).
    • Pigments (vert-de-gris).

Activités exposantes

  • Fonderies et ateliers de cloches.
  • Enluminure et peinture (ateliers monastiques).
  • Tanneries et teintureries.
  • Mines (Saxe, Bohême, péninsule Ibérique).

Connaissances toxicologiques

Empiriques. Les artisans observaient les “fièvres des fondeurs” ou les paralysies des peintres, sans cadre physiopathologique formalisé.


3) Renaissance – XVIIe siècle : proto-industrialisation

L’essor minier (Allemagne, Italie) et l’alchimie renforcent l’usage des métaux toxiques.

  • Paracelse formalise le principe « la dose fait le poison », fondement de la toxicologie moderne.
  • Intensification de :
    • L’extraction du mercure (Almadén, Idrija).
    • L’usage de l’arsenic comme toxique et médicament.
    • La fabrication de pigments au plomb pour la peinture de chevalet.

Les peintres comme Rembrandt ou Caravaggio utilisaient couramment des pigments au plomb et au mercure.

4) XVIIIe–XIXe siècles : Révolution industrielle

Changement d’échelle.

Métaux et composés majeurs

  • Plomb : canalisations urbaines, essence plombée (fin XIXe–XXe).
  • Mercure : industrie du feutre (maladie du “chapelier fou”).
  • Arsenic :
    • Pigment “vert de Scheele”.
    • Insecticides.
  • Cadmium (Cd) : pigments jaunes et rouges.
  • Chrome (Cr VI) : tanneries, pigments.

Cas emblématique

  • « Alice in au pays des merveilles » popularise l’expression du “chapelier fou”, issue des intoxications chroniques au mercure.

Environnement

Pollutions massives des sols et des cours d’eau . Absence quasi totale de normes.

C – Intoxications chimiques confondues avec des infections.

Voici un panorama structuré de situations historiques et médico-légalesune intoxication a été confondue avec une maladie infectieuse, parfois pendant des années — avec des conséquences majeures.

L’arsenic : le grand imitateur des maladies infectieuses

Contexte historique

  • Surnommé « la poudre de succession » (XVIe–XIXe siècle)
  • Incolore, peu détectable à l’époque
  • Provoque des tableaux pseudo-cholériques, pseudo-pesteux ou pseudo-typhoïdes

Confusions fréquentes

  • Choléra : diarrhées profuses, vomissements, collapsus
  • Fièvre typhoïde : fièvre, prostration, troubles digestifs
  • Peste septicémique (rare mais documenté) :
    • fièvre élevée
    • choc
    • décès rapide
    • absence d’agent infectieux identifié

Colchicine : le sepsis sans microbe

Mécanisme

  • Toxique cellulaire majeur
  • Atteint les tissus à renouvellement rapide
  • Effondrement hématologique secondaire
  • Donne un tableau clinique trompeur :
  • Phase initiale : fièvre, vomissements, diarrhées
  • Phase secondaire : choc septique,
  • Ressemble à une septicémie bactérienne fulminante, parfois traitée comme telle jusqu’au décès.

Ricin : la fausse infection respiratoire ou digestive

Cas emblématique

  • Assassinat de Georgi Markov (1978), Londres
  • Symptômes initiaux :
    • fièvre
    • malaise général
    • détresse respiratoire
      évoquant une infection aiguë sévère

Pourquoi la confusion ?

  • Réaction inflammatoire intense
  • Pas de marqueurs microbiens spécifiques
  • Décès retardé de quelques jours

Leçon : certaines toxines déclenchent une réponse immunitaire massive sans pathogène.


Mercure et métaux : les fausses maladies professionnelles infectieuses

Exemples

  • Ateliers, mines, usines
  • Tableaux pris pour :
    • tuberculose
    • encéphalite
    • pneumonie atypique

Cas historiques

  • Maladie de Minamata (Japon) initialement attribuée à une infection mystérieuse
  • Retard diagnostique majeur
  • Atteintes neurologiques irréversibles

Conclusion

L’histoire médicale montre clairement que :

  • les intoxications ont souvent été prises pour des maladies infectieuses
  • et encore aujourd’hui dans certains contextes

Voici une analyse critique des erreurs diagnostiques modernes en toxicologie clinique et médico-légale, malgré la biologie avancée, l’imagerie et la microbiologie moléculaire. Le problème n’est plus tant l’absence d’outils que leur mauvais cadrage conceptuel.


Le biais infectieux dominant (« tout est infection »)

Face à un tableau fébrile grave avec défaillance multiviscérale, le réflexe moderne est :

  • sepsis → antibiothérapie large → réanimation
  • la toxicologie est reléguée au second plan

Erreur typique

  • Cultures négatives attribuées à une antibiothérapie préalable
  • Absence d’agent ≠ absence d’infection (raisonnement circulaire)

Exemples fréquents

  • Colchicine, arsenic, paracétamol retardé
  • Ricin (formes non documentées immédiatement)

La fausse sécurité des tests microbiologiques modernes

Problème

  • PCR, panels syndromiques, hémocultures automatisées
  • Résultats négatifs rassurants… à tort

Erreurs

  • Penser qu’un panel négatif exclut une cause non infectieuse
  • Oublier que :
    • une toxine n’a pas de signature microbiologique
    • l’inflammation toxique imite une infection vraie (↑ CRP, PCT parfois élevée)

L’illusion de l’imagerie explicative

Exemple :

  • Infiltrats pulmonaires diffus → pneumonie
  • Encéphalopathie → encéphalite virale
  • Colite → infection digestive

Réalité :

L’imagerie montre la lésion, pas la cause.

Cas classiques :

  • Paraquat → fibrose pulmonaire toxique
  • Mercure → pneumopathie chimique
  • Arsenic → colite hémorragique

Erreur conceptuelle : confondre morphologie et étiologie.


Le sous-recours à la toxicologie analytique

Problème structurel :

  • Bilans toxiques « standards » limités
  • Peu de laboratoires spécialisés
  • Résultats tardifs

Erreurs pratiques :

  • On ne demande que :
    • alcool
    • benzodiazépines
    • opiacés
  • Métaux lourds, toxines végétales ou médicaments non recherchés
  • Que dire des produits phytosanitaires (herbicides, pesticides, fongicides…)
  • Même chose pour les conservateurs, édulcorants, colorants de l’industrie agro-alimentaire.

Ce qui n’est pas cherché ne sera pas trouvé.

Le piège du diagnostic psychiatrique ou fonctionnel

Situation :

  • Agitation, confusion, troubles du comportement
  • Troubles digestifs flous
  • Symptômes fluctuants

Erreurs graves :

  • Diagnostic de :
    • trouble anxieux
    • trouble somatoforme
    • sevrage alcoolique

Exemples :

  • Mercure : éréthisme pris pour trouble psychiatrique
  • Thallium : neuropathie attribuée à cause psychosomatique initialement

Les erreurs liées au contexte social et cognitif

Biais fréquents :

  1. Patient âgé → « infection probable »
  2. Patient polymédiqué → « iatrogénie banale »
  3. Profession jugée “sans risque” → pas d’enquête environnementale

Oubli critique :

  • Exposition domestique
  • automédication
  • compléments alimentaires
  • erreurs de dosage

Le diagnostic post mortem encore trop tardif

Réalité actuelle :

  • Autopsies en diminution
  • Analyses toxicologiques incomplètes
  • Pression administrative

Conséquence

  • Cause du décès erronée
  • Empoisonnements non détectés
  • Répétition possible (cas familiaux)

La toxicologie doit être un diagnostic réflexe, pas un diagnostic d’exclusion tardif.

D – La peur, le dernier ingrédient de la légende des épidémies.

Du Moyen âge au XVIIIe siècle, l’hygiène et les normes sanitaires sont très relatives. L’eau que consommait la population était régulièrement polluée par les métaux lourds et diverses substances toxiques. L’intoxication par ces produits présente de nombreux symptômes attribués aux maladies dites infectieuses. Les intoxications ont souvent été confondues avec la peste, le choléra, la typhoïde. Aux symptômes spécifiques à l’intoxication s’ajoutent les symptômes dus à la réaction du corps pour éliminer les produits toxiques en se servant des virus et des bactéries, comme nous le savons maintenant. On note d’ailleurs que ces épidémies apparaissaient dans les grandes villes principalement, ce qui n’est pas surprenant puisqu’elles sont les plus polluées. Comme évidemment de nombreuses personnes sont touchées au même moment, on peut croire à une épidémie.

Notons également qu’à partir du XVIIIe siècle, c’est le recul progressif des grandes famines, l’amélioration agricole (révolution agricole) et les débuts de mesures d’hygiène publique qui entrainent une nette diminution des épidémies, avant l’apparition des vaccins.

Il faut ajouter un dernier ingrédient , et pas des moindres, pour compléter le tableau épidémique : la peur avec son effet nocebo majeur qui affaiblit un peu plus les organismes augmentant ainsi le nombre de décès. Et savez-vous qui propage la peur à cette époque? Réponse : les curés.

La religion est toute puissante. Quel meilleur moyen de faire venir les mécréants à la messe: la peur. Imaginez le curé du haut de sa chaire : repentez-vous, le châtiment de Dieu est sur vous, il vous punit de vos péchés. Et qui peut dire qu’il n’a pas péché? On organise des processions et la peur se répand avec toutes ses conséquences mortifères. Les curés, en croyant bien faire, ne faisaient qu’aggraver la situation.

Ce n’est pas mieux de nos jours. Une nouvelle religion sème la terreur : la science avec à la place des curés, des scientifiques qui défilent sur les plateaux de télévision, tous dans la surenchère alarmiste comme nous l’avons vu pendant la pseudo pandémie de covid. Leur obsession vis à vis des microbes leur fait dire n’importe quoi.

Voila comment la légende des épidémies est née, engendrant une phobie microbienne totalement injustifiée mais qui persiste malheureusement de nos jours.

Il y a des scientifiques, des médecins, des thérapeutes qui dénoncent la théorie pasteurienne des germes pathogènes, mais personne ne les écoute.

Que pouvons-nous faire. Si j’ai réussi à vous convaincre qu’il faut changer de paradigme concernant les virus et bactéries, n’hésitez pas à partager ces informations.

Pour terminer cet article voici un extrait d’un livre et un article d’une revue concernant le stress et les maladies dites infectieuses.

Extrait du livre Médecine du mal, médecine des mots de Richard Sünder.

« Si la thèse de la médecine matérialiste conventionnelle est exacte, comment peut-elle expliquer que,dans tous les récits d’épidémie de peste ou de choléra que nous ayons, du XIXe siècle à l’Antiquité en passant par le Moyen Age, il se trouve toujours quelques rares individus qui passent à travers le fléau, sans jamais y succomber ?

Or, précisément ; ces rares individus sont ceux qui déploient une activité débordante à soigner les victimes, à enterrer les cadavres, à « désinfecter » les maisons, à brûler les objets « infectés », c’est-à-dire ceux qui, tout en étant au contact permanent de la prétendue infection, ont un psychisme si fortement équilibré qu’il est rebelle à toute crainte, à toute fragilisation et à tout effondrement ? Bref, ceux qui offrent la meilleure résistance au stress.

Pourquoi sont-ils systématiquement rebelles à toutes les « maladies infectieuses » qui frappent et font tomber comme des mouches la plupart des autres ? Pourquoi infligent-ils systématiquement le plus cinglant des démentis à la théorie pasteurienne de l’infection ?

Ne serait-ce pas parce que, précisement insensibles à la terreur de l’infection et au stress qu’elle engendre chez les gens « normaux », ils bénéficient d’une immunité qui est entièrement, totalement et purement psychologique ? Une immunité purement métaphysique qui les rend insensibles à la peur, au conflit et au…stress ? Très souvent, il y a, parmi eux, un « fou », dont les médecins nous disent qu’il a un psychisme complètement déséquilibré, un psychotique, dont l’esprit « rebelle à la « logique » ordinaire, n’éprouve pas la moindre crainte vis-à-vis de l’infection. Pourquoi les « fous » – ceux qui sont en état de psychose permanente, qui vivent apparemment dans une autre dimension de l’esprit que la nôtre – ne font-ils jamais de maladie infectieuse ni, apparemment, de cancer, aussi longtemps qu’ils restent dans leur psychose ? »

Le stress prédispose aux pires infections ! Néosanté N°95.

Elle finira par y arriver. Lentement mais sûrement, la médecine conventionnelle finira par admettre que la grande majorité des maladies sont imputables à un stress psycho-émotionnel préalable. Même les maladies infectieuses, celles dont on accuse les microbes ? Oui, même elles, comme le montre une récente étude suédoise. Les chercheurs ont suivi pendant 8 ans près de 150 000 personnes présentant un trouble lié au stress ou stress related disorder (SRD). De gravité variable, ce diagnostic psychiatrique est établi lorsque la pathologie mentale est déclenchée par un traumatisme identifiable. Les scientifiques ont également comparé cette cohorte à 185.000 de leurs frères et sœurs et à 1,5 million de sujets témoins issus de la population générale. L’objectif était de vérifier si un événement stressant de la vie pouvait être associé à un risque futur d’in fection sévère. Certes, d’autres recherches avaient déjà montré que le stress augmente la sensibilité aux maladies infectieuses. Sur l’homme et sur l’animal, des études ont démontré une forte modulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien en réponse au stress, avec une altération des fonctions immunitaires et une augmentation des réactions inflammatoires. Un risque accru d’infections virales respiratoires a été rapporté chez des patients exposés à la pression psychologique. Mais cette fois-ci, l’enjeu était de débusquer une éventuelle causalité entre stress et infections potentiellement mortelles. Des données recueillies, il ressort en effet que les personnes affectées par un SRD ont un risque nettement accru de contracter plus tard une infection sévère. L’augmentation du risque est énorme puisqu’elle est de 47% pour l’ensemble des troubles liés au stress, et de 92% pour le stress post-traumatique, un trouble anxieux aigu qui se manifeste suite à une expérience particulièrement douloureuse (viol, agression, atten tat, bombardement, etc.). Après ajustement des résultats en fonction du sexe, des antécédents familiaux, des conditions socio-économiques ou de l’état de santé global au début de l’étude, l’équipe suédoise a constaté que le sur-risque infectieux était toujours présent dans les mêmes proportions, autrement dit que la corrélation entre stress et infection reflétait sans doute un lien de cause à effet. Parue dans le British Medical Journal (*), l’étude révèle aussi que la probabilité de développer une maladie infectieuse est d’autant plus grande que le diagnostic de SRD a été posé à un jeune âge, dans la petite enfance, et que le patient présente des comorbidités psychiatriques, en particulier la toxicomanie. En revanche, le risque à long terme semble atténué par la consommation prolongée de certains médicaments antidépresseurs, ce qui renforcerait l’explication psychogénique. Le risque sévère le plus élevé est celui de méningite, puis celui d’endocardite (infection du cœur) et celui de septicémie (infection généralisée), soit trois complications dont l’issue est souvent fatale. Les auteurs insistent sur le fait que la prévalence des troubles du stress post-traumatique avoisine les 5 % en Suède et que les autres types de SRD sont au moins 10 fois plus fréquents. En d’autres termes, plus de la moitié de la population de ce pays prospère se trimballe un stress émotionnel prédisposant aux pires infections ! Chose étonnante, cette découverte majeure n’a pas fait grand bruit. Comme le mécanisme neuro-endocrino-immunologique n’est pas encore élucidé, les chercheurs eux-mêmes font preuve de modestie et en appellent à d’autres études. Mais pourquoi attendre avant de transformer la vision classique des pathologies infectieuses ? Pourquoi, par exemple, ne pas encourager les infectiologues à s’adjoindre les services de psy chologues ? Qu’est-ce qui empêche, dès maintenant, de pointer l’accompagnement psychothérapeutique comme un outil précieux de pré vention des risques infectieux ? Et quand se penchera-t-on sur le contexte psychosocial (misère, guerre, atrocités…) qui voit naître les épidé mies ? Tout se passe comme si la médecine ne voulait pas voir ce qu’elle a sous les yeux, à savoir la démonstration incontestable du lien entre traumatismes psychiques et maladies somatiques. Car si les infections les plus graves sont à ce point favorisées par un trauma émotionnel, il va de soi que toute affection – quelle qu’elle soit, microbienne ou non – est susceptible de trouver son origine dans une blessure de l’âme. Le pro blème de la science médicale, c’est qu’elle ne trouve généralement que ce qu’elle cherche. Au lieu de vérifier si les SRD formellement diagnostiqués allaient de pair avec un risque infectieux accru, les Suédois auraient pu faire l’inverse et enquêter sur les antécédents stressants des patients gravement infectés, ce qui est plus difficile mais aurait donné des résultats bien plus spectaculaires et aurait abouti à une vraie prise de conscience. Yves Rasir (*) Song H et coll. : Stress related disorders and subsequent risk of life threatening infections: population based sibling controlled cohort study. BMJ 2019 ; 367 : l5784.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *